L’attentisme perpignanais face au volontarisme figuerenc

La municipalité de Perpignan semble s’émouvoir de la mise en place de bus pour amener des résidents locaux à Figueres. Cette démarche de la ville du musée Dalí est pourtant logique au regard du volontarisme de leur équipe municipale menée par Marta Felip, au contraire de l’attentisme perpignanais.

Interrogé en sa qualité de conseiller municipal délégué au tourisme, Pierre Barbé dit son mécontentement. Et pourtant…
D’une part, j’avais proposé en début de mandat que nous mettions en place des rotations entre Girona, Figueres et Perpignan. Le courroux de l’élu, alors président de l’office de tourisme, contre un tel projet de relations transfrontalières avait amené le maire à arbitrer (ils diront que ce n’est pas vrai mais heureusement j’ai les mails…). Avant même de pouvoir déposer un dossier chiffré ou même de travailler sur les intentions de chacun, Jean-Marc Pujol avait tranché : c’était hors de question. Aujourd’hui nous voyons le résultat. Les sud-catalans sont actifs dans leur politique de développement quand nous avons des élus qui se refusent à entreprendre toute politique de développement transfrontalier.
D’autre part, cette situation est révélatrice pour le grand public du fait que l’édile Perpignanais tourne de plus en plus de dos à la Catalogne Sud. Plus aucun projet, plus aucun contact, même avec la proche ville de Figueres ! Quand ces dernières années, la maire de Figueres ou celle de Girona pour ne parler que des plus proches, n’hésitaient pas à me contacter pour des projets, aujourd’hui que je ne suis plus en responsabilités il n’y a plus aucun contact entre la mairie de Perpignan et les communes sud-catalanes. Il n’y a d’ailleurs plus d’élu en charge de ce thème.
Les commerçants perpignanais peuvent se sentir floués par le maire, effectivement. Il a beau dire qu’il ne savait pas. Non seulement il a eu ma proposition qui aurait permis un échange de chalands, mais en plus et surtout, s’il ne sait plus grand chose de la Catalogne Sud que ce que lui enseigne la presse (nationale car pour lui la locale ne serait pas au niveau) c’est bien parce qu’il méprise tout ce qui est catalan.

«Parking gratuit» à Perpignan et revitalisation du centre ville : refus du maire JM Pujol

(pétition en fin d’article)

Ce lundi 25 juin, lors de la session du conseil communautaire, nous aurons une présentation des nouveautés à venir en terme de transports en commun. Pas de révolution mais quelques changements d’importance que le vice-président Mach a bien voulu me présenter en avant-première, au regard de mon implication particulière sur le sujet.

S’il est un changement qui n’y figure pas et qui aurait pourtant mérité une place de choix, c’est la création d’une navette gratuite entre le parking du parc des expo et le centre-ville. Ça fait partie des demandes à répétition que j’ai pu formuler depuis 2014 et notre élection municipale. Le maire et président de Perpignan Méditerranée s’y refuse*.

Au regard de la demande, le vice-président a fait étudier cette idée. Pour être efficace, il faudrait un bus toutes les 10min (soit maximum 9min d’attente) ce qui couterait entre 200.000€ (avec diminution de la fréquence en heures creuses) et 480.000€ pour maintenir une haute fréquence, gage de réussite. D’une part, je vous renvoie à ce post où j’explique que la ville de Perpignan a les moyens (et oui !) d’autant que cette année les finances se sont encore améliorées. D’autre part, on ne peut qu’imaginer les retombées importantes pour le centre ville avec une vraie revitalisation puisque nous n’aurions plus à nous soucier du parking, le palais des expo étant à 5min en transports (soit un temps inférieur à celui nécessaire pour traverser n’importe quelle grande surface commerciale).

Encore une grosse erreur du maire qui s’ajoute à son refus de mettre en place une tolérance de 5 à 10min avant verbalisation sur les parkings de surface, demande que j’ai faite avec insistance (lors des conseils municipaux et dans ce post) alors qu’il déléguait la gestion à un privé. Après ce gros cafouillage de délégation qui fait perdre des clients au centre-ville, la moindre des choses serait que l’argent qu’on en tire (1,5 million d’euros par an) soit partiellement utilisé au stationnement et déplacement doux.

Voici donc une consultation pour que le maire prenne enfin l’avenir du centre ville à bras le corps et engage cet investissement tout à fait supportable par les perpignanais sans hausse d’impôts. Pétition d’ores et déjà disponible sur internet (mesopinions.com) :

Perpignan : pour la création d’une navette gratuite du parc des expos au centre ville.

https://www.mesopinions.com/petition/politique/perpignan-creation-navette-gratuite-parc-expo/44864

Toute association et groupement sont bienvenus dans cette démarche.

L’association Alternatives, En Marche 66, #Agissons et Perpignan Equilibre soutiennent cette démarche.

*les transports en commun sont de la compétence de la communauté urbaine mais sous certaines conditions -notamment de service spécifique- peuvent être payées par les communes, comme à Canet ou à Pollestres. 

 

Brice LAFONTAINE

Elu municipal et communautaire à Perpignan 

 

Conflit des bus sur la Communauté Urbaine : les pouvoirs publics absents

Alors que la direction de Vectalia recevait pour la première fois les employés au bout de 10 jours de grève, je suis allé à la rencontre des manifestants pour comprendre leur mécontentement. Il ne s’agit pas de politiser un combat syndical entre une direction et ses employés. Néanmoins, ce n’est pas n’importe quelle entreprise. Il s’agit d’un service public de transports. La Communauté Urbaine est donc partie prenante.

Je ne me prononcerai pas sur la hausse de salaire demandée, bien qu’elle ait un lien indirect avec les contributions que nous versons tous. Ce serait facile de dire qu’il faut les augmenter sans avoir tous les chiffres en mains. Mais les revendications en terme de sécurité interpellent.

Car il en va de la sécurité des personnes transportées également. Par les temps qui courent, chacun pense à la menace des délinquants qui est réelle mais pas la plus inquiétante pour les chauffeurs. Il s’agit en fait de l’état du matériel. Pneus en état d’usure avancée, voyants d’alerte signalant une urgence, indications d’insuffisance de liquides comme le liquide de refroidissement, mais aussi rafistolage de petits dégâts matériels qui se retrouvent être potentiellement préjudiciables.

L’année dernière nous avons voté en communauté urbaine un avenant au contrat liant l’intercommunalité à la compagnie de bus. Le renouvellement d’engins ne se fait pas ou très peu, alors même que le prix du ticket occasionnel augmente. J’avais déjà fait savoir ma désapprobation, d’autant que nous avons un fonctionnement qui n’est pas digne d’une grande ville. Les bus commencent trop tard, finissent trop tôt, sont trop chers, pas assez fréquents, écologiquement irresponsables, … Quand allons-nous passer dans le 21e siècle ?

Mais évidemment pour que ce dossier avance, il faudrait que les responsables essaient de temps en temps de prendre le bus. Ils comprendraient alors qu’il faut renouveler le parc et répondraient déjà à une des principales demandes des employés. Il serait bon également que les élus s’intéressent à ce mouvement de protestation. Comment, en plus de 10 jours de grève maintenant, aucun décideur public n’a reçu l’intersyndicale ? Ces derniers se sentent méprisés. On peut les comprendre.

Si Jean-Marc Pujol prenait parfois le bus, ça lui éviterait de dire comme lors du dernier conseil municipal lorsque je l’ai interpellé, que “les perpignanais ne prennent pas le bus parce qu’on roule trop bien en voiture dans notre ville“. Avec chauffeur et aux frais du contribuables, sûrement. Mais quand on est un citoyen “lambda”, c’est bien différent.