2 banques déménagent hors de Catalogne : un risque mal calculé ?

Depuis hier, la décision de déménager le siège social de deux des plus grandes banques « hispaniques » hors de la Catalogne fait la une des journaux. La CaixaBank et la Banc de Sabadell déménagent aux îles Baléares et à Alacant. Disons qu’ils ne quittent pas totalement les territoires catalans mais ils seront hors de la Generalitat, territoire qui doit déclarer l’indépendance d’ici peu.

Cette mesure est essentiellement symbolique afin de rassurer les marchés qui ont peur d’une instabilité. Cela s’explique par le risque de ne plus accéder aux fonds de la Banque Centrale Européenne. Ces liquidités servent à créer artificiellement de la monnaie, qui est prêtée par les banques et sur lesquels nous remboursons avec intérêt. Oui, c’est injuste, ça ne leur coûte quasiment rien et ils gagnent beaucoup. Mais on ne refera pas le système…

Ces banques ont donc peur d’une situation qui, même en cas d’indépendance, n’arrivera pas du jour au lendemain. On ne passe pas d’une région autonome à un Etat indépendant en 24h, d’autant plus s’il n’y a rien de négocié avec l’Etat précédent. On le voit d’ailleurs avec le Brexit qui a pourtant moins de choses à négocier. Mais il fallait rassurer les marchés. Soit.

Le transfert de siège requiert certaines obligations, comme la consultation du comité exécutif. Or, la CaixaBank n’est pas sûre de l’accord de son conseil, ni de l’avoir rapidement. Ainsi, le ministre espagnol de l’économie a-t-il décidé de prendre un décret permettant aux banques de déménager leur siège sans passer par le conseil. Et il prend ce décret après avoir répété de nombreuses fois que l’indépendance n’aurait pas lieu. Un changement d’avis qui maintenant augure d’une effectivité manifeste de l’indépendance.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Les banques vont déplacer leur siège légal mais garderont les effectifs en Catalogne. Ce sera donc une perte importante pour l’économie catalane en terme de marchés et transactions, mais pas dans ce qu’on appelle l’économie réelle, c’est à dire les emplois.

Or, ce déménagement s’accompagne dès aujourd’hui d’une contestation de la part de la société catalane. De nombreux organismes, à commencer par plusieurs municipalités, annoncent qu’ils vont retirer leurs fonds de ces banques. Le problème qui va alors se poser est que les banques n’auront plus assez de fonds propres pour emprunter. Car même s’ils se servent auprès de la banque centrale, cette dernière exige quand même que les banques aient une certaine quantité de fonds propres pour éviter toute fragilité semblable à Lehman Brothers. En conséquence, l’instabilité crainte de la volonté catalane risque en fait de venir de la volonté de rester en Espagne.

Parfois il faut savoir prendre un risque. Le risque ici était de rester en Catalogne et travailler à avoir toujours accès à la BCE. Elles ont préféré sortir de la Catalogne et perdre des liquidités. Peut-être ces banques ont-elles maladroitement choisi une pseudo sécurité face à un risque calculable.



Esteve Valls, de la délégation de l’Agglo à Girona à la direction de la Casa de la Generalitat a Perpinyà

Lors de son recrutement par l’Agglo, Esteve Valls était à la direction du site internet bilingue d’informations La Clau. Ce site était d’ailleurs à ce moment plutôt bien suivi.

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Casa de la Generalitat, Perpinyà

Esteve Valls a des compétences reconnues dont notamment un niveau en langue catalane incontestable (mais ce n’est évidemment pas tout). Lorsque Jean-Paul Alduy lui propose la direction de la délégation de PMCA à Girona, La Clau est connue pour être assez “Alduy critique” et particulièrement pro-CDC (normal, les deux responsables sont membres de ce parti). La condition de son recrutement est alors la fermeture du site. Logique, conflit d’intérêt oblige.

Étonnamment, quelques mois plus tard, le site La Clau redevient actif. Encore plus “étonnant”, bien que les critiques envers Alduy étaient déjà de moins en moins incisives, elles sont alors devenues inexistantes. Mais voilà cet outil de communication essentiellement au service de… OpenCat, le “think tank” qu’Esteve Valls a créé avec son compère de toujours -Vincent Dumas- et dont les conférences-débats sont réalisés… au sein de l’Hôtel d’Agglo ! La boucle est bouclée… sauf un détail. La glorification qui était faite de CDC n’est plus. Alors ce n’est pas pour autant qu’ils se mettent à passer les communiqués d’Unitat Catalana, pourtant seul parti politique avec siège en Catalogne Nord (depuis 26 ans!) et qui plus est, dont le président est également le délégué de l’agglo au transfrontalier. Oui, Jaume Roure, président d’UC est (était) l’élu de référence d’Esteve Valls. Au moins, on ne peut pas accuser UC de prise illégale d’intérêt ! Tous les médias passent donc les communiqués d’UC, sauf le site le plus spécialisé dans le transfrontalier. Y avait-il anguille sous roche…?

Alors voilà que celui qui s’est renforcé ses relations institutionnelles avec la Catalogne Sud grâce à la direction de la délégation de PMCA à Girona -notons également qu’en Catalogne Sud c’est CDC qui est au pouvoir de ces institutions- se retrouve nommé à la direction de la Generalitat à Perpinyà, institution dont il est dit par beaucoup qu’elle serait utilisée par J. Vera pour placer des membres de son parti politique, CDC.

Il est tout à fait dans son droit d’avoir des préférences de carrière et de saisir les opportunités qui s’offrent à lui. En revanche, on imagine aisément ce que doit ressentir JP Alduy qui pensait pouvoir compter sur sa recrue pendant un certain temps. Mais après tout, cela était plutôt prévisible à la lecture seule de La Clau. Il y a maintenant fort à parier que plus une seule des réunions d’OpenCat ne se déroulera à l’Hotel d’Agglo…

Pour finir, revenons sur son futur : La Casa de la Generalitat de Perpinyà est vouée à être gérée depuis Paris, donc sous “tutelle” de Maryse Olivé. Le duo Bourquin-Vera a assassiné l’Eurodistrict alors que ce devait être un outil extraordinaire, comme dans toutes les zones transfrontalières d’Europe (pour ça, encore faut-il en avoir l’envie et les compétences); la Casa n’octroie plus de subvention puisque seules les écoles catalanes peuvent y prétendre (il est déjà loin le temps où c’était la manne de toutes les associations nord catalanes); peu d’événements sont organisés, etc… 

Esteve Valls aura donc essentiellement comme lourde tache (uniquement morale) de redresser l’image de cette institution hautement symbolique et surtout en finir avec cette accusation de cooptation de membres de CDC (bien que lui-même en soit issu). Je pense que les nord-catalans en ont plus qu’assez du clientélisme. Peut-être que el Senyor Valls saura mener la transition institutionnelle nécessaire à tout Etat émergeant puisque c’est bien la représentation sur le sol français (sic) d’un futur Etat indépendant.

Esteve Valls a été contacté avant la publication de cet article. Il a pu s’exprimer sur certains points et a eu la possibilité d’éventuellement rédiger le premier commentaire. 



Font-Romeu et toute la Cerdagne-Capcir adhéreront à “municipis per la independència”

Cela fait maintenant un bon moment que la communauté autonome de Catalogne (territoire autonome en Espagne) avance clairement vers l’indépendance. Je travaille d’ailleurs avec mon association (CAT) à la mise en relation des différentes nations européennes proches d’obtenir cette souveraineté (essentiellement Ecosse, Flandres et Catalogne “Sud”) afin qu’elles puissent exercer le droit à l’autodétermination. Je constate tout particulièrement (comme tous ceux qui s’y intéressent un peu) la montée de l’indépendantisme en Catalogne Sud ces derniers temps, notamment avec les derniers sondages, réalisés par des médias et des responsables politiques plutôt hostiles, qui nous enseignent que ce désir représenterait entre 65 et 75% des votes.

C’est donc dans ce contexte que des mouvements se sont créés. D’abord des consultations populaires, organisées par le peuple lui-même, faisant suite au refus du gouvernement autonome d’organiser un référendum. Ou encore une manifestation qui a rassemblé près de 1,5 millions de personnes à Barcelona (c’est tout de même énorme !). Puis, depuis peu, ce mouvement de “municipis per la independència” (carte), c’est à dire les municipalités qui se déclarent en faveur de la pleine souveraineté de la Catalogne, considérant que si la Generalitat (gouvernement catalan) ne le fait pas, l’autre échelon représentant le peuple qu’est la commune, se doit de le faire. Et c’est plutôt un franc succès. En quelques mois, il y a déjà un tiers des communes qui a adhéré et le responsable de cette association, maire de Vic, J. M. Vila d’Abadal, prévoit d’arriver à environ 70% des communes de l’actuel Principat de Catalunya pour la fin de l’année.

Vient s’ajouter à cela, de ce coté-ci de la frontière séparant la Catalogne, une commune qui reçoit particulièrement mal l’annonce de la suppression d’un poste d’enseignant. Le maire de Font-Romeu décide alors de tenir un conseil municipal à l’extérieur, bravant le froid, lors duquel il est décidé à l’unanimité de dénoncer le Traité des Pyrénées (1659), celui-là même qui avait séparé la Catalogne en deux, bafouant les droits des représentants du peuple (Corts) à être consulté avant toute décision de ce genre. Mais au-delà de la symbolique référence historique et dans ce contexte particulier au sud, une nouvelle possibilité s’offre à Font-Romeu et plus encore qu’à cette commune, à toute la Catalogne Nord : se joindre au sud dans ce projet pour l’indépendance.

L’occasion a donc été saisie hier, lors d’une réunion de nombreux maires, d’adhérer à ce projet de “municipis per la independència”. Le chemin est encore long pour que tous les habitants de Catalogne Nord comprennent bien de quoi il s’agit. Le manque d’information est toujours particulièrement flagrant en ce qui concerne le sud et notamment leur évolution -pourtant énorme- vers l’indépendance. Néanmoins, il est sûr que ce projet va faire couler beaucoup d’encre et créer de nombreux débats.



Font-Romeu i tota Cerdanya-Capcir adheriran als municipis per la independència

Aquest matí tenia cita amb el batlle de Font-Romeu per a parlar de la denúncia que fan del Tractat dels Pirineus. L’alcalde m’ha confirmat que l’iniciativa va començar arran de les retallades (sí, a França també n’hi ha…) a l’educació. El delegat del ministeri de l’educació ha decidit suprimir un ensenyant en aquest municipi seguint raonaments suposadament erronis. L’amenaça de denunciar el Tractat ja s’havia brandat pels municipis d’Eina i Els Angles, però sense continuitat.

Avui el context és molt diferent. La independència de l’actual comunitat autònoma de Catalunya és cada dia més a prop. Amb més de 55% de la població (és a dir uns 70% dels votants) a favor de la independència, no es tracta més de saber si els “sud-catalans” ho volen, sinó de quan la prendran.

És doncs amb aquesta dinàmica que, després del poble mateix amb les consultes populars, els municipis es declaren de més a més a favor de la independència. L’associació encapçalada pel batlle de Vic, Josep M. Vila d’Abadal, ja consta amb un municipi de cada tres i té com a objectiu aconseguir els 70% pel final de l’any. Això era només per la comunitat autònoma de Catalunya. Ara convé afegir-hi els municipis de Catalunya Nord qui, tot i no ser tant avançats en el procés d’independència, els recolzaran (segons el batlle de Font-Romeu), tots de Cerdanya-Capcir.

Ja n’hi ha prou, em sembla, per a continuar el camí. Ara els seguiré informant de què és la independència de Catalunya i com s’està constituint el moviment. Malauradament, pocs saben de què es tracta realment però segur que amb el moviment social anirem tots en el mateix sentit per a fer sentir la nostra veu.

Aviat tindrem més notícies…