Les mots que JM Pujol ne veut pas entendre suite à l’éviction d’Isabelle de Noell

J’avais préparé cette intervention pour le conseil municipal de ce jour, suite au retrait de délégations qu’a subi Isabelle de Noell Marchesan par le maire. Celui-ci en a refusé la lecture (et ce, en contradiction avec les règles élémentaires de démocratie et de débats en conseil municipal). J’ai donc décidé de la rendre public sous une autre forme. 

Monsieur le maire, 

Il y a tout juste un an et demi, vous décidiez une première rupture dans l’équipe suite à mon engagement pour une élection qui pourtant ne concernait pas la municipalité et n’allait à l’encontre d’aucun de nos accords. Une rupture purement politicienne qui ne trouvait pas de fondement dans mon activité municipale puisque jamais aucun doute n’a été émis sur mon implication. S’en sont suivi des tensions que vous pensiez pourtant calmer par vos décisions. Que ce soit lors des législatives ou des sénatoriales, rien n’a permis d’améliorer l’ambiance et la cohésion de l’équipe, désormais devenus délétères. 
Aujourd’hui la situation, sans être identique, est semblable. Vous excluez une personne dont nul ne nie l’engagement auprès des perpignanais, ni la qualité. Implantée dans le Moulin à Vent, Isabelle de Noell a fourni un travail que vous avez toujours loué et avec raison. 
Vous lui avez retiré ses délégations au seul motif qu’elle a refusé de se démarquer de toute autre candidature que la vôtre. 
Cela ne peut que me rappeler cette réunion à laquelle plusieurs adjoints participaient et lors de laquelle vous m’aviez demandé la même chose. Vous me disiez à l’époque que si je me démarquais publiquement d’Emmanuel Macron, vous me laisseriez mes délégations. Refusant qu’on me contraigne, j’étais resté cohérent et vous également. Emmanuel Macron l’a emporté notamment sur Perpignan. 
Le parallèle est tentant. 
Vous demandiez à Isabelle de Noell de prendre ses distances avec Romain Grau. Refusant qu’on la contraigne, elle est restée cohérente et vous également… 
Les municipales de 2020 nous diront si le parallèle s’arrête là ou si la suite est la même. Vous auriez pu vous poser en rassembleur. Vous préférez exclure. En 2017, maintenant en 2018… que nous réserve 2019 ? Peut-être l’exclusion des marcheurs qu’il reste dans votre majorité ? 
Mais je ne souhaite pas m’éterniser sur ce genre de détails, dont vous nierez une partie alors que l’équipe connaît la vérité. Ce qui m’inquiète, c’est justement l’équipe. De nombreuses personnes de valeurs, convaincues qu’elles sont là pour accomplir une mission d’amélioration de la vie de nos concitoyens. Or, le premier engagement que vous leur demandez est d’être d’accord avec vous tant sur les élections nationales que sur les locales à venir et ce, même si vous n’êtes pas officiellement candidat. Une préoccupation permanente apparemment alors que nous sommes à plus d’un an encore de l’échéance. Quand la préoccupation des perpignanais est le bien vivre, vous répondez par des décisions politiciennes. Regardez vos élus. Rendez-vous compte que beaucoup d’entre eux ont quelque chose à dire. Ils ont des propositions à faire. Mais seuls quelques uns ont la possibilité de vous parler. Vous ne gratifiez pas forcément les bonnes personnes, ni ne sanctionnez celles qu’il faudrait. 
Je profite donc de cette intervention pour remercier les collègues, élus de toutes tendances. Vous qui êtes là pour le bien commun et non pour des jeux d’appareil ou pour courir après les élections. Vous qui aimeriez tellement avoir un mandat apaisé et des relations sereines pour mener une politique commune. Vous qui avez tant de choses à dire mais que vous devez garder pour vous soit parce que vous n’êtes pas consultés, soit parce qu’on ne vous permettrait pas d’exprimer une voix dissonante. Vous dont les compétences sont toujours méconnues du maire, des années après votre élection. Je vous félicite de tenir le coup et vous remercie du soutien dont vous m’avez fait part. Isabelle mérite tout autant votre empathie et les perpignanais ont besoin d’élus de conviction. Quand on me demandait pourquoi je restais dans la majorité, je répondais que j’étais toujours plus utile que dans l’opposition. Quand on me demande comment je tiens en politique, je mets de coté ma modestie et je réponds que si on laisse les mauvais entre eux, alors tout est perdu. Ces dilemmes, vous les vivez régulièrement. Isabelle a tenu bon dans ses convictions. Qu’on les partage ou pas, son honnêteté et sa droiture l’honorent. 
Avec des parcours différents, vous avez maintenant trois élus d’opposition qui ont pour point commun d’oser. Oser penser différemment, mais aussi oser s’exprimer, revendiquer, agir, … et oser s’affirmer. 
Comme l’a dit Mark Brinton : 
« La valeur d’un homme ne se mesure pas à son statut. Sa valeur se mesure à sa personnalité, sa sagesse, son courage, son indépendance ». 

L’attentisme perpignanais face au volontarisme figuerenc

La municipalité de Perpignan semble s’émouvoir de la mise en place de bus pour amener des résidents locaux à Figueres. Cette démarche de la ville du musée Dalí est pourtant logique au regard du volontarisme de leur équipe municipale menée par Marta Felip, au contraire de l’attentisme perpignanais.

Interrogé en sa qualité de conseiller municipal délégué au tourisme, Pierre Barbé dit son mécontentement. Et pourtant…
D’une part, j’avais proposé en début de mandat que nous mettions en place des rotations entre Girona, Figueres et Perpignan. Le courroux de l’élu, alors président de l’office de tourisme, contre un tel projet de relations transfrontalières avait amené le maire à arbitrer (ils diront que ce n’est pas vrai mais heureusement j’ai les mails…). Avant même de pouvoir déposer un dossier chiffré ou même de travailler sur les intentions de chacun, Jean-Marc Pujol avait tranché : c’était hors de question. Aujourd’hui nous voyons le résultat. Les sud-catalans sont actifs dans leur politique de développement quand nous avons des élus qui se refusent à entreprendre toute politique de développement transfrontalier.
D’autre part, cette situation est révélatrice pour le grand public du fait que l’édile Perpignanais tourne de plus en plus de dos à la Catalogne Sud. Plus aucun projet, plus aucun contact, même avec la proche ville de Figueres ! Quand ces dernières années, la maire de Figueres ou celle de Girona pour ne parler que des plus proches, n’hésitaient pas à me contacter pour des projets, aujourd’hui que je ne suis plus en responsabilités il n’y a plus aucun contact entre la mairie de Perpignan et les communes sud-catalanes. Il n’y a d’ailleurs plus d’élu en charge de ce thème.
Les commerçants perpignanais peuvent se sentir floués par le maire, effectivement. Il a beau dire qu’il ne savait pas. Non seulement il a eu ma proposition qui aurait permis un échange de chalands, mais en plus et surtout, s’il ne sait plus grand chose de la Catalogne Sud que ce que lui enseigne la presse (nationale car pour lui la locale ne serait pas au niveau) c’est bien parce qu’il méprise tout ce qui est catalan.

Lettre ouverte au maire concernant le soutien aux zones économiques par rapport au centre ville

Courrier communiqué à la presse et rendu public via mon blog

Monsieur le maire-président, 

Dans l’Indépendant d’hier 5 juillet, vous faites état d’un grand succès des zones économiques et nous ne pouvons qu’en être heureux. Les principales citées sont Torremila et TechnoSud. Cette dernière notamment a connu un essor important sous votre impulsion avec la fin de sa spécialisation. Nous avons ainsi pu constater que de nombreuses sociétés implantées en cœur de ville ou sur d’autres communes du département se sont regroupées sur ce nouvel espace, profitant de l’effet d’aubaine que vous créiez avec des prix de terrains 5 à 10 fois inférieurs au prix du marché. 

Pour mieux comprendre l’ampleur de ces effets, je vous prie de bien vouloir me faire parvenir et rendre public le nombre d’entreprises domiciliés sur ces zones en fonction de 4 critères : celles qui ont déménagé de Perpignan, celles qui étaient sur la communauté urbaine, celles qui étaient sur le département, et enfin, celles qui venaient de l’extérieur ou sont des créations réelles (les regroupements comme les cliniques étant le résultat d’un déménagement de plusieurs professionnels et non pas d’une création). 

De plus, je m’interroge sur votre seule politique de soutien aux entreprises se localisant en zones économiques périphériques. Si pour les grandes emprises foncières cela semble indispensable, la question du manque de financement municipal et communautaire (hors aides de l’État) pour les entreprises s’installant en cœur de ville me laisse perplexe. C’est pourquoi je vous prie également de me faire parvenir et de rendre public la valorisation moyenne de l’aide aux entreprises sur les zones économiques (incluant donc la sous-évaluation des terrains) et la comparaison avec les aides municipales et communautaires sur l’installation d’entreprises en ville. 

Avec mes sincères respects, 

Brice Lafontaine

Elu municipal d’opposition

«Parking gratuit» à Perpignan et revitalisation du centre ville : refus du maire JM Pujol

(pétition en fin d’article)

Ce lundi 25 juin, lors de la session du conseil communautaire, nous aurons une présentation des nouveautés à venir en terme de transports en commun. Pas de révolution mais quelques changements d’importance que le vice-président Mach a bien voulu me présenter en avant-première, au regard de mon implication particulière sur le sujet.

S’il est un changement qui n’y figure pas et qui aurait pourtant mérité une place de choix, c’est la création d’une navette gratuite entre le parking du parc des expo et le centre-ville. Ça fait partie des demandes à répétition que j’ai pu formuler depuis 2014 et notre élection municipale. Le maire et président de Perpignan Méditerranée s’y refuse*.

Au regard de la demande, le vice-président a fait étudier cette idée. Pour être efficace, il faudrait un bus toutes les 10min (soit maximum 9min d’attente) ce qui couterait entre 200.000€ (avec diminution de la fréquence en heures creuses) et 480.000€ pour maintenir une haute fréquence, gage de réussite. D’une part, je vous renvoie à ce post où j’explique que la ville de Perpignan a les moyens (et oui !) d’autant que cette année les finances se sont encore améliorées. D’autre part, on ne peut qu’imaginer les retombées importantes pour le centre ville avec une vraie revitalisation puisque nous n’aurions plus à nous soucier du parking, le palais des expo étant à 5min en transports (soit un temps inférieur à celui nécessaire pour traverser n’importe quelle grande surface commerciale).

Encore une grosse erreur du maire qui s’ajoute à son refus de mettre en place une tolérance de 5 à 10min avant verbalisation sur les parkings de surface, demande que j’ai faite avec insistance (lors des conseils municipaux et dans ce post) alors qu’il déléguait la gestion à un privé. Après ce gros cafouillage de délégation qui fait perdre des clients au centre-ville, la moindre des choses serait que l’argent qu’on en tire (1,5 million d’euros par an) soit partiellement utilisé au stationnement et déplacement doux.

Voici donc une consultation pour que le maire prenne enfin l’avenir du centre ville à bras le corps et engage cet investissement tout à fait supportable par les perpignanais sans hausse d’impôts. Pétition d’ores et déjà disponible sur internet (mesopinions.com) :

Perpignan : pour la création d’une navette gratuite du parc des expos au centre ville.

https://www.mesopinions.com/petition/politique/perpignan-creation-navette-gratuite-parc-expo/44864

Toute association et groupement sont bienvenus dans cette démarche.

L’association Alternatives, En Marche 66, #Agissons et Perpignan Equilibre soutiennent cette démarche.

*les transports en commun sont de la compétence de la communauté urbaine mais sous certaines conditions -notamment de service spécifique- peuvent être payées par les communes, comme à Canet ou à Pollestres. 

 

Brice LAFONTAINE

Elu municipal et communautaire à Perpignan 

 

La LGV Perpignan-Montpellier chaque jour plus à la traine

L’Indep d’aujourd’hui publie un article sur la réunion à laquelle ont participé notamment la présidente de région Carole Delga et le maire de Toulouse JL Moudenc afin de travailler à la réalisation des lignes à grande vitesse de la “région Occitanie”.
Comme on peut le constater, ni le maire de Perpignan ni aucun élu “catalan” n’était présent. La conséquence est logique : la ligne Bordeaux-Toulouse sera privilégiée sur Montpellier-Perpignan.

Certains diront que les villes sont plus importantes et qu’en terme de choix budgétaire, c’est logique. Et pourtant pas du tout.

Tout d’abord, notre ligne vers Montpellier est d’intérêt européen et à ce titre peut prétendre à un cofinancement important -argument qu’aucun élu n’a jamais mis en avant. Ensuite, pour ce qui est de la rentabilité de la ligne, il n’est plus à établir que la nôtre sert à toute la péninsule ibérique et à ce titre serait particulièrement fréquentée. Encore faut-il supprimer les temps d’arrêt exagérés que nous avons actuellement et augmenter la vitesse.

Il serait déjà intéressant que nos élus travaillent à la réalisation d’une première tranche avec une gare entre Narbonne et Beziers. Nous aurions alors à partir de Perpignan (mais les trains viennent souvent de Madrid et Barcelone) une voie à vitesse réduite sur environ 80km, puis un arrêt à cette nouvelle gare, et dès lors une connexion à grande vitesse.
Mais pour ça il faut voir plus loin que le bout de son nez et arrêter d’aller défendre une LGV perpignanaise quand il s’agit d’une LGV européenne. Bon, encore faut-il se bouger et aller défendre la ligne…

Nicolas Mas, tout un symbole… de la spoliation Montpellieraine

Nicolas Mas est, d’après les spécialistes, un des meilleurs joueurs de rugby à XV au monde. Nous avons de la chance, c’est un “enfant du pays”, catalan et fier de porter nos couleurs dans le club phare : l’USAP.
Or, voilà que son transfert vient d’être annoncé… vers la capitale régionale. Loin d’être anecdotique, ce transfert révèle ce que Frêche souhaitait de tout son coeur : la fin de l’USAP au profit du MHRC, club de rugby de Montpellier. Georges Frêche avait certes une opinion que nous ne pouvons que combattre, mais il avait au moins le courage de l’afficher. Aujourd’hui, son successeur Ch. Bourquin applique la même politique mais n’en dit pas autant. Normal me direz-vous, il a fondé sa carrière politique sur la Catalogne Nord, pardon, les Pyrénées-Orientales (puisqu’il nie la catalanité comme identité et ne la reconnaît que comme un accent).
Alors nous nous trouvons dans une région artificielle où tout est fait pour la capitale imposée. Nous n’avons aucun lien culturel avec Montpellier alors ils sont inventés. Un temps Septimanie (soutenu par le féodé Bourquin) maintenant c’est Sud de France. Et comme des subventions et autres financements sont à la clé, forcément les agriculteurs s’y mettent, mais aussi les stations de ski, les producteurs de vin, l’aéroport, … Une somme folle est dépensée dans cette marque qui ne nous représente pas et au final ne nous sert pas.
Récemment, Louis Aliot, responsable national du FN, a annoncé publiquement son soutien à cette politique centralisatrice, considérant que cela évitait, comme le souhaite Bourquin, un rapprochement avec la Catalogne Sud.
Alors les voilà unis, le jacobin dit de gauche et le centralisateur extrémiste. Unis pour une chose : continuer à donner plus à Montpellier qu’à Perpignan alors que depuis 1982 (création effective de la région) cela nous fait tous les jours couler un peu plus…
Nicolas Mas qui part pour un plus gros salaire  “chez l’ennemi” c’est mauvais pour nous. Mais en réalité, il n’est qu’un symbole de ce qui se passe depuis 30 ans maintenant : l’anéantissement de Perpignan pour Montpellier.
Bravo Georges (Frêche), tu n’auras pas vu ton rêve se réaliser de ton vivant, mais ton successeur est bien là pour achever le travail.