C. Ripoull : l’opposante… pas opposée.

J’ai toujours du respect pour les personnes engagées, que je partage ou non leur opinion. Je respecte donc Mme Ripoull pour son engagement (ça c’est incontestable) bien que je trouve parfois qu’il se rapproche de l’acharnement tant la communication entre elle et la majorité semble difficile. Pour situer un petit peu nos relations, sachez que c’est quelqu’un que j’ai peu vu car son engagement tant en politique comme -encore plus- dans la catalanité est sommes toutes récent. D’autre part, après avoir quitté le MoDem pour des discordances qui ne regardent qu’elle (et eux) Mme Ripoull a fait le choix de rejoindre CDC qui, comme chacun sait, est opposé à Unitat Catalana à Perpinyà. Contrairement à beaucoup, je la savais déjà intéressée par les thèmes catalans car elle avait soutenu ma démarche consistant à demander la reconnaissance du territoire nord-catalan à travers la création d’une région. Voilà pour le contexte.

J’en viens aux événements récents. Comme je le soulignais plus haut, Mme Ripoull s’est distinguée par son opposition souvent virulente à la gestion municipale de ces dernières années. Cette interview dans l’Indépendant le rappelle clairement. Voici un extrait :

L’Indépendant : Vous réagissez souvent sur des questions touchant au budget de la ville…

Réponse : J’estime que l’opposition doit avoir un rôle de proposition, mais aussi de dénonciation. L’utilisation des finances publiques doit être faite dans l’intérêt général. Par exemple, pourquoi la ville rachèterait-elle le mess des officiers ? Pour aider l’Etat à s’installer au Centre del món ? Je ne suis pas d’accord, alors que les finances de Perpignan ne sont pas en bonne santé.

Alros vous me direz que tout ceci est cohérent. Oui, sauf que -renseignements pris auprès de la municipalité- Mme Ripoull n’a pas voté contre le budget primitif mais s’est abstenue. Et oui, malgré tout le mal qu’elle pense de la gestion de J-M Pujol (maire depuis les dernières élections mais adjoint aux finances depuis des années) Clotilde Ripoull s’est abstenue. Elle était absente (chose exceptionnelle pour elle) du conseil municipal mais avait donné procuration à son allié Jordi Vera qui, lors d’une pirouette dont lui seul a le secret (dixit la journaliste de l’Indépendant), a reconnu les “efforts” consentis par la municipalité pour assainir les finances. Dans ce même article on peut lire une petite déclaration qui, dans le contexte que j’écris devient très ironique :  Ils ont voté le budget, ils ont pris leurs responsabilités.

Cette magie est peut-être due au pacte récemment rendu public (pas encore finalisé mais c’est tout comme) entre l’UMP et CDC, qui va faire entrer dans la liste UMP de 2014 des membres du parti de Jordi Vera. Alors attention, je vous annonce une révélation divinatoire… : l’année prochaine Mme Ripoull, fervante opposante, votera comme el Senyor Vera le budget en disant -quel qu’il soit- que celui-ci est vraiment meilleur que les précédents !

Afin de comprendre les vraies raisons de cette abstention, j’ai contacté Mme Ripoull qui n’a pas donné suite à ma demande d’entretien.



Les Pyrénées-Orientales, pauvres… élus !

Les statistiques se suivent… et se ressemblent. Nous vivons dans un des trois départements les plus pauvres de France. Mais nos responsables locaux nous diront que tout va bien. Nous sommes dans la région la plus pauvre de France. Mais les responsables… vous connaissez la suite, ça fait des années qu’on entend la même chose.

Alors voilà, nous sommes en 2011. Après -quasi- 30 ans d’échec flagrant du régionalisme, nous sommes à l’aube d’une régionalisation plus forte. Mais ça ne choque personne, à part les “catalanistes”. On nous traite (nous, les catalanistes, car j’en suis) d’extrémistes qui, de toutes façons, ne seront jamais d’accord avec quoi que ce soit qui ne soit pas catalan. Sauf qu’au bout de 30 ans d’une région qui nous tue à petit feu, ce n’est plus du catalanisme, c’est de la survie !!!

Certains s’engagent en politique à Perpignan dans le principal objectif de contrer la construction d’un pont (remplaçant un passage à gué) totalement nécessaire. Et maintenant quoi ? Bin rien, on y est, on y reste.

D’autres encore s’engagent pour une seule chose : être élu. Et oui, “je veux être élu pour être élu”. Alors mégalo, complexe d’infériorité ou encore recherche de prestige ou d’argent, quand ils y sont, ils s’y accrochent…!

10, 15, 20 ans pour certains qu’ils sont à la même fonction ! Cela n’empêche pas la population de recommencer à voter pour les mêmes. Oui mais vous me direz, le clientélisme, l’usage exagéré d’assistantes sociales (faisant croire que c’est le candidat qui paie les factures alors que ce sont nos impôts), les différents cadeaux, etc. Oui, tout cela fausse considérablement des élections. Mais il suffirait simplement de 10% de participation supplémentaire et toute cette fraude à peine dissimulée serait quasiment anihilée.

Département pauvre, région pauvre. Comment peut-il en être autrement quand ceux qui nous dirigent préfèrent leur poste, leur prestige, à leur fonction. La politique, c’est diriger le peuple, ce n’est pas juste être à la tête du peuple. Quand on n’est pas capable de développer un département qui ne peut que l’être (tellement il est bas), il faut tout de même se poser des questions…. Mais non, “ils” ne se posent pas de questions puisque leur objectif n’est pas d’améliorer la situation, mais uniquement d’être réélu. On abandonne l’université, l’aéroport, etc… Mais on s’en fout, on est réélus quand même !

Alors on fait semblant de s’opposer au développement des grandes zones commerciales en les désignants comme responsables de la désertion des centre-villes quand ce n’est pas tant la zone qui en est responsable, mais l’autorisation pour les petits commerces de s’y installer. Décathlon ou Auchan n’ont en rien fait déserter le centre-ville. Par contre, les très nombreux petits magasins qui les accompagnent, oui. Une solution : interdire les petites surfaces dans ces grandes zones commerciales. Logique me direz-vous. C’est ce que pense le président du SCOT (Billès) mais bizarrement, il n’est pas suivi par les autres maires… Eh non. Ikea par ci, Alinea par là, Cultura, etc… tous ceux-là on va s’opposer à leur implantation, disant que nous ne pouvons pas faire du “tout commerce” et que ça détruit le centre. Citez-mois les magasins du centre en concurence avec Ikea ! Et puis, si Ikea va à Girona, en quoi on aura épargné qui que ce soit ? Au lieu de faire venir les sud-catalans, nous irons chez eux. Ils auront une centaine d’emplois créée (encore) quand nous, eh bin, nous… euh… bin rien. Com d’hab. Quant à l’autre argument consistant à ne pas faire du tout commerce, ce serait valable si nous avions autre chose que le commerce pour créer de l’emploi (oui, je vous entends déjà dire que le clientélisme crée beaucoup d’emploi…). Malheureusement, l’économie locale est dépassée, notamment l’agriculture; nous nous enlisons. Ensuite il y a les services (bin oui, tous ces retraités du reste de la France, il faut s’en occuper). Et, surtout, le tourisme. Mais le tourisme n’est une économie que parce qu’il y a consommation…

Alors continuons braves gens à voter pareil, à décider pareil. Après tout, nous sommes pauvres au soleil quand d’autres sont riches sous la pluie… Si c’est ça qui fait tourner la Terre, restons au soleil, allons à la fête de l’huître du Barcarès (et quand je parle d’huître, je ne parle pas de ce qu’il y a dans l’assiete !), récupérons les cadeaux pour nos ainés dans les maisons de retraites, etc. Oui, le grand Frêche (que je détestais tant) avait raison : faire une campagne électorale intelligente ne fait pas gagner, par contre faire campagne en donnant des cadeaux à des cons (qu’ils ont eux-même payé avec leurs impôts) , c’est se garantir la victoire.

A quand notre Frêche ? Capable de développer la Catalogne Nord, en disant à Montpellier “je vous emmerde”….