Table ronde LGBT

Aujourd’hui a lieu une table ronde organisée par l’association LGBT66 (lesbiennes, gays, bi, trans). Pour cet événement, l’organisation a convié tous les partis, dont évidemment Unitat Catalana. Je ne peux malheureusement m’y rendre, je m’y fais donc représenter. Seront également présents de nombreux médias et associations. Afin de préparer les interventions, LGBT66 a transmis les questions aux participants. Cela permettra également de publier des réponses écrites plutôt qu’une retranscription du débat qui, c’est vrai, peut parfois être maladroite.

Voici donc les questions et mes réponses :

Table ronde avec les Partis Politiques des Pyrénées-Orientales
sur l’égalité des Droits des personnes LGBT
Samedi 14 avril 2012 de 15 h à 17 h.
Villa DUFLOT

Réponse de Brice Lafontaine, Secrétaire Général d’Unitat Catalana.

Je considère qu’il faut en finir avec “l’anormalité” dans laquelle se trouvent en permanence les LGBT. La Déclaration des Droits de l’Homme établit que “tous les hommes naissent libres et égaux en droits”. D’autre part, selon la Constitution, il ne peut y avoir de distinction entre humains. Et pourtant de nos jours cette distinction existe bel et bien en fonction de ce qui est vulgairement appelé l’orientation sexuelle. Nombreux sont celles et ceux qui pensent que cette “orientation” est un choix ou même un loisir, comme nous l’avons encore entendu il y a peu de la part d’un député (peut-être se livre-t’il lui-même à ce genre de “loisirs”…).
D’ailleurs, lorsqu’un mariage homosexuel a été célébré en Catalogne Nord (à Cabestany), j’ai soutenu l’initiative publiquement (lien vers l’article publié sur mon blog). Il me semble d’ailleurs avoir été le seul représentant politique à l’avoir fait.
Il y a eu un temps pour la normalité des gens de couleur, un temps pour les femmes, aujourd’hui est venu le temps d’abolir la distinction de sexualité.

1. Êtes vous favorables à une union civile entre personnes de même sexe et ouvrant les mêmes droits que le mariage (transmission de patrimoine, des acquis, des retraites et pensions..)? L’appelleriez-vous mariage ? Si non quel nom vous semble le plus approprié ?
Oui bien sûr. Je réfute l’attribution d’un autre terme que pour les hétérosexuels car cela reviendrait à octroyer des droits aux homo tout en les considérant toujours comme “anormaux”. Je pars du principe que nous sommes tous pareil. Le mariage est une union reconnue par la loi qui ouvre des droits mais oblige aussi à certains devoirs. Etant un terme légal et dans cette même logique de normalité, je considère que le terme mariage doit s’appliquer à tout le monde.

2. Quelles est votre position concernant l’adoption par les couples de même sexe ? Pour quelles raisons ? L’adoption par des personnes célibataires ne discrimine pas l’orientation sexuelle mais la réalité des adoptions oui. Quelle solution envisager vous pour combler ce déni de droit ?
Ceux qui pensent qu’en refusant d’accorder l’adoption aux homosexuels on empêche ces couples d’être parents se trompent totalement. Outre les femmes qui peuvent se faire inséminer, il y a également des accords entre homo pour avoir des enfants, ceux qui en avaient avant d’être en couple homo, ceux qui adoptent officiellement célibataires mais qui vivent en réalité avec quelqu’un, … Il y a donc diverses possibilités aujourd’hui pour les homosexuels d’avoir des enfants mais toujours dans la contrainte légale. Le problème se pose surtout pour la reconnaissance et les conséquences de cette reconnaissances dans la vie et, malheureusement, après la vie. Actuellement, le beau-parent non reconnu se retrouve dans un véritable enfer lorsque le père ou la mère “officiel-le” décède. Il en va de même pour les démarches administratives courantes ou le suivi scolaire et médical. Or, peut-on dire que ce beau-parent est moins parent qu’un autre ?
Il faut donc légaliser l’adoption pour les couples homosexuels. Ce n’est que la reconnaissance de ce qui existe déjà mais cela soulagera énormément de familles et, j’en suis sûr, libérera un peu plus les esprits de ce conservatisme d’un autre siècle.

3. Souhaitez-vous instaurer un statut du « beau-parent », avec obtention d’une partie de l’autorité parentale, pour tous les couples, y compris les couples de même sexe opposable à des tiers ?
Suivant ma réponse précédente, il est évident que pour moi un couple homo doit avoir les mêmes droits que les hétéro. Il est donc normal que la famille ainsi constituée ait le même nom, statut, droit et devoir que les autres familles.

4. Soutiendrez-vous la proposition d’enrichir l’article 1 de la Constitution sur l’égalité en rajoutant “sans distinction de sexe, d’orientation sexuelle, d’identité de genre, d’état de santé ou de handicap ” pour être en adéquation avec l’esprit des droits de l’homme de 1789 et la convention européenne ?
Bien sur. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi ce n’est pas déjà le cas. Nous sommes tout de même en 2012. Il serait temps.

5. Envisagez-vous de faciliter le changement d’état civil pour les personnes trans afin de permettre leur changement d’identité civile en accord avec leur identité de genre ? Actuellement sur le territoire français l’appréciation des juges est variable et ne permet pas à toutes et tous d’accéder dans les même délais à leur nouvelle identité.
Le processus de changement de genre est très difficile et s’accompagne de nombreuses complications familiales et professionnelles, mais aussi médicales et financières. Je pense que ce changement important doit être particulièrement accompagné pendant les années qui y sont nécessaires mais pas seulement pour le changement physique. L’étape civile devrait faire partie intégrante du processus médical. Quand quelqu’un accouche, l’Etat Civil est associé avec une déclaration et une reconnaissance. Les accompagnant médicaux sont là pour répondre aux questions de cet ordre. Il me semble évident que pour un changement de genre, les organismes de santé soient associés à l’Etat Civil et, après accord médical sur la finalité du changement (qui peut prendre la forme d’une attestation médicale physique et psychologique), que le patient / la patiente ait un dossier simplifié à transmettre à l’Etat Civil.

6. Soutenez-vous l’inscription, dans la loi, de la pénalisation des propos transphobes, au même titre que les propos homophobes, racistes ou antisémites ?
Mon engagement politique vient de la négation de mon identité catalane par la France. De nos jours, un scandale persiste : on de considère pas comme propos raciste une insulte faite aux catalans. Ce scandale se retrouve effectivement dans cet “oubli” juridique. Il est évident que les propos transphobes sont à condamner au même titre que les autres. S’il est nécessaire de faire une loi en ce sens, alors faisons-la.

7. Au vu des divorces, recompositions familiales, parents isolés…, quel regard portez-vous sur la notion de famille au XXIème siècle quelle soient composée d’hétéro, de gays, de lesbiennes ou trans avec des enfants issus des 2 ou d’un(e) seul(e) parent(e), que les enfants aient été conçus par des méthodes traditionnelles ou pas, ou adoptés ? Seriez-vous favorable à la reconnaissance d’une “unité d’éducation” vocable plus ouvert que le propre mot famille ? Cette même « unité d’éducation » pouvant être aussi une unité fiscale.
De la même manière que je suis contre la création d’un terme empêchant la normalité du mariage homosexuel, je suis contre ce terme “d’unité d’éducation”. Cela voudrait dire que les familles avec parents hétéro seraient normales bien que majoritairement recomposées voire monoparentales et les autres auraient un autre titre ? Donc une mère et un beau-père seraient des parents normaux puisqu’ils constitueraient une famille mais deux pères qui auraient élevé les enfants depuis leur naissance, seraient une “unité d’éducation” ? Je refuse totalement cela. Sinon pourquoi ne pas donner un autre terme aux couples faits d’un asiatique et un européen ? Ce serait du racisme. On est d’accord. Donc ne donnons pas un autre terme à une famille, quelle qu’en soit sa composition, tant qu’il s’agit de famille.
Et n’oublions pas que dans une famille, ce qui compte, ce n’est pas la sexualité ou la couleur que l’on a, mais l’amour que nous nous portons et les engagements qui en découlent.



Casament gai / Mariage gay à Cabestany

CAT :
El senyor Vila, alcalde de Cabestany (Rosselló) celebrarà un casament entre dues persones del mateix sexe al més de setembre.
Com a secretari general d’Unitat Catalana, únic partit polític Nord-Català, ni de dreta, ni d’esquerra, però defensor de valors catalanes, vull aportar tot el meu suport a aquesta iniciativa.
Catalunya sempre ha estat una terra tolerant, d’amor i de respecte de l’altre. Em demano com es pot encara avui dia prohibir el matrimoni entre dues persones de mateix sexe en el país autoproclamat dels “Drets Humans” mentre que està legalitzat a Estats molt catòlics com Espanya i Portugal. Vull recordar l’inici d’aquesta declaració : “Tots els éssers humans neixen lliures i iguals en dignitat i en drets”.
No hem de fer distinció entre els gèneres com tampoc no ho hem de fer per la orientació sexual. Recordo que la orientació sexual no és una tria – al contrari del que s’ha dit al llarg dels recents debats al parlament francès- i que el matrimoni civil és un contracte dissociat de la religió. En aquest marc, és incomprensible pronunciar-se en contra de l’aplicació de drets per a tota la societat sense distinció.
Felicito el senyor Vila per aquesta iniciativa que, ho desitjo, farà encara un poc avançar el debat que no hauria d’existir. Espero que altres unions similars estaran realitzades en País Català.
Aprofito l’ocasió per a dir la meva voluntat de posar a l’ordre del dia de la més propera assemblea d’Unitat Catalana una moció de suport al matrimoni homosexual.

FR :
Monsieur Jean VILA, Maire de Cabestany va célébrer un mariage entre deux personnes du même sexe en septembre.
En tant que secrétaire général d’Unitat Catalana, unique parti politique Nord Catalan, ni de droite, ni de gauche, mais défenseur des valeurs Catalanes, je tiens à apporter tout mon soutien à cette initiative.
La Catalogne a toujours été une terre de tolérance, d’amour et de respect d’autrui. J’espère que d’autres unions similaires seront réalisées en pays catalan, et m’interroge sur l’interdiction du mariage homosexuel en France, « pays des Droits de l’Homme », alors qu’il est légalisé dans de nombreux Etats, parmi lesquels les très catholiques Espagne et Portugal. Je tiens à rappeler le début de cette déclaration : “Tous les hommes naissent libres et égaux”.
Il ne faut pas plus faire de distinction de genre que de distinction d’orientation sexuelle. Je rappelle que l’orientation sexuelle n’est pas un choix -contrairement à ce que l’on a pu entendre lors des récents débats- et que le mariage civil est un contrat dissocié de la religion. Dans ce cadre il est alors incompréhensible de se prononcer contre l’application de droits pour toute la société sans distinction.
Je félicite monsieur Vila pour cette initiative qui, je l’espère, fera encore un peu avancer ce débat qui ne devrait pourtant pas exister.
Je profite de l’occasion pour faire part de ma volonté de mettre à l’ordre du jour de la plus prochaine assemblée d’Unitat Catalana une motion de soutien au mariage homosexuel.