J-M Pujol, l’opportunité du gilet jaune, tout et son contraire

Nous savions que les plus grands politiciens avaient pour habitude de tout récupérer, mais là on a atteint le fond avec Jean-Marc Pujol qui soutient les gilets jaunes. 

Vous me direz peut-être « et pourquoi pas ? ». Et bien voici pourquoi je pense qu’il se moque bien des gens à des fins politiciennes : 

Tout d’abord, son positionnement politique est devenu illisible. Il a exclu les macronistes de son équipe, puis a clamé l’union (autour de lui évidemment) car lui seul serait capable d’unir macronistes et toute la droite, et maintenant il se met contre le gouvernement En Marche. Comment retourne-t-il sa veste aussi facilement ? De la même manière que BFM choisit ses sujet : en fonction des sondages. 

Ensuite sur le fond : parmi les revendications les plus importantes des gilets jaunes, nous noterons la justice fiscale (difficile à définir mais globalement disons que la baisse d’impôts et taxes surtout pour les classes moyennes y répond) ainsi que la hausse du pouvoir d’achat. Les deux étant liés évidemment car si on baisse les prélèvements, on augmente le revenu disponible. Alors pourquoi pas Jean-Marc Pujol ? Et bien tout simplement parce qu’il s’est engagé en début de mandat à ne pas augmenter les impôts ni à la mairie, ni à la communauté urbaine. Bon, il avait aussi dit qu’il n’en serait pas président… nous savons que cette promesse n’a pas tenu deux jours. Pour revenir au détail de ses promesses, nous noterons qu’effectivement il n’a pas augmenté les impôts à la mairie de Perpignan. Mais il les a bien augmentés à la communauté urbaine ! Création de la taxe GEMAPI, hausse de la Contribution Foncière des Entreprises, hausse de la Taxe Foncière, hausse du prélèvement transports, … Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’a pas tenu cette promesse de maintient des prélèvements. 

Alors le voir maintenant affublé d’un gilet jaune au milieu de manifestants dupés, c’est quand même pour le moins ironique. Le tout en disant qu’il est proche du peuple et qu’il le comprend, juste avant de faire voter une nouvelle hausse des indemnités de ses élus… 

Les mots que JM Pujol ne veut pas entendre suite à l’éviction d’Isabelle de Noell

J’avais préparé cette intervention pour le conseil municipal de ce jour, suite au retrait de délégations qu’a subi Isabelle de Noell Marchesan par le maire. Celui-ci en a refusé la lecture (et ce, en contradiction avec les règles élémentaires de démocratie et de débats en conseil municipal). J’ai donc décidé de la rendre public sous une autre forme. 

Monsieur le maire, 

Il y a tout juste un an et demi, vous décidiez une première rupture dans l’équipe suite à mon engagement pour une élection qui pourtant ne concernait pas la municipalité et n’allait à l’encontre d’aucun de nos accords. Une rupture purement politicienne qui ne trouvait pas de fondement dans mon activité municipale puisque jamais aucun doute n’a été émis sur mon implication. S’en sont suivi des tensions que vous pensiez pourtant calmer par vos décisions. Que ce soit lors des législatives ou des sénatoriales, rien n’a permis d’améliorer l’ambiance et la cohésion de l’équipe, désormais devenus délétères. 
Aujourd’hui la situation, sans être identique, est semblable. Vous excluez une personne dont nul ne nie l’engagement auprès des perpignanais, ni la qualité. Implantée dans le Moulin à Vent, Isabelle de Noell a fourni un travail que vous avez toujours loué et avec raison. 
Vous lui avez retiré ses délégations au seul motif qu’elle a refusé de se démarquer de toute autre candidature que la vôtre. 
Cela ne peut que me rappeler cette réunion à laquelle plusieurs adjoints participaient et lors de laquelle vous m’aviez demandé la même chose. Vous me disiez à l’époque que si je me démarquais publiquement d’Emmanuel Macron, vous me laisseriez mes délégations. Refusant qu’on me contraigne, j’étais resté cohérent et vous également. Emmanuel Macron l’a emporté notamment sur Perpignan. 
Le parallèle est tentant. 
Vous demandiez à Isabelle de Noell de prendre ses distances avec Romain Grau. Refusant qu’on la contraigne, elle est restée cohérente et vous également… 
Les municipales de 2020 nous diront si le parallèle s’arrête là ou si la suite est la même. Vous auriez pu vous poser en rassembleur. Vous préférez exclure. En 2017, maintenant en 2018… que nous réserve 2019 ? Peut-être l’exclusion des marcheurs qu’il reste dans votre majorité ? 
Mais je ne souhaite pas m’éterniser sur ce genre de détails, dont vous nierez une partie alors que l’équipe connaît la vérité. Ce qui m’inquiète, c’est justement l’équipe. De nombreuses personnes de valeurs, convaincues qu’elles sont là pour accomplir une mission d’amélioration de la vie de nos concitoyens. Or, le premier engagement que vous leur demandez est d’être d’accord avec vous tant sur les élections nationales que sur les locales à venir et ce, même si vous n’êtes pas officiellement candidat. Une préoccupation permanente apparemment alors que nous sommes à plus d’un an encore de l’échéance. Quand la préoccupation des perpignanais est le bien vivre, vous répondez par des décisions politiciennes. Regardez vos élus. Rendez-vous compte que beaucoup d’entre eux ont quelque chose à dire. Ils ont des propositions à faire. Mais seuls quelques uns ont la possibilité de vous parler. Vous ne gratifiez pas forcément les bonnes personnes, ni ne sanctionnez celles qu’il faudrait. 
Je profite donc de cette intervention pour remercier les collègues, élus de toutes tendances. Vous qui êtes là pour le bien commun et non pour des jeux d’appareil ou pour courir après les élections. Vous qui aimeriez tellement avoir un mandat apaisé et des relations sereines pour mener une politique commune. Vous qui avez tant de choses à dire mais que vous devez garder pour vous soit parce que vous n’êtes pas consultés, soit parce qu’on ne vous permettrait pas d’exprimer une voix dissonante. Vous dont les compétences sont toujours méconnues du maire, des années après votre élection. Je vous félicite de tenir le coup et vous remercie du soutien dont vous m’avez fait part. Isabelle mérite tout autant votre empathie et les perpignanais ont besoin d’élus de conviction. Quand on me demandait pourquoi je restais dans la majorité, je répondais que j’étais toujours plus utile que dans l’opposition. Quand on me demande comment je tiens en politique, je mets de coté ma modestie et je réponds que si on laisse les mauvais entre eux, alors tout est perdu. Ces dilemmes, vous les vivez régulièrement. Isabelle a tenu bon dans ses convictions. Qu’on les partage ou pas, son honnêteté et sa droiture l’honorent. 
Avec des parcours différents, vous avez maintenant trois élus d’opposition qui ont pour point commun d’oser. Oser penser différemment, mais aussi oser s’exprimer, revendiquer, agir, … et oser s’affirmer. 
Comme l’a dit Mark Brinton : 
« La valeur d’un homme ne se mesure pas à son statut. Sa valeur se mesure à sa personnalité, sa sagesse, son courage, son indépendance ». 

Échanges avec un gilet jaune : quel choix de société ?

Sortie de rond-point, je suis arrêté par un “gilet jaune”. Une courte discussion commence.

Elle : – Vous n’avez pas de gilet jaune dans votre voiture ? 

– Si. Et ?

– Mettez-le derrière votre pare-brise 

– Je ne comprends pas vraiment vos revendications 

– On en a marre. C’est parti de la hausse des taxes sur le carburant mais maintenant on se bat pour qu’on arrête de nous prendre et qu’on nous donne plus. 

– Et comment vous faites ça ? On diminue les services publics ? 

– Non, on veut que ceux d’en haut aient moins et nous plus. Il faut que l’Etat comprenne 

– Je pense que le gouvernement a compris. En revanche je ne suis pas sûr que vous ayez compris le fonctionnement de l’Etat. 

Tout d’abord, je vais le répéter : l’Etat c’est nous tous, le peuple. Le gouvernement prend des décisions pour administrer l’Etat. Arrêtez de faire des reproches à l’Etat, c’est complètement stupide. Les reproches doivent aller au président ou au gouvernement. De plus, bloquer l’économie locale c’est aller à l’encontre de nos propres emplois. Encore plus stupide !

Peut-être que ceux qui n’ont pas compris ce sont ceux qui manifestent sans apporter de solution (et ils sont malheureusement majoritaires et empêchent qu’on entende ceux qui réfléchissent). On ne peut pas vouloir plus d’enseignants, de services hospitaliers, de pompiers, militaires, policiers, de rénovation patrimoniale, etc. et en même temps payer moins d’impôts et taxes. Certes il y a des privilégiés et il faut que les privilèges cessent. L’équation est difficile car les riches (entreprises comme privés) ont les moyens d’aller à l’étranger si la France les taxe trop. 

Alors la balance se fait entre les services que l’on souhaite et les prélèvements qu’on est prêts à avoir. Personnellement ça ne me choquerait pas que l’on paye plus les services qui sont actuellement gratuits ou presque (hospitalisation, enseignement, secours non urgent, …). Car quand on compare avec d’autres pays qui taxent moins (comme les USA ou UK mais même l’Allemagne) il faut avoir conscience qu’ils paient tout plutôt que simplement s’arrêter à leurs faibles prélèvements obligatoires. Alors sans aller dans cet extrême, peut-être sommes-nous dans l’extrême opposé, et peut-être serait-il judicieux de trouver une juste mesure. 

Mais alors, cher gilet jaune, quels services es-tu prêt à rendre payants ou plus chers pour payer moins d’impôts ? 

Les orientations que personnellement je choisirais : 

Sur les institutions : supprimer le CESE ; diminuer les émoluments des parlementaires et leur nombre (c’est déjà un projet du président Macron) mais pas de façon drastique sinon le pouvoir restera dans les mains des plus puissants ; je supprimerais la taxe sur les billets d’avion qui est stupide dans un contexte de concurrence internationale mais je taxerais le kérosène (s’ils le prennent à l’étranger ça ne changera pas grand chose) ; je ferais un audit sur tous les organismes d’Etat pour voir ceux qui sont réellement utiles et si on n’en a pas à fusionner. 

Sur les prélèvements et services : diminuer d’au moins de 50% la redevance audiovisuelle et en face non seulement remettre la publicité sur les chaînes publiques mais aussi supprimer des canaux inutiles (a-t-on besoin de services comme France Musique ? Ne peut-on pas fusionner France Info et France Culture ? Les chaînes TV publiques ne sont-elles pas trop nombreuses ? Encore un projet de la majorité LREM) mais je garderais et même développerais le réseau local en transformant France 3 en antenne vraiment locale et évidemment je renforcerais le réseau France Bleu ; je rendrais les secours non urgents payants (ex. : une entorse au match de foot = ambulance privée avec paiement d’un forfait obligatoire qui ne peut être pris en charge par les mutuelles de 20€) ; je revaloriserais les soins infirmiers sur le même principe ; je développerais les administratifs dans les commissariats pour décharger les policiers (encore un projet LREM) ; vu que l’enseignement supérieur est beaucoup moins cher (depuis la présidence Macron) j’augmenterais les frais d’inscription (ils ont diminué de 40% et beaucoup s’inscrivent juste pour le statut, nous pouvons raisonnablement les passer à +30%, soit 350€ l’année, n’allez pas dire que c’est dispendieux) et je lierais les inscription 1ère et 2ème année, de sorte à ce que ceux qui abandonnent sans motif légitime à la première année perdent le montant de la deuxième (ce qui éviterait les étudiants fantômes et ceux qui ne viennent que pour les bourses) de plus je conditionnerais les bourses à la réussite d’au moins un semestre sur deux ; je mettrais un seuil et un plafond de retraites avec par exemple un seuil à 70% du revenu médian français (pour ne laisser personne dans la pauvreté, même s’il n’a pas cotisé) et un maximum à deux fois le même montant (ceux qui veulent plus auront tout le loisir de cotiser une retraite privée) ; j’accorderais un peu plus de retraite à ceux qui ont un loyer à payer ou un crédit pour leur logement ; je supprimerais les aides pour les enfants qui ne vont pas à l’école et j’offrirais le choix de les mettre en internat ; je ferais un nouveau transfert de charges entre prélèvements sur les salaires et CSG de sorte à ce que les revenus du capital soient plus taxés et les revenus d’emploi moins (comme l’a fait le président Macron mais j’exclurais les retraites de moins de 2000€), … 

Voilà comment on doit raisonner : on veut être moins prélevé, alors il faut accepter que ce qui est gratuit devienne payant. Avec ce genre de système, nous aurions moins de prélèvements et tout le monde y gagnerait : les salaires net augmenteraient drastiquement sans rien couter aux entreprises puisque la différence entre brut et net diminuerait, la consommation serait relancée et nous pouvons parier qu’ainsi nous créerions encore des emplois. Pour autant, aurions-nous un système social défaillant ? Au contraire, nous aurions de meilleurs services. Ce serait donc faire un petit peu de libéralisme et « en même temps » du social. C’est ce qui fait qu’on soit centriste. 

Et avec tout ça je n’ai même pas parlé de la simplification administrative.

Certaines de ces orientations sont celles de la majorité LREM. Voilà pourquoi je les soutiens toujours. 

J’ai appris en politique qu’on ne pouvait pas être totalement d’accord avec les personnes qu’on soutient, mais il y a des orientations générales qui doivent nous faire penser qu’on va dans la bonne direction. Je continuerai à me battre au sein de LREM pour qu’on aille vers une réelle décentralisation, ce qui fait défaut actuellement. Mais pour le reste, si vous voulez moins de prélèvements, la seule solution est d’augmenter les coûts de certains services ou de faire des transferts de taxes (comme la CSG qui remplace les cotisations chômage).

Alors mon cher « gilet jaune » que veux-tu ? Et ton voisin gilet jaune veut-il les mêmes choses que toi ? Vous battez-vous pour la même chose ? Si tu reproches la hausse de 7cts sur le gazole, remercies-tu le gouvernement pour la suppression en 4 ans de ta taxe d’habitation, pour la baisse de 40% des frais d’inscriptions à l’université, pour la hausse des salaires nets de tous les employés du privé ?

Collectivité propre : L’Alsace l’a fait, les catalans doivent se bouger

Depuis plus de 10 ans que je suis engagé en politique j’entends dire qu’avoir une collectivité unique pour le Pays Catalan est impossible. Certes, la situation a évolué et depuis 2008 la Constitution a établit la possibilité de créer des collectivités territoriales à statut particulier. Ce qui avant requérait une disposition spéciale dans la norme suprême (comme pour la Corse) devenait un droit commun, accessible.

Aujourd’hui une réforme centralisatrice des territoires est passée par là et certains ont disparu de la carte, comme l’Alsace. C’était sans compter sur la détermination et la force des élus de tout bord, associés pour l’intérêt de leur territoire.

En un temps record, le Premier Ministre a acté la création d’une « collectivité européenne Alsace » (article France 3 ici)

Nous les catalans, précurseurs dans la volonté de créer une collectivité correspondant à notre territoire, sommes à la traine et ça ne semble émouvoir aucun de nos « hauts responsables politiques ».

La Bretagne est assez étendue pour avoir sa région et aucun gouvernement n’a osé y toucher (grâce encore à la mobilisation de ses élus). La Corse, malgré un territoire peu peuplé, a réussi à sortir de la région PACA il y a longtemps et a maintenu un statut particulier. Les basques ont maintenant leur EPCI. Même si c’est peu, c’était la meilleure solution pour avoir une administration les représentant. Et voici l’Alsace qui retrouve des compétences propres.

Nous avons maintenant tous les éléments pour avancer. Notre département pourrait tout à fait obtenir des compétences élargies et en profiter pour changer de nom. Il ne manque qu’une chose, comme souvent sur cette terre : la volonté politique.

Perpignan encore classée comme une des pires villes pour les étudiants. Quelques propositions

Un peu relevée grâce à son cadre de vie (merci la nature) et particulièrement plombée par la “vie étudiante”. Il s’agit essentiellement de l’offre culturelle et de loisirs qui est inadaptée aux jeunes. Le magasine L’Etudiant (lien ici) le valorise négativement. Seule Pointe-à-Pitre fait pire (de peu) !
Pourtant, l’UPVD c’est : une des meilleures fac de droit de France, des pôles de recherche EnR ou bilogie de haut niveau, des sections comme STAPS ou tourisme de qualité, et de nombreux autres secteurs comme l’IAE ou les langues qui fonctionnent très bien.
Attirer les étudiants c’est favoriser l’implantation d’entreprises inovantes, les investissements locaux et donc la baisse du chomage, c’est rendre dynamique un territoire et créer une spirale vertueuse.
Bon, pour ça il faut peut-etre que nos dirigeants arrêtent d’avoir une offre culturelle basée essentiellement sur des artistes du passé et qu’ils les complètent (sans les oublier pour autant) par des activités plus modernes. Le décalage entre les festivals perpignanais et ceux d’Argeles ou du Barcares démontre à lui tout seul le manque d’ambition de la capitale roussillonaise pour le public le plus dynamique.
Pour améliorer l’attractivité de la ville, je propose certaines solutions dont quasiment aucune n’est originale. L’essentiel de ces idées est mis en place dans toutes les villes étudiantes. Perpignan a “juste” encore beaucoup de retard à rattraper :
– l’augmentation de la capacité de la future salle omnisport du Vernet pour accueillir des concerts jusqu’à 10.000 personnes
– la création d’un festival annuel d’escape game avec un escape game géant dans la ville (et dans un deuxième temps sur le département). On pourrait décliner l’idée sur d’autres jeux modernes
– la mise en place ambitieuse du plan mobilité avec des pistes cyclable prioritaires
– la mise en place de la trame verte (liée au réseau de pistes cyclables) avec priorité au lien entre les parcs de Perpignan et la première couronne de sorte à ce qu’on puisse se déplacer en vélo ou à pied en continu
– l’augmentation de la fréquence des bus (la récente réforme du 3 septembre est un premier pas mais largement insuffisant)
– l’extension du service des bus les vendredi et samedi soirs avec fonctionnement toute la nuit sur le même réseau, au moins sur les lignes principales
– la création d’une carte culture municipale transfrontalière (projet que j’ai déjà proposé à la municipalité actuelle) qui donnerait accès aux centres culturels de Girona (la mairie de Girona est enthousiaste) et inversement (musées, patrimoine, bibliothèques, …)
– Etablir un cycle de conférence dans des sites de la ville et du département en association avec les différentes composantes de l’UPVD pour mettre en valeur le travail des chercheurs. Les institutions prendraient en charge la diffusion internationale, en particulier avec les villes avec lesquelles nous avons des connexions transport (TGV/avions). La diffusion scientifique dépend évidemment uniquement des scientifiques eux-mêmes
– Communiquer sur la qualité de connexion de notre territoire : nous avons une 4G de qualité (je vous assure que ce n’est pas le cas partout), la fibre presque partout sur la métropole, l’autoroute, une ligne de train importante (directs pour traverser la France entière et même jusqu’à Barcelone puis Madrid), un aéroport. Tout ça doit être mis en avant. A défaut, nous restons les pauvres du fin fond de la France qui ont tout mais n’en font rien.
Cette liste non exhaustive permettrait déjà d’attirer de nombreux étudiants. Evidemment le nombre ne fait pas la qualité. Mais pour ça, faisons confiance au président de l’université (actuel et à venir) ainsi qu’aux centres de recherche. De plus, toutes ces propositions profiteraient également à tout perpignanais et améliorerait par conséquent le cadre de vie de chacun. Mais pour ça, il faut encore une fois faire passer l’intérêt général avant les intérêts personnels de quelques uns…

J-M Pujol en soutien aux prisonniers et exilés politiques catalans

Ce vendredi 31 août, le président catalan Quim Torra nous faisait le plaisir d’une visite institutionnelle à Perpignan. Dès 10h il était à la Casa de la Generalitat et toute la journée il a rencontré les principaux acteurs de l’identité catalane : écoles catalanes, USAP, Dragons Catalans, institutions.

Protocole oblige, il a été reçu en mairie par Jean-Marc Pujol. Bien que ce soit une réception officielle, tout le monde n’était pas convié. Le conseil municipal n’était pas informé et même dans la majorité nombreux sont ceux qui se sont plaints de ne pas être invités. Ambiance dans la majorité…

réception du président Torra en l’hôtel de ville

A 13h, le président arrive donc à l’hôtel de ville. A la grande surprise de l’assistance, le maire arbore un ruban jaune à la poitrine. Ce soutien aux prisonniers politiques et exilés catalans est une source de tension entre le maire et moi depuis le mois d’octobre dernier et le référendum catalan. Lors d’échanges houleux en conseil municipal, il avait alors refusé de faire voter une motion en soutien à la démocratie malgré toutes les précautions que je prenais pour ne pas faire d’ingérence au sujet de l’indépendance. Le maire a soutenu la justice et le juge en charge de l’instruction, pourtant désavoué à l’international par tous les tribunaux : Suisse, Allemagne, Ecosse et Belgique. La Belgique où le juge Llarena est d’ailleurs mis en examen pour utilisation de ses moyens à des fins politiques. Malgré ces faits, le maire a toujours refusé que l’institution municipale arbore le lien jaune ou un signe en faveur de la démocratie (comme l’a fait le conseil départemental, soutenant la liberté d’expression sans se prononcer sur l’indépendance).

Donc le maire de Perpignan écrivait en avril dernier “L’Espagne est un état de droit et sa constitution a été approuvée avec une grande majorité, dont celle des catalans. A ce titre, les juges font leur travail qui peut être critiqué ou contesté mais doit être respecté.”

Aujourd’hui il accueille le président catalan avec ce soutien que j’ai d’abord cru feint. Sauf que lors du repas, le maire a signé le manifeste des maires de Catalogne Nord en faveur de la démocratie (en soutien aux prisonniers politiques).

Il aura donc fallu 10 mois d’exils, emprisonnements, violences, et la visite officielle du président catalan pour que Jean-Marc Pujol soutienne enfin ses homologues sud-catalans. Malgré le délai, nous ne pouvons qu’en être satisfaits.

Alors monsieur le maire, bravo pour le soutien, maintenant affirmons-le. Gardez le ruban sur votre veste. Vous l’avez rangé immédiatement alors que le lendemain même vous inauguriez Visa Pour l’Image. Ce symbole doit être arboré tout le temps et pas seulement lors de la réception de catalans. Mettez-en un sur la façade de l’hôtel de ville et faisons honneur à notre titre de Fidelíssima. Nous ne saurions croire que ce soutien n’était que de circonstances…

inauguration de Visa pour l’Image le samedi 1er septembre

C. Puigdemont pourrait se faire élire eurodéputé en Belgique

Le président catalan se trouve actuellement renforcé dans son combat contre la justice espagnole. En effet, les justices belge, écossaise, suisse et surtout allemande ont refusé les demandes espagnoles. Pire, le tribunal allemand a déclaré illégale -car contraire aux droits fondamentaux- l’accusation de rébellion des catalans. Suite à cela, tous les exilés catalans sont à nouveau libres de circuler dans toute l’Europe, sauf évidemment en Espagne, car le juge en charge de l’inculpation a dû retirer les mandats d’arrêt. En cas de retour sur le sol espagnol, ils seraient immédiatement incarcérés, avec un nouveau mandat d’arrêt émis dans les plus brefs délais, les empêchant de quitter le territoire.

C’est donc dans ce contexte que les flamands envisagent de proposer à Carles Puigdemont de figurer en bonne position sur leur liste aux européennes, garantissant au catalan un siège d’eurodéputé. Au-delà du pied-de-nez que cela ferait à l’Espagne, c’est un gros coup qui se joue. Politiquement, la N-VA verrait son image radoucie (elle est souvent accusée d’être très dure socialement), et Carles Puigdemont récupérerait un siège politique effectif (il est actuellement élu député au parlement catalan mais dans l’impossibilité de s’y rendre). Juridiquement, ce serait très bien joué. En effet, après avoir mis volontairement la justice belge puis involontairement la justice allemande dans le conflit catalano-espagnol, ce serait l’Europe qui devrait se prononcer si Carles Puigdemont voulait revenir en Espagne. Une fois eurodéputé, il bénéficierait de l’immunité parlementaire qui ne peut être levée que par le parlement européen. Le juge espagnol devrait alors relancer un mandat d’arrêt dès l’arrivée du président catalan sur le territoire et le parlement européen se prononcer sur sa validité. Il est peu probable que les eurodéputés laissent un des leurs se faire incarcérer pour un délit que les différentes justices ont considérés comme contraire aux Droits de l’Homme. Mais rien n’est sûr et cette idée reste risquée car il s’agit avant tout d’une assemblée politique dans laquelle les jeux d’influence sont bien plus importants que les valeurs. Nous l’avons vu avec les différentes prises de position des chefs d’Etat lors de la déclaration d’indépendance d’octobre dernier et même lors des violences espagnoles du 1er octobre (lors du référendum).

Un coup de poker à deux coups donc pour le président catalan. D’abord se faire élire et retrouver un siège effectif, puis éventuellement prendre le risque de retourner sur ses terres…

Les élections européennes auront lieu en juin 2019. Chaque citoyen européen peut se présenter dans n’importe quelle circonscription dans laquelle il est domicilié.

Barcelone : Seat affiche des résultats record et lance la marque Cupra

Article issu du site la-clau.net

La marque catalane Seat, filiale de Volkswagen, a progressé de 65% au premier semestre. Cette croissance record crée les conditions idéales pour le lancement de la marque sportive « Cupra », dont le première modèle sera disponible pour Noël.

La firme automobile catalane Seat, filiale de l’Allemand Volkswagen, s’est assuré au premier semestre 2018 des bénéfices record évalués à 212 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 5,79 milliards d’euros; En progression de 62,7% par rapport à la période comprise entre janvier et juin 2017, la marque dont le siège central est situé à Martorell, au nord-ouest de Barcelone, affiche une santé enviable, selon les chiffres publiés mercredi 1er août par le groupe Volkswagen. Depuis le début de l’année, Seat a commercialisé 289 900 véhicules, un volume jamais réalisé depuis son démarrage en 1950. Son modèle Arona, un SUV – crossover de style citadin, redoutable adversaire de ses concurrents, est à la source de ce succès.

Seat Arona



La marque Cupra arrive en fin d’année

Seat, marque contrôlée par l’Etat espagnol jusqu’en 1982, avant de passer sous pavillon germain en 1986, prépare de nouveaux lancements pour la fin de l’année. Autour de Noël sera disponible son modèle Tarraco, un SUV à 7 places, qui affrontera le Tiguan et le Tiguan Allspace de Volkswagen ou les Karoq et Kodiaq de Skoda. Ce véhicule tirant son nom du nom romain de la ville catalane de Tarragona sera suivi du Cupra Ateca. Cet autre modèle affirmera la prise d’indépendance de la marque Cupra, à tendance sportive, développée par Seat, tout comme le Français PSA a propulsé DS en 2014. Cette nouvelle voiture fabriquée en Catalogne du Sud signale la montée qualitative de Seat, pour une entrée de gamme à 44.790 euros.

Nota : dans un contexte de croissance du PIB catalan de plus de 3% par an, gageons que Seat joue un rôle important…

L’attentisme perpignanais face au volontarisme figuerenc

La municipalité de Perpignan semble s’émouvoir de la mise en place de bus pour amener des résidents locaux à Figueres. Cette démarche de la ville du musée Dalí est pourtant logique au regard du volontarisme de leur équipe municipale menée par Marta Felip, au contraire de l’attentisme perpignanais.

Interrogé en sa qualité de conseiller municipal délégué au tourisme, Pierre Barbé dit son mécontentement. Et pourtant…
D’une part, j’avais proposé en début de mandat que nous mettions en place des rotations entre Girona, Figueres et Perpignan. Le courroux de l’élu, alors président de l’office de tourisme, contre un tel projet de relations transfrontalières avait amené le maire à arbitrer (ils diront que ce n’est pas vrai mais heureusement j’ai les mails…). Avant même de pouvoir déposer un dossier chiffré ou même de travailler sur les intentions de chacun, Jean-Marc Pujol avait tranché : c’était hors de question. Aujourd’hui nous voyons le résultat. Les sud-catalans sont actifs dans leur politique de développement quand nous avons des élus qui se refusent à entreprendre toute politique de développement transfrontalier.
D’autre part, cette situation est révélatrice pour le grand public du fait que l’édile Perpignanais tourne de plus en plus de dos à la Catalogne Sud. Plus aucun projet, plus aucun contact, même avec la proche ville de Figueres ! Quand ces dernières années, la maire de Figueres ou celle de Girona pour ne parler que des plus proches, n’hésitaient pas à me contacter pour des projets, aujourd’hui que je ne suis plus en responsabilités il n’y a plus aucun contact entre la mairie de Perpignan et les communes sud-catalanes. Il n’y a d’ailleurs plus d’élu en charge de ce thème.
Les commerçants perpignanais peuvent se sentir floués par le maire, effectivement. Il a beau dire qu’il ne savait pas. Non seulement il a eu ma proposition qui aurait permis un échange de chalands, mais en plus et surtout, s’il ne sait plus grand chose de la Catalogne Sud que ce que lui enseigne la presse (nationale car pour lui la locale ne serait pas au niveau) c’est bien parce qu’il méprise tout ce qui est catalan.

Lettre ouverte au maire concernant le soutien aux zones économiques par rapport au centre ville

Courrier communiqué à la presse et rendu public via mon blog

Monsieur le maire-président, 

Dans l’Indépendant d’hier 5 juillet, vous faites état d’un grand succès des zones économiques et nous ne pouvons qu’en être heureux. Les principales citées sont Torremila et TechnoSud. Cette dernière notamment a connu un essor important sous votre impulsion avec la fin de sa spécialisation. Nous avons ainsi pu constater que de nombreuses sociétés implantées en cœur de ville ou sur d’autres communes du département se sont regroupées sur ce nouvel espace, profitant de l’effet d’aubaine que vous créiez avec des prix de terrains 5 à 10 fois inférieurs au prix du marché. 

Pour mieux comprendre l’ampleur de ces effets, je vous prie de bien vouloir me faire parvenir et rendre public le nombre d’entreprises domiciliés sur ces zones en fonction de 4 critères : celles qui ont déménagé de Perpignan, celles qui étaient sur la communauté urbaine, celles qui étaient sur le département, et enfin, celles qui venaient de l’extérieur ou sont des créations réelles (les regroupements comme les cliniques étant le résultat d’un déménagement de plusieurs professionnels et non pas d’une création). 

De plus, je m’interroge sur votre seule politique de soutien aux entreprises se localisant en zones économiques périphériques. Si pour les grandes emprises foncières cela semble indispensable, la question du manque de financement municipal et communautaire (hors aides de l’État) pour les entreprises s’installant en cœur de ville me laisse perplexe. C’est pourquoi je vous prie également de me faire parvenir et de rendre public la valorisation moyenne de l’aide aux entreprises sur les zones économiques (incluant donc la sous-évaluation des terrains) et la comparaison avec les aides municipales et communautaires sur l’installation d’entreprises en ville. 

Avec mes sincères respects, 

Brice Lafontaine

Elu municipal d’opposition