Voilà 2014, année intense

Alors nous revoilà

Nous voilà en 2014 (dernier jour pour les voeux, alors Bonne année ! Bon any nou !). Année de votes s’il en est !

Et du coup me revoilà sur mon blog. Non pas pour commenter particulièrement les élections mais tout simplement parce que l’actualité de cette année sera exceptionnellement dense.

Voilà arrivée la fin publique d’un géant de la politique locale. Jean-Paul Alduy a façonné un nouveau Perpinyà. Même si on a pas toujours été d’accord avec lui, c’est quand même et surtout lui qui a donné l’impulsion nécessaire à la catalanité, qui a fait comprendre le concept même de transfrontalier, qui a inscrit Perpinyà et le Rosselló dans une aire/ère européenne, bref, un homme qui restera pour toujours dans la mémoire des Perpignanais tire sa révérence… politique.

Nous revoilà en campagne. Cette fois sur des municipales où plus que jamais je serai engagé. Ensuite des européennes où malheureusement notre influence n’est que mineure sur une circonscription électorale immense. Et pour finir l’année nous nous engagerons sur des élections régionales et départementales (pour 2015). Que de campagnes !

Nous voilà aussi et enfin devant un processus réel d’indépendance de la Catalogne. La date du référendum est fixée au 9 novembre et si quelques illuminés (mais toujours en fonction) pensent envoyer les chars depuis Madrid, l’Europe et l’ONU devraient tout de même garantir la réalisation ce vote historique qui interviendra deux mois après celui de l’Ecosse.

Alors voilà, pour ce retour je fais court car chaque sujet mériterait bien un post à lui tout seul. Mais ce qui est sûr c’est que 2014 s’annonce dense, intense et historique.

Endavant !



Esteve Valls, de la délégation de l’Agglo à Girona à la direction de la Casa de la Generalitat a Perpinyà

Lors de son recrutement par l’Agglo, Esteve Valls était à la direction du site internet bilingue d’informations La Clau. Ce site était d’ailleurs à ce moment plutôt bien suivi.

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Casa de la Generalitat, Perpinyà

Esteve Valls a des compétences reconnues dont notamment un niveau en langue catalane incontestable (mais ce n’est évidemment pas tout). Lorsque Jean-Paul Alduy lui propose la direction de la délégation de PMCA à Girona, La Clau est connue pour être assez “Alduy critique” et particulièrement pro-CDC (normal, les deux responsables sont membres de ce parti). La condition de son recrutement est alors la fermeture du site. Logique, conflit d’intérêt oblige.

Étonnamment, quelques mois plus tard, le site La Clau redevient actif. Encore plus “étonnant”, bien que les critiques envers Alduy étaient déjà de moins en moins incisives, elles sont alors devenues inexistantes. Mais voilà cet outil de communication essentiellement au service de… OpenCat, le “think tank” qu’Esteve Valls a créé avec son compère de toujours -Vincent Dumas- et dont les conférences-débats sont réalisés… au sein de l’Hôtel d’Agglo ! La boucle est bouclée… sauf un détail. La glorification qui était faite de CDC n’est plus. Alors ce n’est pas pour autant qu’ils se mettent à passer les communiqués d’Unitat Catalana, pourtant seul parti politique avec siège en Catalogne Nord (depuis 26 ans!) et qui plus est, dont le président est également le délégué de l’agglo au transfrontalier. Oui, Jaume Roure, président d’UC est (était) l’élu de référence d’Esteve Valls. Au moins, on ne peut pas accuser UC de prise illégale d’intérêt ! Tous les médias passent donc les communiqués d’UC, sauf le site le plus spécialisé dans le transfrontalier. Y avait-il anguille sous roche…?

Alors voilà que celui qui s’est renforcé ses relations institutionnelles avec la Catalogne Sud grâce à la direction de la délégation de PMCA à Girona -notons également qu’en Catalogne Sud c’est CDC qui est au pouvoir de ces institutions- se retrouve nommé à la direction de la Generalitat à Perpinyà, institution dont il est dit par beaucoup qu’elle serait utilisée par J. Vera pour placer des membres de son parti politique, CDC.

Il est tout à fait dans son droit d’avoir des préférences de carrière et de saisir les opportunités qui s’offrent à lui. En revanche, on imagine aisément ce que doit ressentir JP Alduy qui pensait pouvoir compter sur sa recrue pendant un certain temps. Mais après tout, cela était plutôt prévisible à la lecture seule de La Clau. Il y a maintenant fort à parier que plus une seule des réunions d’OpenCat ne se déroulera à l’Hotel d’Agglo…

Pour finir, revenons sur son futur : La Casa de la Generalitat de Perpinyà est vouée à être gérée depuis Paris, donc sous “tutelle” de Maryse Olivé. Le duo Bourquin-Vera a assassiné l’Eurodistrict alors que ce devait être un outil extraordinaire, comme dans toutes les zones transfrontalières d’Europe (pour ça, encore faut-il en avoir l’envie et les compétences); la Casa n’octroie plus de subvention puisque seules les écoles catalanes peuvent y prétendre (il est déjà loin le temps où c’était la manne de toutes les associations nord catalanes); peu d’événements sont organisés, etc… 

Esteve Valls aura donc essentiellement comme lourde tache (uniquement morale) de redresser l’image de cette institution hautement symbolique et surtout en finir avec cette accusation de cooptation de membres de CDC (bien que lui-même en soit issu). Je pense que les nord-catalans en ont plus qu’assez du clientélisme. Peut-être que el Senyor Valls saura mener la transition institutionnelle nécessaire à tout Etat émergeant puisque c’est bien la représentation sur le sol français (sic) d’un futur Etat indépendant.

Esteve Valls a été contacté avant la publication de cet article. Il a pu s’exprimer sur certains points et a eu la possibilité d’éventuellement rédiger le premier commentaire. 



Incohérence au SCOT

Le SCOT est le Schéma de COhérence Territoriale. C’est un document réalisé en concertation avec les communes qui en font partie et qui établit un programme de développement pour le territoire. Il y est décidé tout l’aménagement, les zones commerciales, les espaces protégés, etc. Le plus important en Catalogne Nord est le SCOT plaine du Roussillon qui regroupe 82 communes, soit près de 350 000 habitants.
Seulement voilà, depuis que la communauté de communes Salanque-Méditerranée a intégré Fitou (dont chacun appréciera le manque de logique) cette communauté a la possibilité de créer son SCOT ou d’en changer. Ils en ont donc profité pour voter que que les 4 communes (Pia, Claira, Salses et donc Fitou) intègrent le SCOT… de la narbonnaise ! Non seulement c’est totalement incohérent de décider de l’avenir d’un territoire avec un territoire aussi éloigné (alors que Pia est vraiment collé à Perpinyà), mais en plus les motivations ne sont que purement politiciennes.
En effet, les maires qui ont pris cette décision ne l’ont fait que parce qu’ils avaient peur que le préfet les force à intégrer l’Agglo, chose qui ne s’est pourtant pas produite depuis qu’il en a le pouvoir (le nouveau préfet comme l’ancien). Cette décision va donc à l’encontre de l’intérêt commun.
Au delà de cela, il risque même de générer de sérieux problèmes puisque le SCOT actuel, prêt à être approuvé à l’unanimité, risque de devoir être totalement recommencé car invalidé à cause de la redéfinition du périmètre.
Heureusement, ni le préfet des P-O ni celui de l’Aude n’y sont favorables (un recours gracieux est en cours) ni même la direction du S(Y)COT de la Narbonnaise !
Les maires de Salanque-Méditerranée devraient faire preuve de sens public et éviter d’engager l’avenir de la population sur des décisions politiciennes préjudiciables à la construction et la cohérence du territoire.
Notons d’ailleurs que même Napoléon n’avait pas osé modifier le périmètre du territoire… Gageons que deux conseillers généraux de Catalogne Nord ne feront pas en sorte que des orientations décisives pour les catalans soient prises à Narbonne !



Projet de gare à Narbonne, et nous ?

Vous croyiez avoir tout vu en terme d’incompétence et de destruction du territoire ? Et bien chaque jour on nous en ressert ! Aujourd’hui nous voyons dans l’édition du Midi Libre (qui n’a de libre que le nom) cet article annonçant l’accord et même l’engoument des pouvoirs audois pour l’acte de candidature afin de créer la nouvelle gare à l’ouest de Narbonne. Toutes les forces s’unissent intelligemment pour faire aboutir ce projet, gage de nombreuses retombées économiques.

Il faut rappeler les faits quant à la gare de Perpinyà (rappel d’un article ici). El Centre del Món n’est pas sur la ligne à grande vitesse !!! Cette gare ne servira donc que pour deux à quatre trains maximum par jours. Les TGV devront sortir de la LGV et donc perdre un temps précieux pour quelques catalans. Autant dire qu’il est utopique de croire que les trains feront ce décrochage. Ils resteront donc sur la nouvelle LGV et passeront à l’Ouest de Perpinyà. D’ailleurs, même JP Alduy, père s’il en est du Centre del Món, n’a jamais nié que les Barcelona-Hambourg par exemple ne s’arrêteront pas à Perpinyà !

Une seule solution s’offre à nous : une gare à Ribesaltes. Alors on l’appelle halte ou gare, peu importe, tant qu’on a une gare sur la ligne nouvelle ! Les terrains sont réservés pour la gare et même pour la ZAC fer, l’emplacement est idéal et surtout c’est la seule solution que nous avons pour éviter que les trains passent sans s’arrêter.

Alors pour ça, les faussoyeurs vont bon train. Ch. Bourquin, rêvant de Montpellier chaque seconde, n’aidera pas les catalans. Il fait assez pression sur nous pour que nous allions à Montpellier. Dernier sale coup : l’organisation du match des Dragons au Stade de la Mousson, avec en plus le train pour y aller à 1€. Ah la la… il ne sait plus quoi inventer pour nous spolier et nous détourner du sud ! La seule raison qui pourrait le pousser à soutenir la gare de Ribesaltes serait une nouvelle fois pour s’opposer à JP Alduy.

Et les autres ? bin quels autres ? Y’a d’autres personnalités politiques qui comptent ici ?

Le nouveau SCOT au nord se lance

Je l’annonçais dans ce blog le 3 avril. Les difficultés de coordination au sein du SCOT Plaine du Roussillon ont provoqué la création d’un nouveau SCOT au nord. Cela est possible car la communauté de commune Salanque-Méditerranée peut créer son propre schéma territorial. Alors c’est parti..

De là à imaginer que tous ceux de la zone qui ont des problèmes dans Plaine du Roussillon rejoignent ce nouveau SCOT, il n’y a qu’un pas. Et tant qu’on y est, pourquoi ne pas imaginer la sortie de Ribesaltes de l’Agglo pour intégrer la CC Salanque-Méd. ?

Autant en emporte le… préfet

Alors voilà, après les consultations et avis défavorables de nombreuses entités dont certaines représentant le peuple lui-même (Meteo France, l’INAO, la DGAC (qui sont des services de l’Etat), les municipalités de Corneilla et de Baho, l’association Bien Vivre à Baho, l’association FRACAS…), le préfet vient malgré tout d’accorder le permis pour la création de “l’écoparc catalan”. Au départ il devait y avoir 41 éoliennes. Dans une logique imparable, le préfet a pris en considération l’avis défavorable de Météo France mais qui n’avait plus lieu d’être car les éoliennes employées par le grand groupe EDF seraient à impact réduit sur les ondes. Par la même logique, il a supprimé 6 éoliennes du projet et s’est dit que voilà, c’est bon, il n’y a plus lieu de râler pour ces empêcheurs de faire du fric (car il s’agit bien de ça pour EDF Energies Nouvelles).

Gilles Foxonet, Maire de Baixàs et -comme tous les maires de l’agglo- vice-président de PMCA, déclarait en tant que délégué EnR au sujet de l’opposition au projet le 6 avril à l’indép : “Je répondrai simplement que ces éoliennes sont implantées dans la zone de développement éolien (ZDE), ce qui signifie que tout a été étudié avec les services de l’Etat. L’association soulève le problème paysager sur Força Réal, c’est un fait. Mais l’essentiel est de ne pas oublier les atouts dont disposent les P.-O., à savoir le vent et le soleil. Ce sont aujourd’hui des atouts qu’il faut mettre à profit.

Evidemment, c’est dans une ZDE. Pour autant doit-on accepter que cette ZDE existe et aille à son terme quand cela dénature nos paysages ? Nous nous sommes énormément mobilisés contre une ligne THT et maintenant on nous met 35 éoliennes. Nul ne conteste qu’il faille “mettre à profit” (peut-être faudrait-il trouver d’autres termes) le soleil et le vent. Pas seulement, même. Nous avons tout pour le développement durable et pour l’autonomie énergétique. Mais avant de dénaturer nos paysages, ne faudrait-il pas commencer par généraliser la production intégrée ? Des éoliennes horizontales et individuelles -donc intégrées- existent. Nous devrions, nous -département de pointe sur la recherche énergies renouvelables si nous nous en donions les moyens- axer toute notre politique de développement économique et énergétique sur l’implantation intégrée et la recherche pour l’efficience des outils de productions afin de devenir un territoire modèle. Si chacun d’entre nous avions un panneau solaire pour l’eau, un photovoltaique et une petite éolienne (intégrée) pour ceux qui ont des villas, nous serions un territoire à énergie positve ! Pas besoin d’EDF et de dénaturer Força Real.

L’objectif de départ de Jean-Paul Alduy de faire de PMCA la première agglo à énergie positive est très bien. Mais la manière est apparemment à revoir…

Vers un nouveau SCOT au nord…

Le Schéma de COhérence Territoriale définit, en concertation entre les communes concernées, les orientations générales pour des zones prédéterminées. Par exemple, une zone commerciale se voit attribuer un qualificatif qui en déterminera le rayon d’action et donc les possibilités d’emprise, d’agrandissement, etc…

Le plus important en Catalogne Nord est le SCOT plaine du Roussillon qui couvre 83 communes, soit env. 342 000 habitants ! Seulement voilà, avec l’Agglo (PMCA), Perpignan est une voix décisive, notamment en CDAC (commission départementale d’aménagement commercial). Alors bientôt le SCOT fera foi et les orientations décidées engendreront un “accord d’office” pour les projets correspondants. C’est dire si demain ce schéma sera important.

Mais là où ça se gâte, c’est quand la zone commerciale nord (Clairà-Ribesaltes) commence à ambitionner une extension… directement concurrente avec Perpignan Sud. Il en va de même avec la gare TGV (celle sur le tracé, pas la gare en ville). Nous sommes le seul département de la région à ne pas avoir de nouvelle gare prévue sur le tracé du TGV Perpinyà-Nimes. Le projet de halte nous permettrait d’espérer un développement du même type que Valence depuis la création de Valence-TGV (une simple halte mais qui a énormément développé la ville car quasiment tous les TGV s’y arrêtent).

Evidemment, que ce soit pour l’extension de la zone nord ou la nouvelle gare : opposition de Perpinyà et PMCA. Chacun appréciera s’ils ont raison ou tord… mais personnellement je me pose la question de savoir à quoi servent les éléments de coordination de projets que sont le SCOT et l’agglo si chaque programme est perçu comme concurrent de l’autre.

Alors il y en a un qui semble bien se lasser de cette rivalité permanente, c’est José Puig (maire de Cairà et conseiller général mais surtout président de la CC Salanque-Méditerranée). Il a la possibilité de faire son propre SCOT. Il serait alors libre de décider car il serait majoritaire -vu le peu de communes qui le suivraient dans un premier temps- mais il ferait sûrement des envieux chez leurs proches et quelque peu puissants voisins : Ribesaltes. En effet, ces deux communes se sont toujours opposées pour des raisons politiciennes au point qu’on a vu un développement assez ridicule de la zone commerciale qu’ils partagent pourtant étroitement (lampadaires et aménagements paysagers importants d’un côté, Carrefour en murraille et accès routier difficile de l’autre).

Il n’est donc pas impossible que dans cette ambiance de guerre de sécession Nord-Sud, le Nord finisse par s’unir et dise au revoir au SCOT Plaine du Roussillon…