Automenyspreu i frontera mental

ECT4

Article publicat a Racó Català

Molts pensàvem que l’auto-odi, o més aviat l’auto-menyspreu, havia passat i s’anava debilitant. Sembla que no. Ahir participava com a públic interessat (com a representant de l’ajuntament de Perpinyà) a una reunió-debat sobre l’eurodistricte. Entre els temes, van parlar de la dificultat de crear relacions entre l’universitat de Perpinyà i la de Girona per raons… de llenqua ! No m’ho hauria pensat ! Que tinguem dificultats linguístiques en l’àmbit comercial, és cert ; a nivell laboral també. Però a nivell universitari ?! Això significa que tidríem dificultats lingüístiques amb el català mentre que hi ha una facultat de català a Perpinyà (dèbil però existeix) i no tindríem dificultats lingüístiques amb països com Xina o Romania ? Perdoneu però no fotem ! Si no enfortim les relacions entre les universitats és per falta de feina ! No té rés a veure amb les llengües. De fet ja tenim acords de col.laboració com per exemple la Xarxa Vivés d’universitats catalanes. També he proposat crear una facultat de medecina transfronterera tenint en compte l’institut d’infermeres de Perpinyà, l’hospital transfronterer de Puigcerdà, la facultat de medecina i la de fisioterapia de Girona, i potser alguns altres instituts. Si parlem la mateixa llengua, millor. Si no ? els estudiants s’hi posaran, com els 40% d’estudiants francesos que integren cada any la formació de fisioterapia de Girona.

Apa ! Endavant ! Amb convicció i força, aconseguirem fer de l’espai català transfronterer un espai on viurem naturalment sense barrera lingüística.



Barcelona, la sublime… en pleine expansion

Certains se posent la question de la pertinence de se tourner économiquement parlant vers Barcelona. On peut comprendre la réticence de ceux qui sont restés bloqués au milieu du 20e siècle, époque durant laquelle Franco sévissait sur le territoire espagnol et lors de laquelle le rapprochement de Barcelona n’était qu’une “lubie” des catalanistes par idéologie unioniste. La mode française était alors à la création d’une région artificielle. Un temps associés à Toulouse, finalement les départements de l’Aude et des P-O atterrissent avec Montpellier, mauvais choix s’il en est par la compétition prévisible entre toutes les villes du littoral.

Mais voilà, nous sommes au 21e, Barcelona a retrouvé son essor (bien que toujours bridée par Madrid) et revient aux premiers rangs mondiaux des villes pour les investissements internationaux. De chez nous, la frontière routière n’existe plus; le changement de train dans quelques mois ne sera plus nécessaire et nous y serons reliés par grande vitesse; nous avons la même monnaie et faisons parti du même marché… A une distance à peu près identique des deux villes, Perpignan se trouve mieux desservie pour Barcelona, ville-monde, que pour Montpellier, ville “seulement” régionale. Alors comme la belle parole des catalanistes ne vaut pas une démonstration, voici les extraits d’une étude commandée par Paris pour comparer la capitale française aux places fortes mondiales. Y apparaît évidemment Barcelona…

Source : Greater Paris Investment Agency

Tout d’abord le contexte : lors de l’étude, sont prises en compte sur les schémas suivants les 11 villes européennes au plus fort poids économique, plus particulièrement en terme d’attractivité des investissements internationaux. Il va sans dire que sur les 11 villes européennes, Montpellier n’est même pas envisagée une seconde. Peut-être les services de la puissante région montpellieraine essaieront de trouver des données similaires… je leur souhaite bon courage s’ils croient pouvoir rivaliser. Allez, c’est parti :

Sur cette première diapo, on voit à quel point le jacobinisme français fonctionne bien, et à contrario, à quel point la décentralisation espagnole a permis à Barcelona de se développer. Pour rappel historique, la décentralisation a été faite pour éviter l’indépendantisme. Autonomie contre indépendance, ça ne vous rappelle pas une certaine région française ? Regardez vers l’Italie, une certaine île…

représentativité metropoles par Etat

Barcelona représente donc à elle seule 22% des projets de l’Espagne.

Voyons maintenant les investissements internationaux réels 2008/2009

Investissements internatLondres conserve une avance réelle sur toute l’étude. Les Etats en développement sont également clairement identifiés comme centre d’intérêts pour les investissements. Enfin, il est à noter que Paris se détache, grâce à certains secteurs connus puis vient Barcelona, devant Madrid, Tokyo et New York. Nous avons, à 150km, une ville plus attractive pour les investissements internationaux que New York ou Tokyo !

Mais ce n’est pas tout de capter, encore faut-il progresser, surtout dans ce contexte de crise. Comme l’on peut s’en douter, le centralisme français (à tout concentrer en une seule ville) sature Paris. Les gestionnaires parisiens peuvent donc se réjouir de constater que l’évolution est quasi neutre (-0,5%). Tout le reste de l’Europe est en évolution négative, parfois même néfaste tant la baisse est importante. Toute l’Europe ? non, une ville tire largement son épingle du jeu avec une évolution de 6%, seule évolution positive d’Europe. Sur les 22 principaux pôles d’investissement mondiaux, Barcelona affiche donc la 4ème progression :

evolution invest

Regardons maintenant un secteur clé à fortes retombées économiques : les quartiers généraux. Si Londres est connu pour en concentrer une partie très importante, Paris est évidemment très bien placée également avec la Défense. Regardons où se situe la capitale catalane :

QG

Il n’est donc plus à prouver que Barcelona occupe une place mondiale qui va bien au-delà des autres villes qui nous entourent. Pour finir, regardons comment capter un peu du rayonnement de cette ville-monde.

Les investisseurs internationaux ont été interrogés. Voici deux statistiques qui nous disent clairement comment faire pour les attirer :

Critères d'investissement

On voit bien que les critères d’investissement sont d’abord le contexte politique (pour ça, pas de souci chez nous) et vient juste après la qualité des infrastructures. Alors là… autant nous faisons un grand pas en avant avec le TGV Perpinyà-Barcelona, autant nous sommes encore bien en retard sur le reste. Pas de liaison à grande vitesse nous reliant au reste de l’Europe par le nord (pas de LGV entre Perpinyà et Nîmes), un aéroport qui a du mal à retrouver ses 500 000 passagers d’il y a peu (normal, les investissements étant régionaux, ils partent essentiellement sur Montpellier), le THD (très haut débit internet) est hors de prix et peu répandu, l’hôtellerie haut de gamme fait défaut, le Port-Vendres est quasiment abandonné, … Bref, sur un critère essentiel aux investissements internationaux, nous sommes totalement “largués”. N’oublions pas que Girona, elle, a au moins nos atouts, si ce n’est plus.

Passons enfin à la dernière donnée. La propension d’une ville à se développer :

facteur progressionSans surprise les investisseurs sont en priorité attirés par le potentiel de croissance d’une région. Mais regardons de plus près les autres facteurs. On voit en 3e position “localisation stratégique”. Nous revenons donc aux infrastructures. Car ce n’est pas tout d’être dans une région à fort développement, les infrastructures permettent en effet de développer la diffusion de la production. C’est forcément essentiel. On note ensuite que les événements sportifs/culturels jouent un rôle important. Je rappelle que la question était ouverte et que par conséquent si 7% des sondés donnent cette réponse, c’est que ça a son poids. G. Frêche l’avait bien compris en mettant le paquet (certes avec l’argent des catalans) sur les infrastructures de loisirs et sportifs ainsi que sur la création artistique et le sport (Rugby, foot, hand, natation, tennis, …).

Et pour finir regardons ce que nous, nous mettons en avant : le cadre de vie (seulement 1% des réponses). Nous pourrions mettre le paquet sur tout le reste mais non, nous mettons en avant le soleil, la mer, la montagne, c’est à dire ce qui est le moins intéressant pour les investisseurs et ce sur quoi nous sommes tout de même en concurrence avec d’autres régions. Logique, car bien que nous -les catalans- ayons conscience de vivre au paradis environnemental, cela n’est pas forcément le paradis économique. Voilà donc pourquoi nous battons un record de pauvreté. Pauvreté dans un cadre magnifique, certes, mais pauvreté.

Ce post est assez long mais je pense riche en enseignements. Nous devons tout faire pour arrêter de dépendre de Montpellier. La région finance à 100% les 37 millions d’euros de la nouvelle fac de médecine; 5M€ pour la maison des sports; et encore des millions pour le tram, les infrastructures de sport, le zénith, etc. Dans le même temps, Perpinyà, pour un théâtre s’endette sur de nombreuses années; le projet de stade/zenith est abandonné faute de financements; l’université est quasiment abandonnée (l’objectif clairement affiché est de l’intégrer à l’université de Montpellier… évidemment!); l’aéroport n’a qu’un investissement régional minime; Port Vendres est mis en concurrence -perdue d’avance- avec Port la Nouvelle et Sète, où les investissements régionaux sont sans commune mesure. La ligne grande vitesse est financée par la région pour le contournement Nîmes-Montpellier… Et nous ? La liste pourrait être encore longue. Il ne faut d’ailleurs pas penser qu’en termes publics. Le privés suit évidemment l’organisation publique. Les ASF délocalisent et ferment à Perpinyà pour Narbonne; le centre de tri postal ferme pour aller également vers le nord; les centres type Crédit Agricole ou Groupama, etc.

Enfin, un dernier “détail” : Pour être capable de capter une partie, aussi faible soit-elle, des investisseurs du bassin barcelonais, il nous faut être totalement connecté à la capitale catalane. Cela inclus évidemment une donnée de base : parler la même langue. Quand pour mettre en réseau des postes il est nécessaire d’ajouter des traductions, il est évident que ce “détail” devient un bâton dans une roue. Alors que s’adapter en généralisant la connaissance de la langue économiquement la plus forte à nos portes, ce n’est plus du catalanisme mais du pragmatisme.

 



Université transfrontalière ? (polémique Calvet-Brouquin)

L’université de Perpinyà, multiséculaire, est en permanence sous la menace de Montpellier et du manque d’attention portée par les politiques. Il faut se rendre compte par exemple que l’IUFM de Perpinyà a été le seul de France à ne pas avoir été transféré de l’académie à l’université locale. Nous nous retrouvons donc avec des locaux (et les élèves afférents) rattachés à Montpellier alors qu’ils sont sur le “campus” catalan. D’autre part, je note que depuis 30 ans de création de la région Languedoc-Roussillon, l’université de Montpellier n’a cessé de recevoir des soutiens politiques et financiers (notamment au travers de fonds régionaux issus d’impots des catalans) quand à Perpinyà, il a toujours fallu se débrouiller par nous-même.

Alors aujourd’hui une polémique naît autour d’une déclaration du Sénateur-Maire Calvet car selon lui le futur de l’université de Perpinyà n’a de sens qu’en se tournant vers Girona et en devenant réellement transfrontalière et bilingue. Sur ce point, J-P Alduy est d’accord avec lui. Par contre, ressurgit le néomontepllierain C. Bourquin (sénateur et président de la région) qui pense qu’il faut être “fada” pour se tourner vers le sud.

Mais alors je me demande… nous (catalans) développons l’université de Montpellier depuis 30ans alors que la nôtre est en train de dépérir… Aujourd’hui des accords, notamment transfrontaliers sont des sources importantes pour Perpinyà. Donc il vaudrait mieux continuer à “engraisser” Montpellier plutôt que nous sauver…

Je pense qu’il ne s’agit pas de catalanisme, mais de logique.

Je laisse l’analyse et le retour de compliment (fada) aux lecteurs…