Conflit d’intérêt moral et déontologie douteuse au FN

MLEPEN3

Le site Médiapart a révélé cette semaine que le couple frontiste avait fait l’objet de questionnements de la part des services du parlement européen pour soupçons de conflits d’intérêt dans le cadre de l’emploi de Louis Aliot en tant qu’attaché parlementaire. En effet, le règlement stipule que le parlement «ne peut pas financer les contrats permettant l’emploi ou l’utilisation des services des conjoints des députés ou de leurs partenaires stables non matrimoniaux». Or, le couple n’a apparemment pas nié la relation mais l’a qualifiée d’informelle et donc non soumise à la règle pour laquelle il faut évidemment avoir certaines preuves à avancer pour parler de conflits d’intérêt, ce qui ferait défaut dans cette affaire (hormis une participation commune à une SCI pour une maison commune…). Donc en résumé, le couple dit qu’il est un couple mais sans statut légal. Ok, pas de souci. Sauf que le règlement stipule “partenaires stables non matrimoniaux”. Reste que la définition de ces termes a plaidé en la faveur du couple puisqu’après explications, ils n’ont pas été inquiété. Mais si au niveau juridique il n’y a aucun souci, on peut s’inquiéter de la morale. N’est-ce pas moralement répréhensible de rémunérer son propre conjoint 5 000€ pour un mi-temps (apparemment somme exceptionnelle au parlement européen !) alors que le parlement demande justement de ne pas rémunérer ses conjoints ?

D’autre part, Médiapart n’a pas soulevé un autre problème moral. Peut-être parce qu’il n’y a pas de problème juridique non plus. Les règles de financement des partis européens font qu’en s’inscrivant à plusieurs partis, on a plusieurs financements, et ce malgré l’appartenance à un seul parti national. Je vous explique : Marine Le Pen, tout comme Jean-Marie Le Pen, est élue au parlement européen. Non pas que ça l’intéresse particulièrement, elle est totalement contre ! Mais c’est que c’est la seule élection avec une proportionnelle leur permettant d’être élus (et je passe sur les émoluments). Et les voilà donc, les numéros 1 et 2 du FN, qui ont voulu s’inscrire dans des groupes européens différents pour augmenter le financement de leur parti ! Juridiquement ? Pas de problème, rien ne l’interdit ! Moralement, on peut quand même se poser des questions. Heureusement, cela a été soulevé et résolu. Non pas contre eux deux spécifiquement (encore que…) mais d’une manière générale, par déontologie de l’exercice de “la chose publique”, cela n’est plus possible.

Enfin, j’aimerais beaucoup que Monsieur Aliot nous indique qui paie ses déplacements à Paris, notamment pour les interviews. Je rappelle que nous sommes en période préélectorale et que tout frais n’entrant pas dans le cadre des fonctions habituelles du candidat doit être intégré aux frais de campagne. La subtilité est de savoir ce qui est habituel et ce qui fait partie de la campagne. On a eu l’exemple de Nicolas Sarkozy récemment qui, malgré l’expérience, est “passé à coté” pour les mêmes raisons. Alors ces déplacements ? Campagne ou travail habituel ? Et la banderole déployée juste l’été avant les élections pour souhaiter de bonnes vacances aux touristes qui passent à Perpignan, campagne ou habituel ? Je pense qu’au moins pour ce dernier, le doute n’existe même pas. Reste à voir ce que pensera la commission des comptes de campagne…

Ajoutons à cela la candidature permanente de Louis Aliot à toutes les élections (déjà déclaré pour les municipales et les européennes de 2014), et on a un système bien ficelé entre les Le Pen, père, fille, conjoint, nièce, … Loin, très loin, de toute déontologie que nécessite leurs fonctions.

Au final, les premiers critiques “du système” en profitent à fond ! S’il est clair qu’il faut un renouvellement politique, il est encore plus évident que ce ne doit pas passer par eux !



Deixa un comentari

L'adreça electrònica no es publicarà. Els camps necessaris estan marcats amb *