Comment faire monter le FN… par les groupes de “réflexion”

Depuis quelques mois, une multitude de “groupes de réflexion” se créent. Partant d’un constat simple : il faut exister pour les prochaines municipales. Car il faut arrêter avec la vertu à laquelle personne ne croit “je crée ce groupe pour améliorer le quotidien des perpignanais”. La réalité c’est que chacun veut se placer. Je ne distinguerai que 2 exceptions : une association qui a pour but de regrouper réellement les forces et les idées puisque le responsable n’est autre que celui qui va constituer la prochaine liste, donc point de rapport de force. Et un autre groupe, qui intègre différentes composantes politiques, de gauche comme de droite, donc forcément plus dans la proposition que dans le jeu politicien.

Sorti de ceux-là… nous voilà bien partis dans des guéguerres d’influences. Principal objectif : constituer des réseaux. On contacte des groupes comme par exemple les commerçants. Car oui, le mouvement de protestation des commerçants s’est amplifié et a dégénéré à cause justement de ceux qui prétendent leur apporter des solutions. Que s’est-il passé ? C’est très simple.

Un des problèmes facilement identifiable à Perpignan est la baisse de fréquentation de certains commerces. Notez bien que je dis “certains”. Car certains autres vont très bien! Une fois donc ce secteur identifié, on envoie des “spécialistes” : anciens commerçants, élus ou anciens élus, représentants syndicaux avec lesquels on a de bonnes relations, etc. Ces spécialistes, constitués en “commission”, démarchent alors un secteur en crise et, pour simplifier, dit : “ça ne va pas chez vous, hein ? Que voudriez-vous que la municipalité fasse ? Si les élus vous écoutaient, vous voudriez quoi ?”.

Et alors là, catastrophe totalement prévisible. Ca ne va pas… bin non ça ne va pas ! Le secteur marchand est bien identifié comme un secteur en crise donc forcément…! Demander que la municipalité fasse quelque chose est la première phase du jeu du FN. On identifie un tiers comme responsable. Enfin, on conclue sur un bon ton en disant que nous on écoute les commerçants et que grâce à nous les élus vont les écouter. On se donne de l’importance dans les deux sens. Sauf que le commerçant se dit qu’en fait la municipalité n’écoute pas et du coup votera plus extrême.

Bien sûr, ce raisonnement peut paraître simpliste et beaucoup n’y croiront sûrement pas. Mais prenons l’exemple des commerçants et les solutions apportées. Je ne m’étalerai pas sur Clémenceau à double sens qui semble être vu comme le Graal par les commerçants et qui -j’en suis sûr- ne leur changera rien du tout. JM Pujol, désireux d’accéder à leur requête, l’a mis en phase de test. Nous verrons bien. En revanche, l’heure de parking gratuit qui est une bonne idée (cofinancée par Mairie-Commerçant-CCI) n’a pas à être une initiative de la mairie. Et pourtant, les groupes de réflexions le laissent entendre. Partout ailleurs c’est la CCI l’instigateur mais ici il faudrait que ce soit la mairie. Cela cristallise donc un sentiment d’inaction du maire quand c’est en réalité la CCI et les commerçants eux-mêmes qui devraient agir.

Transposons : les cités. Une des raisons du vote FN dans les zones rurales n’est certainement pas l’insécurité et la hausse de l’immigration ! Mais à force de dire (à la télé notamment) “Problèmes dans les cités / Cités = immigration / L’Etat est impuissant” la conclusion est simple : vote extrême.

Alors merci aux groupes de réflexion de réfléchir aux conséquences de leurs actes et aux constitutions de commissions. Car ce n’est pas en pointant du doigt ce qui ne va pas et en amplifiant les maux qu’on les soigne. Et quand chacun aura sa belle place en haut de la liste, il sera bien trop tard pour pleurer depuis les bancs de l’opposition face à un FN qui, au-delà de n’apporter aucune solution, sera particulièrement néfaste pour justement tous ces secteurs tant travaillés avant les élections.

Oui le commerce perpignanais va mal, oui les cités sont un vrai problème, mais des solutions existent sans potentialiser la haine.



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