Bientôt les annonces en catalan dans les transports publics nord catalans ?

Depuis peu, à la gare de Strassbourg (Strossbouri) les annonces sont bilingues. Cela semble émouvoir une certaine caste -généralement parisienne- qui a un accès assez aisé à la presse et dont on peut lire les commentaires au mieux inutiles, au pire totalement ineptes.
Ainsi, O. Razemon publie sur son blog du journal Le Monde un pamphlet à l’encontre de cette incongruité. Il rappelle, pour s’assurer une certaine crédibilité, que le Breton dans les transports Rennois n’ont pas de légitimité (vu que cette langue n’y est pas parlée) et donc que l’Alsacien (bientôt étendu à d’autres gares importantes comme Mulhouse ou Colmar) ne servirait à rien.
Que le corse soit utilisé de manière égale au français dans certains transports sans aucune gêne ne semble pas du tout remettre en question son argumentaire. Que le chinois soit utilisé dans le métro parisien n’est même pas évoqué.
Le pire exemple pour les jacobins est bien le catalan. Cette langue, nationale selon les catalans, régionale pour la France mais bientôt internationale (considérant que l’Andorre est insignifiante mais que bientôt la Catalogne Sud sera indépendante) poserait problème à tous leurs arguments contre son utilisation à Perpignan et particulièrement : «il est inutile d’utiliser le catalan à Perpignan car plus personne ne le parle». Non seulement il reste un nombre significatif de locuteurs en Catalogne Nord, mais en plus nous pouvons ajouter que d’une part son utilisation par les services publiques favoriserait son utilisation par les usagers mais aussi que les premiers touristes à Perpignan sont des sud-catalans, dont la première langue d’usage est… le catalan.
Alors oui, il faut que Perpinyà se mettre à un bilinguisme automatique sur son réseau de transports en commun. Les bus dépendent de l’agglo, les gares de la SNCF. Chacun dans son domaine de compétence a les outils et les exemples concrets pour le réaliser.
Endavant !

Conflit d’intérêt moral et déontologie douteuse au FN

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Le site Médiapart a révélé cette semaine que le couple frontiste avait fait l’objet de questionnements de la part des services du parlement européen pour soupçons de conflits d’intérêt dans le cadre de l’emploi de Louis Aliot en tant qu’attaché parlementaire. En effet, le règlement stipule que le parlement «ne peut pas financer les contrats permettant l’emploi ou l’utilisation des services des conjoints des députés ou de leurs partenaires stables non matrimoniaux». Or, le couple n’a apparemment pas nié la relation mais l’a qualifiée d’informelle et donc non soumise à la règle pour laquelle il faut évidemment avoir certaines preuves à avancer pour parler de conflits d’intérêt, ce qui ferait défaut dans cette affaire (hormis une participation commune à une SCI pour une maison commune…). Donc en résumé, le couple dit qu’il est un couple mais sans statut légal. Ok, pas de souci. Sauf que le règlement stipule «partenaires stables non matrimoniaux». Reste que la définition de ces termes a plaidé en la faveur du couple puisqu’après explications, ils n’ont pas été inquiété. Mais si au niveau juridique il n’y a aucun souci, on peut s’inquiéter de la morale. N’est-ce pas moralement répréhensible de rémunérer son propre conjoint 5 000€ pour un mi-temps (apparemment somme exceptionnelle au parlement européen !) alors que le parlement demande justement de ne pas rémunérer ses conjoints ?

D’autre part, Médiapart n’a pas soulevé un autre problème moral. Peut-être parce qu’il n’y a pas de problème juridique non plus. Les règles de financement des partis européens font qu’en s’inscrivant à plusieurs partis, on a plusieurs financements, et ce malgré l’appartenance à un seul parti national. Je vous explique : Marine Le Pen, tout comme Jean-Marie Le Pen, est élue au parlement européen. Non pas que ça l’intéresse particulièrement, elle est totalement contre ! Mais c’est que c’est la seule élection avec une proportionnelle leur permettant d’être élus (et je passe sur les émoluments). Et les voilà donc, les numéros 1 et 2 du FN, qui ont voulu s’inscrire dans des groupes européens différents pour augmenter le financement de leur parti ! Juridiquement ? Pas de problème, rien ne l’interdit ! Moralement, on peut quand même se poser des questions. Heureusement, cela a été soulevé et résolu. Non pas contre eux deux spécifiquement (encore que…) mais d’une manière générale, par déontologie de l’exercice de «la chose publique», cela n’est plus possible.

Enfin, j’aimerais beaucoup que Monsieur Aliot nous indique qui paie ses déplacements à Paris, notamment pour les interviews. Je rappelle que nous sommes en période préélectorale et que tout frais n’entrant pas dans le cadre des fonctions habituelles du candidat doit être intégré aux frais de campagne. La subtilité est de savoir ce qui est habituel et ce qui fait partie de la campagne. On a eu l’exemple de Nicolas Sarkozy récemment qui, malgré l’expérience, est «passé à coté» pour les mêmes raisons. Alors ces déplacements ? Campagne ou travail habituel ? Et la banderole déployée juste l’été avant les élections pour souhaiter de bonnes vacances aux touristes qui passent à Perpignan, campagne ou habituel ? Je pense qu’au moins pour ce dernier, le doute n’existe même pas. Reste à voir ce que pensera la commission des comptes de campagne…

Ajoutons à cela la candidature permanente de Louis Aliot à toutes les élections (déjà déclaré pour les municipales et les européennes de 2014), et on a un système bien ficelé entre les Le Pen, père, fille, conjoint, nièce, … Loin, très loin, de toute déontologie que nécessite leurs fonctions.

Au final, les premiers critiques «du système» en profitent à fond ! S’il est clair qu’il faut un renouvellement politique, il est encore plus évident que ce ne doit pas passer par eux !

Comment faire monter le FN… par les groupes de «réflexion»

Depuis quelques mois, une multitude de «groupes de réflexion» se créent. Partant d’un constat simple : il faut exister pour les prochaines municipales. Car il faut arrêter avec la vertu à laquelle personne ne croit «je crée ce groupe pour améliorer le quotidien des perpignanais». La réalité c’est que chacun veut se placer. Je ne distinguerai que 2 exceptions : une association qui a pour but de regrouper réellement les forces et les idées puisque le responsable n’est autre que celui qui va constituer la prochaine liste, donc point de rapport de force. Et un autre groupe, qui intègre différentes composantes politiques, de gauche comme de droite, donc forcément plus dans la proposition que dans le jeu politicien.

Sorti de ceux-là… nous voilà bien partis dans des guéguerres d’influences. Principal objectif : constituer des réseaux. On contacte des groupes comme par exemple les commerçants. Car oui, le mouvement de protestation des commerçants s’est amplifié et a dégénéré à cause justement de ceux qui prétendent leur apporter des solutions. Que s’est-il passé ? C’est très simple.

Un des problèmes facilement identifiable à Perpignan est la baisse de fréquentation de certains commerces. Notez bien que je dis «certains». Car certains autres vont très bien! Une fois donc ce secteur identifié, on envoie des «spécialistes» : anciens commerçants, élus ou anciens élus, représentants syndicaux avec lesquels on a de bonnes relations, etc. Ces spécialistes, constitués en «commission», démarchent alors un secteur en crise et, pour simplifier, dit : «ça ne va pas chez vous, hein ? Que voudriez-vous que la municipalité fasse ? Si les élus vous écoutaient, vous voudriez quoi ?».

Et alors là, catastrophe totalement prévisible. Ca ne va pas… bin non ça ne va pas ! Le secteur marchand est bien identifié comme un secteur en crise donc forcément…! Demander que la municipalité fasse quelque chose est la première phase du jeu du FN. On identifie un tiers comme responsable. Enfin, on conclue sur un bon ton en disant que nous on écoute les commerçants et que grâce à nous les élus vont les écouter. On se donne de l’importance dans les deux sens. Sauf que le commerçant se dit qu’en fait la municipalité n’écoute pas et du coup votera plus extrême.

Bien sûr, ce raisonnement peut paraître simpliste et beaucoup n’y croiront sûrement pas. Mais prenons l’exemple des commerçants et les solutions apportées. Je ne m’étalerai pas sur Clémenceau à double sens qui semble être vu comme le Graal par les commerçants et qui -j’en suis sûr- ne leur changera rien du tout. JM Pujol, désireux d’accéder à leur requête, l’a mis en phase de test. Nous verrons bien. En revanche, l’heure de parking gratuit qui est une bonne idée (cofinancée par Mairie-Commerçant-CCI) n’a pas à être une initiative de la mairie. Et pourtant, les groupes de réflexions le laissent entendre. Partout ailleurs c’est la CCI l’instigateur mais ici il faudrait que ce soit la mairie. Cela cristallise donc un sentiment d’inaction du maire quand c’est en réalité la CCI et les commerçants eux-mêmes qui devraient agir.

Transposons : les cités. Une des raisons du vote FN dans les zones rurales n’est certainement pas l’insécurité et la hausse de l’immigration ! Mais à force de dire (à la télé notamment) «Problèmes dans les cités / Cités = immigration / L’Etat est impuissant» la conclusion est simple : vote extrême.

Alors merci aux groupes de réflexion de réfléchir aux conséquences de leurs actes et aux constitutions de commissions. Car ce n’est pas en pointant du doigt ce qui ne va pas et en amplifiant les maux qu’on les soigne. Et quand chacun aura sa belle place en haut de la liste, il sera bien trop tard pour pleurer depuis les bancs de l’opposition face à un FN qui, au-delà de n’apporter aucune solution, sera particulièrement néfaste pour justement tous ces secteurs tant travaillés avant les élections.

Oui le commerce perpignanais va mal, oui les cités sont un vrai problème, mais des solutions existent sans potentialiser la haine.

Esteve Valls, de la délégation de l’Agglo à Girona à la direction de la Casa de la Generalitat a Perpinyà

Lors de son recrutement par l’Agglo, Esteve Valls était à la direction du site internet bilingue d’informations La Clau. Ce site était d’ailleurs à ce moment plutôt bien suivi.

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Casa de la Generalitat, Perpinyà

Esteve Valls a des compétences reconnues dont notamment un niveau en langue catalane incontestable (mais ce n’est évidemment pas tout). Lorsque Jean-Paul Alduy lui propose la direction de la délégation de PMCA à Girona, La Clau est connue pour être assez «Alduy critique» et particulièrement pro-CDC (normal, les deux responsables sont membres de ce parti). La condition de son recrutement est alors la fermeture du site. Logique, conflit d’intérêt oblige.

Étonnamment, quelques mois plus tard, le site La Clau redevient actif. Encore plus «étonnant», bien que les critiques envers Alduy étaient déjà de moins en moins incisives, elles sont alors devenues inexistantes. Mais voilà cet outil de communication essentiellement au service de… OpenCat, le «think tank» qu’Esteve Valls a créé avec son compère de toujours -Vincent Dumas- et dont les conférences-débats sont réalisés… au sein de l’Hôtel d’Agglo ! La boucle est bouclée… sauf un détail. La glorification qui était faite de CDC n’est plus. Alors ce n’est pas pour autant qu’ils se mettent à passer les communiqués d’Unitat Catalana, pourtant seul parti politique avec siège en Catalogne Nord (depuis 26 ans!) et qui plus est, dont le président est également le délégué de l’agglo au transfrontalier. Oui, Jaume Roure, président d’UC est (était) l’élu de référence d’Esteve Valls. Au moins, on ne peut pas accuser UC de prise illégale d’intérêt ! Tous les médias passent donc les communiqués d’UC, sauf le site le plus spécialisé dans le transfrontalier. Y avait-il anguille sous roche…?

Alors voilà que celui qui s’est renforcé ses relations institutionnelles avec la Catalogne Sud grâce à la direction de la délégation de PMCA à Girona -notons également qu’en Catalogne Sud c’est CDC qui est au pouvoir de ces institutions- se retrouve nommé à la direction de la Generalitat à Perpinyà, institution dont il est dit par beaucoup qu’elle serait utilisée par J. Vera pour placer des membres de son parti politique, CDC.

Il est tout à fait dans son droit d’avoir des préférences de carrière et de saisir les opportunités qui s’offrent à lui. En revanche, on imagine aisément ce que doit ressentir JP Alduy qui pensait pouvoir compter sur sa recrue pendant un certain temps. Mais après tout, cela était plutôt prévisible à la lecture seule de La Clau. Il y a maintenant fort à parier que plus une seule des réunions d’OpenCat ne se déroulera à l’Hotel d’Agglo…

Pour finir, revenons sur son futur : La Casa de la Generalitat de Perpinyà est vouée à être gérée depuis Paris, donc sous «tutelle» de Maryse Olivé. Le duo Bourquin-Vera a assassiné l’Eurodistrict alors que ce devait être un outil extraordinaire, comme dans toutes les zones transfrontalières d’Europe (pour ça, encore faut-il en avoir l’envie et les compétences); la Casa n’octroie plus de subvention puisque seules les écoles catalanes peuvent y prétendre (il est déjà loin le temps où c’était la manne de toutes les associations nord catalanes); peu d’événements sont organisés, etc… 

Esteve Valls aura donc essentiellement comme lourde tache (uniquement morale) de redresser l’image de cette institution hautement symbolique et surtout en finir avec cette accusation de cooptation de membres de CDC (bien que lui-même en soit issu). Je pense que les nord-catalans en ont plus qu’assez du clientélisme. Peut-être que el Senyor Valls saura mener la transition institutionnelle nécessaire à tout Etat émergeant puisque c’est bien la représentation sur le sol français (sic) d’un futur Etat indépendant.

Esteve Valls a été contacté avant la publication de cet article. Il a pu s’exprimer sur certains points et a eu la possibilité d’éventuellement rédiger le premier commentaire. 

ERC première force de Catalogne, énorme chute de CDC (CiU) et du PP

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la coalition CiU dans laquelle CDC est majoritaire, perdrait quasiment la moitié des sièges au parlement catalan s’il y avait des élections.

Selon un sondage de El Periòdico, ERC, parti historiquement indépendantiste, doublerait le nombre de députés élus et deviendrait majoritaire alors que CDC, historiquement autonomiste et récemment converti à l’indépendantisme sous la pression du peuple (deux manifestations à plus d’un million de personnes à Barcelona en deux ans), perdrait quasiment la moitié de ses élus. J’avais d’ailleurs déjà publié une projection des intentions de votes en février ici. Un vrai choc pour ce parti hégémonique depuis la démocratie et l’autonomie de 82. A souligner également, la chute du PP (parti associé à l’UMP) qui paie d’une part son anticatalanisme dans un contexte libertaire fort et d’autre part ses mesures depuis le gouvernement central de Madrid qu’il dirige.

ERC est donc reconnu comme le parti légitime oeuvrant à la libération de la Catalogne, volonté majoritaire de nos «frères du Sud».

Source : Vilaweb http://m.vilaweb.cat/noticia/4122707/20130606/erc-guanyaria-eleccions-sondatge-periodico.html

Ikea Perpinyà-Ribesaltes ?

Lors du conseil d’agglo du lundi 22 avril, Jean-Paul Alduy a appuyé le projet d’extension du Mas de la Guarrigue Nord, secteur d’activité de la zone commerciale de Ribesaltes. La présentation d’André Bascou, soutenu par son adjoint délégué aux zones économiques et à l’urbanisme Jean-Pierre Cot, a mis en avant le principe non concurrentiel avec les commerces de centre-ville. Quelques élus ont bien tenté de s’opposer à cette extension, prétextant un risque trop élevé de fermetures de commerces en centre-ville.
Ces arguments, opposés de manière plutôt incohérente, ont fait réagir d’une part D. Mach en ces termes : «on ne peut vraiment empêcher les commerces en centre-ville de fermer. Mais pour autant doit-on empêcher les créateurs d’emplois et de richesses de s’installer?».

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Mais c’est surtout la conclusion de JP Alduy qui a fait réagir le public : «lorsqu’une grande surface alimentaire s’installe en périphérie, c’est concurrentiel et ça nuit sérieusement aux petits commerces. Mais quand on parle par exemple de l’installation d’une grande surface spécialisée dans le meuble, qui de toutes façons risque de s’installer dans un secteur proche tel La Jonquera ou Girona, on ne peut pas parler de concurrence avec le centre-ville puisqu’il n’y a plus de magasin d’ameublement en centre-ville. Je vous demande donc d’appuyer la demande de dérogation du SCOT afin de permettre l’installation de surfaces commerciales de ce type et je demande au président du SCOT (Monsieur Billès) de permettre plus de souplesse à l’avenir pour prévenir l’installation de surfaces concurrentielles.»
Plusieurs personnes dans le public ont alors compris qu’il s’agit bien d’Ikea dont parlent le Président Alduy et Messieurs Bascou et Cot de Ribesaltes. Les mentalités ont encore du mal à évoluer. S’il est évident qu’il faut interdire les petites surfaces commerciales dans ces zones, il est tout aussi évident qu’il faut favoriser les grandes surfaces non concurrentielles avec les centre-villes, au risque de se retrouver avec ces grands commerces simplement à quelques kilomètres d’ici, où il n’y aura pas eu cette réticence.
Si la dérogation du SCOT passe rapidement, ainsi que la révision simplifiée du PLU de Ribesaltes (évoquée dans les débats) alors nous aurons probablement bientôt Ikea Perpinyà-Ribesaltes.

Affaires et moralisation de la politique

A trop vouloir faire les vertueux et donneurs de leçons, nombreux sont ceux qui oublient la poutre qu’ils ont dans l’œil.

Ainsi, pour résumer la semaine passée, l’ex Président Sarkozy a été mis en examen pour une des nombreuses affaires dans lesquelles il est cité. Indignation de tous les géants UMP (et leurs lèche-bottes au passage) afin de récupérer un peu de protagonisme et de profiter de cette espèce de nostalgie du président passé. Je rappelle au passage que certaines même de ces personnalités UMP indignées, ne voulaient pas commenter l’affaire Aurore Martin, extradée contre tout sens éthique républicain, au motif de « ne pas commenter de procédure judiciare ». Tiens tiens… Ils oublient également que l’ancien chef de l’Etat est aussi mis en cause dans d’autres affaires.

La semaine continue avec Cahuzac. Les gouroux socialistes qui se  réjouissaient tant des affres de l’UMP se retrouvent eux aussi dans la tourmente. Qui revoilà ? Une certaine Marine, qui nous ressort son « tous pourris, sauf le FN ». Oui mais… surgit alors que c’est un militant notable (notoire?) du FN qui avait permis à Cahuzac l’évasion fiscale. Car on parle bien de fraude, pas juste d’optimisation fiscale. Fraude dont P. Péninque, ami de Marine Le Pen mais aussi de Cahuzac (sic), serait spécialiste.

Aujourd’hui la presse locale nous apprend qu’un responsable FN est également condamné (et n’a pas fait appel) pour abus de biens sociaux. L’avocat n’est autre que Louis Aliot, candidat à la mairie de Perpignan.
Je suis signataire depuis ma candidature aux législatives de la Charte Anticor. Au-delà des problèmes actuels de la République, que la justice met à jour, il est indispensable de faire avancer la démocratie. Le retour de la confiance politique est absolument nécessaire et doit se faire par un ensemble de mesures prises au plus vite. Le Président Hollande fait encore une lourde erreur en reculant sur un des points clés de son mandat.

– « Non cumul des mandats strict, non cumul dans le temps, loi sur les conflits d’intérêt, inéligibilité définitive pour les élus condamnés, réforme territoriale ambitieuse, diminution du nombre de parlementaire, dose de proportionnelle aux élections législatives, fiscalisation des indemnités des élus, réforme du système de retraite des députés et sénateurs, transparence des dépenses et des patrimoines des élus… » Ceci est un extrait de la lettre de démission du PS de Frédéric Gonano qui compile l’essentiel de cette réforme urgente. Tout comme le PS, le PC, l’UMP et le FN ne sont pas en reste quant aux condamnations. Mais avec l’application de ces mesures, c’est toute la politique qui serait nettoyée et cela ne pourrait que faire du bien à la politique française en général et à la politique locale en particulier

Oriol Junqueras primer president de la Catalunya independent ?

En 3 anys, els vots i intencions de vots canvien molt. Aquest estudi té en compte les últimes dades de la Generalitat quant a les eleccions i les intencions de vots segons l’últim sondeig del CEO, publicat dijous. La voluntat independentista, tenint en compte el fet que els vots en blanc no compten, es tradueix amb uns 67-70% de vots a favor de la independència i doncs uns 30-33% en contra.

Com es veu aquí, l’any 2010 CiU tenia 62 diputats. Des de l’any 2012 en té 50 elegits, per arribar avui a només 41 en intencions de vots. Una caiguda espectacular, deguda tant a la falta de coherència respecte a l’independentisme desitjat pel poble com a la renovació d’ERC amb l’Oriol Junqueras que sap encapçalar el moviment històric de l’independentisme.

vots parlament

Es veu aquí a sota que el canvi de majoria només és una qüestió de temps vist que la població es situa més aviat a l’esquerra que no pas a dreta. Llavors significa que molts d’esquerra han votat per CiU durant anys segurament en motiu d’una valoració bastant negativa de l’acció independentista d’ERC (sobretot mentre governava amb el tripartit) i una valoració evidentment positiva del nacionalisme de CiU, tot i que l’independentisme hi sigui molt relatiu.

posicionament esq-dreta

valoracio liders

Per acabar, aquí veiem la valoració positiva que es fa del líder d’ERC.

Molt lògicament, tenint en compte la sensibilitat «esquerra» de l’electorat, la voluntat independentista molt majoritària i aquesta valoració positiva del líder d’ERC, no es necessita ser vident per deduir-ne qui serà el primer president de la Catalunya Independent… A més, no oblidem d’una banda els problemes de CiU amb la justícia i d’altra banda el fet que sigui gràcies al pacte amb ERC que Catalunya celebrarà el referèndum d’autodeterminació el 2014.

Barcelona, la sublime… en pleine expansion

Certains se posent la question de la pertinence de se tourner économiquement parlant vers Barcelona. On peut comprendre la réticence de ceux qui sont restés bloqués au milieu du 20e siècle, époque durant laquelle Franco sévissait sur le territoire espagnol et lors de laquelle le rapprochement de Barcelona n’était qu’une «lubie» des catalanistes par idéologie unioniste. La mode française était alors à la création d’une région artificielle. Un temps associés à Toulouse, finalement les départements de l’Aude et des P-O atterrissent avec Montpellier, mauvais choix s’il en est par la compétition prévisible entre toutes les villes du littoral.

Mais voilà, nous sommes au 21e, Barcelona a retrouvé son essor (bien que toujours bridée par Madrid) et revient aux premiers rangs mondiaux des villes pour les investissements internationaux. De chez nous, la frontière routière n’existe plus; le changement de train dans quelques mois ne sera plus nécessaire et nous y serons reliés par grande vitesse; nous avons la même monnaie et faisons parti du même marché… A une distance à peu près identique des deux villes, Perpignan se trouve mieux desservie pour Barcelona, ville-monde, que pour Montpellier, ville «seulement» régionale. Alors comme la belle parole des catalanistes ne vaut pas une démonstration, voici les extraits d’une étude commandée par Paris pour comparer la capitale française aux places fortes mondiales. Y apparaît évidemment Barcelona…

Source : Greater Paris Investment Agency

Tout d’abord le contexte : lors de l’étude, sont prises en compte sur les schémas suivants les 11 villes européennes au plus fort poids économique, plus particulièrement en terme d’attractivité des investissements internationaux. Il va sans dire que sur les 11 villes européennes, Montpellier n’est même pas envisagée une seconde. Peut-être les services de la puissante région montpellieraine essaieront de trouver des données similaires… je leur souhaite bon courage s’ils croient pouvoir rivaliser. Allez, c’est parti :

Sur cette première diapo, on voit à quel point le jacobinisme français fonctionne bien, et à contrario, à quel point la décentralisation espagnole a permis à Barcelona de se développer. Pour rappel historique, la décentralisation a été faite pour éviter l’indépendantisme. Autonomie contre indépendance, ça ne vous rappelle pas une certaine région française ? Regardez vers l’Italie, une certaine île…

représentativité metropoles par Etat

Barcelona représente donc à elle seule 22% des projets de l’Espagne.

Voyons maintenant les investissements internationaux réels 2008/2009

Investissements internatLondres conserve une avance réelle sur toute l’étude. Les Etats en développement sont également clairement identifiés comme centre d’intérêts pour les investissements. Enfin, il est à noter que Paris se détache, grâce à certains secteurs connus puis vient Barcelona, devant Madrid, Tokyo et New York. Nous avons, à 150km, une ville plus attractive pour les investissements internationaux que New York ou Tokyo !

Mais ce n’est pas tout de capter, encore faut-il progresser, surtout dans ce contexte de crise. Comme l’on peut s’en douter, le centralisme français (à tout concentrer en une seule ville) sature Paris. Les gestionnaires parisiens peuvent donc se réjouir de constater que l’évolution est quasi neutre (-0,5%). Tout le reste de l’Europe est en évolution négative, parfois même néfaste tant la baisse est importante. Toute l’Europe ? non, une ville tire largement son épingle du jeu avec une évolution de 6%, seule évolution positive d’Europe. Sur les 22 principaux pôles d’investissement mondiaux, Barcelona affiche donc la 4ème progression :

evolution invest

Regardons maintenant un secteur clé à fortes retombées économiques : les quartiers généraux. Si Londres est connu pour en concentrer une partie très importante, Paris est évidemment très bien placée également avec la Défense. Regardons où se situe la capitale catalane :

QG

Il n’est donc plus à prouver que Barcelona occupe une place mondiale qui va bien au-delà des autres villes qui nous entourent. Pour finir, regardons comment capter un peu du rayonnement de cette ville-monde.

Les investisseurs internationaux ont été interrogés. Voici deux statistiques qui nous disent clairement comment faire pour les attirer :

Critères d'investissement

On voit bien que les critères d’investissement sont d’abord le contexte politique (pour ça, pas de souci chez nous) et vient juste après la qualité des infrastructures. Alors là… autant nous faisons un grand pas en avant avec le TGV Perpinyà-Barcelona, autant nous sommes encore bien en retard sur le reste. Pas de liaison à grande vitesse nous reliant au reste de l’Europe par le nord (pas de LGV entre Perpinyà et Nîmes), un aéroport qui a du mal à retrouver ses 500 000 passagers d’il y a peu (normal, les investissements étant régionaux, ils partent essentiellement sur Montpellier), le THD (très haut débit internet) est hors de prix et peu répandu, l’hôtellerie haut de gamme fait défaut, le Port-Vendres est quasiment abandonné, … Bref, sur un critère essentiel aux investissements internationaux, nous sommes totalement «largués». N’oublions pas que Girona, elle, a au moins nos atouts, si ce n’est plus.

Passons enfin à la dernière donnée. La propension d’une ville à se développer :

facteur progressionSans surprise les investisseurs sont en priorité attirés par le potentiel de croissance d’une région. Mais regardons de plus près les autres facteurs. On voit en 3e position «localisation stratégique». Nous revenons donc aux infrastructures. Car ce n’est pas tout d’être dans une région à fort développement, les infrastructures permettent en effet de développer la diffusion de la production. C’est forcément essentiel. On note ensuite que les événements sportifs/culturels jouent un rôle important. Je rappelle que la question était ouverte et que par conséquent si 7% des sondés donnent cette réponse, c’est que ça a son poids. G. Frêche l’avait bien compris en mettant le paquet (certes avec l’argent des catalans) sur les infrastructures de loisirs et sportifs ainsi que sur la création artistique et le sport (Rugby, foot, hand, natation, tennis, …).

Et pour finir regardons ce que nous, nous mettons en avant : le cadre de vie (seulement 1% des réponses). Nous pourrions mettre le paquet sur tout le reste mais non, nous mettons en avant le soleil, la mer, la montagne, c’est à dire ce qui est le moins intéressant pour les investisseurs et ce sur quoi nous sommes tout de même en concurrence avec d’autres régions. Logique, car bien que nous -les catalans- ayons conscience de vivre au paradis environnemental, cela n’est pas forcément le paradis économique. Voilà donc pourquoi nous battons un record de pauvreté. Pauvreté dans un cadre magnifique, certes, mais pauvreté.

Ce post est assez long mais je pense riche en enseignements. Nous devons tout faire pour arrêter de dépendre de Montpellier. La région finance à 100% les 37 millions d’euros de la nouvelle fac de médecine; 5M€ pour la maison des sports; et encore des millions pour le tram, les infrastructures de sport, le zénith, etc. Dans le même temps, Perpinyà, pour un théâtre s’endette sur de nombreuses années; le projet de stade/zenith est abandonné faute de financements; l’université est quasiment abandonnée (l’objectif clairement affiché est de l’intégrer à l’université de Montpellier… évidemment!); l’aéroport n’a qu’un investissement régional minime; Port Vendres est mis en concurrence -perdue d’avance- avec Port la Nouvelle et Sète, où les investissements régionaux sont sans commune mesure. La ligne grande vitesse est financée par la région pour le contournement Nîmes-Montpellier… Et nous ? La liste pourrait être encore longue. Il ne faut d’ailleurs pas penser qu’en termes publics. Le privés suit évidemment l’organisation publique. Les ASF délocalisent et ferment à Perpinyà pour Narbonne; le centre de tri postal ferme pour aller également vers le nord; les centres type Crédit Agricole ou Groupama, etc.

Enfin, un dernier «détail» : Pour être capable de capter une partie, aussi faible soit-elle, des investisseurs du bassin barcelonais, il nous faut être totalement connecté à la capitale catalane. Cela inclus évidemment une donnée de base : parler la même langue. Quand pour mettre en réseau des postes il est nécessaire d’ajouter des traductions, il est évident que ce «détail» devient un bâton dans une roue. Alors que s’adapter en généralisant la connaissance de la langue économiquement la plus forte à nos portes, ce n’est plus du catalanisme mais du pragmatisme.

 

Bientôt le Canigou délocalisé à Montpellier…

Comme vous pouvez le lire dans l’article de L’Indépendant ci-contre, le centre de tri postal de Perpignan va être délocalisé à Montpellier. Centre de triEncore une fois est-il nécessaire de rappeler que ce n’est pas un événement unique mais bel et bien une fuite permanente de tous les centres de décisions et d’emploi vers la capitale régionale? Pire, les délocalisations se font même au profit de Narbonne (ASF ou Vignerons Catalans par exemple). Aujourd’hui avec le centre de tri, outre le délai probablement plus important d’acheminement de courrier (notre département est déjà considéré comme mal desservi), nous perdons surtout une plate-forme de 60 emplois. Quand on l’ajoute à tout ce que nous perdons institutionnellement  comme dans le secteur privé, ça fait maintenant une grande quantité d’emplois perdus. Bourquin lui-même disait dans une interview prendre à toute la région pour mettre le paquet sur Montpellier. 30 ans que ça dure ! Perpignan était l’égale de Montpellier, c’est maintenant une zone sinistrée !

Comme nous sommes habitués à ces délocalisations, encouragées d’une part par des subventions régionales importantes et d’autre part par l’effet capitale (régionale), je me demande maintenant… à quand la délocalisation du Canigou sur Montpellier ? On en rit (jaune) mais s’ils pouvaient, ils le feraient sans hésiter !