Hausse des impôts par la communauté urbaine

Aujourd’hui nous voterons le budget (début du conseil communautaire à 17h). Déjà en 2017 j’avais montré mon désaccord quant à la création de la taxe “GEMAPI”. Cette année le président Jean-Marc Pujol va à nouveau aller à l’encontre de son engagement de campagne en augmentant la taxe sur le foncier bâti (donc pour tous les propriétaires) de 1 point, c’est à dire de 100% . Alors ça ne veut pas dire que votre taxe d’habitation va doubler car les collectivités territoriales sont multiples à prélever. Mais après les augmentations du conseil départemental, celles de la communauté urbaine vont quand même faire mal, faisant augmenter l’ardoise de plusieurs dizaines d’euros chaque année depuis l’année dernière.

Je vous joints ci-dessous la délibération fixant les taux d’imposition par la communauté urbaine.

vote des taux d’impots PMCU

Evidemment je voterai contre.

Jean-Marc Pujol ne voterait pas son propre budget

Aujourd’hui aura lieu le Débat d’Orientation Budgétaire, plus communément appelé DOB. Ce moment important et obligatoire permet en théorie d’échanger sur les choix politiques et donc de définir le budget qui sera voté au plus tard le 31 mars. Ça c’est la théorie. Mais en réalité jamais un débat avec l’opposition n’a modifié les orientations que le premier édile a décidé de mettre en place.

JM Pujol, président de la communauté urbaine, présentera donc un budget d’une manière étonnamment différente de ce qu’il fait à Perpignan. Certes, il mettra en avant le “zéro augmentation d’impôts”. Premier mensonge. Les impôts existant en 2014 lors de notre élection n’ont effectivement pas augmenté. Néanmoins, la taxe GEMAPI a bien été créée par sa volonté afin de faire face à cette nouvelle compétence de gestion des risques liés à l’eau. Le martèlement “zéro augmentation d’impôts” est donc un mensonge. Mais ce qui est le plus révélateur de mauvaise foi réside dans le fait qu’en conseil municipal, en tant que maire, il mette en avant la durée de remboursement de la dette. C’est tout simplement la capacité que nous avons à rembourser le stock de dette. Des critères existent pour définir si cette capacité de remboursement est saine, mérite une attention particulière (seuil limite) ou est en situation critique.

Comme vous pouvez le voir ici,  un graphisme nous est présenté lors du budget perpignanais pour nous montrer à quel point la gestion de la municipalité serait vertueuse. Or, Jean-Marc Pujol ne nous présente pas de tableau semblable à la communauté urbaine. Pourquoi ? Après des mois d’insistance de ma part, j’ai fini par obtenir les délais de remboursement de la dette “métropolitaine”. Et là, on comprend mieux…

Voici les chiffres qui m’ont été communiqués :

Durée d’extinction de la dette de Perpignan Métropole au 31/12/17 en années :

Budgets consolidés : 10,97

Budget principal : 14,35

Zones économiques : 19,09 (immobilier entreprises 10,64)

Je passe les budgets annexes qui ne souffrent pas de délai de remboursement excessifs comme les transports (7,06) bien qu’ils mériteraient à eux seuls de nombreux commentaires sur la gestion ou plutôt la non gestion qui en est faite.

Alors non, dans ces conditions, s’il était présenté un tel budget à Jean-Marc Pujol, ce  chantre de la bonne gestion -en apparence- ne l’accepterait pas. Mais il est le président, et le président fait ce qu’il veut, même présenter des budgets en situation critique.

Nota :

Encours de la dette au 31/12/2017 : 561 345 740€

En 2017, la communauté urbaine a remboursé 34,5millions en capital et 18millions en intérêts

Taux d’imposition par la métropole (hors GEMAPI) : TH 9,65%, FB 1%, FNB 2,05%, TP/CFE 34,59%

La LGV Perpignan-Montpellier chaque jour plus à la traine

L’Indep d’aujourd’hui publie un article sur la réunion à laquelle ont participé notamment la présidente de région Carole Delga et le maire de Toulouse JL Moudenc afin de travailler à la réalisation des lignes à grande vitesse de la “région Occitanie”.
Comme on peut le constater, ni le maire de Perpignan ni aucun élu “catalan” n’était présent. La conséquence est logique : la ligne Bordeaux-Toulouse sera privilégiée sur Montpellier-Perpignan.

Certains diront que les villes sont plus importantes et qu’en terme de choix budgétaire, c’est logique. Et pourtant pas du tout.

Tout d’abord, notre ligne vers Montpellier est d’intérêt européen et à ce titre peut prétendre à un cofinancement important -argument qu’aucun élu n’a jamais mis en avant. Ensuite, pour ce qui est de la rentabilité de la ligne, il n’est plus à établir que la nôtre sert à toute la péninsule ibérique et à ce titre serait particulièrement fréquentée. Encore faut-il supprimer les temps d’arrêt exagérés que nous avons actuellement et augmenter la vitesse.

Il serait déjà intéressant que nos élus travaillent à la réalisation d’une première tranche avec une gare entre Narbonne et Beziers. Nous aurions alors à partir de Perpignan (mais les trains viennent souvent de Madrid et Barcelone) une voie à vitesse réduite sur environ 80km, puis un arrêt à cette nouvelle gare, et dès lors une connexion à grande vitesse.
Mais pour ça il faut voir plus loin que le bout de son nez et arrêter d’aller défendre une LGV perpignanaise quand il s’agit d’une LGV européenne. Bon, encore faut-il se bouger et aller défendre la ligne…

Stationnement à Perpignan : la vérité contre la démagogie

Depuis le 1er janvier, de nombreuses voix s’élèvent contre la politique du stationnement à Perpignan. Entre la démagogie de ceux qui crient à la hausse de tarif et celle du maire qui fait l’offusqué, il est difficile de s’y retrouver. La vérité -comme souvent- est entre les deux. Ce serait accessible à tout citoyen lors des débats du conseil municipal mais comme le maire refuse de mettre en place une diffusion en direct, il est assez difficile pour chacun de suivre nos échanges. Je précise que je parle du stationnement de surface et plus précisément des zones vertes et orange, qui sont les plus proches du centre.

Tout d’abord le prix :

Il n’a pas augmenté. Les deux premières heures étant la référence puisque jusque là nous ne pouvions prendre que deux heures. En revanche, c’est à partir de ce délai que le stationnement devient salé. La troisième et surtout la quatrième heure sont créées avec des tarifs exorbitants. Politique totalement assumée ayant pour objectif de générer un “turnover” (roulement) entre les voitures. Le stationnement entre midi et deux reste gratuit, tout comme le samedi après-midi et le dimanche. Je précise que certains membres de l’équipe majoritaire dont je faisais partie avions proposé de rendre le mercredi après-midi gratuit également, au moins sur la zone verte. Refus du maire -évidemment- arguant du manque à gagner. En revanche, le délai est augmenté puisque maintenant le stationnement est payant jusqu’à 18H30 (contre 18h auparavant) mais cela n’a pas de rapport avec la délégation.

Ce que ça rapporte :

Oui car derrière la délégation au privé, il y a un intérêt pour la municipalité (et donc pour la ville). Jusqu’à présent, le stationnement rapportait 1,7 millions d’euros. Avec cette délégation, il rapportera 3 millions d’euros (chiffres donnés par le maire lors des conseils municipaux). Alors évidemment cela semble intéressant. Mais à quel prix ?

Les différences :

Jusqu’à présent, même si cela n’a jamais été assumé, il y avait une petite tolérance de la police municipale. Or, depuis la mise en place de ces fameux Forfaits Post Stationnement (équivalents de l’amende pour dépassement), de nombreux automobilistes ont été verbalisés pour quelques minutes seulement. Preuve à l’appui, 3 minutes suffisent pour récolter un FPS de 15 à 25€. La société doit faire du fric, et ce n’est pas vraiment avec les parcmètres qu’elle gagne le plus mais plutôt avec les fameux FPS (car il arrive à tout le monde de dépasser de quelques minutes de temps en temps).

Solutions

J’avais proposé deux pistes. Libre à chacun de considérer qu’elles sont bonnes ou pas, mais à mon sens elles sont justes :

– inscrire dans le contrat de délégation une tolérance de 10 minutes. Là, on aurait vu que le délégataire aurait “étonnamment” baissé la rétrocession qu’il fait à la mairie, puisqu’il sait qu’il fait beaucoup de chiffre avec les faibles dépassements.

– mettre en place la première demie heure gratuite. Cela permet d’aller rapidement à La Poste, la banque, ou n’importe quel service, voire même de manger de midi à 14h30 gratuitement (et non pas 14h pile). Et pour ceux qui veulent faire quelques courses, cela faisait économiser une demie heure de stationnement. J’aurais compris qu’on ne fasse que 20 minutes gratuites. Mais rien du tout, j’ai un peu de mal…

Réponse du maire à mes deux propositions : “mais ça rapporte 3 millions notre système alors que le vôtre rapporterait moins”.

Enfin, je me permets de rappeler qu’à Perpignan, le premier problème est qu’on ne met pas en place un vrai plan. Que ce soit pour la circulation avec des parcs relais efficaces, le plan de déplacements doux, ou encore comme ici la circulation et le stationnement, tout est géré au coup par coup. Aucune vision globale, aucune décision d’avenir.

Nota : Vu que le maire a décidé de mettre en place ce système pour récupérer 3 millions, il serait judicieux d’en céder une partie aux usagers sous forme de bons. L’application mobile permettant de stationner sur les parkings de surface autorise les bons de réduction. Peut-être la mairie pourrait-elle mettre en place des réductions à chaque consommateur, de la même manière qu’existent les bons pour les parkings souterrains. Mais Jean-Marc Pujol répondra très probablement encore une fois que nous ne gagnerions pas autant. Personnellement, il me semble que nous gagnerions bien plus à avoir un centre ville attractif qu’à contractualiser un million avec une société.

Grève dans les lycées français d’Espagne (Equinox)

Article Equinox Magazine

Souvent présentés comme un symbole de l’excellence à la française, les lycées français d’Espagne sont en grève depuis lundi contre les coupes budgétaires et suppressions de postes prévues. 

Le personnel dénonce la baisse des dotations de l’État à l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE), organisme public gérant près de 500 établissements à travers le monde, suite au décret de juillet 2017 qui a fait chuter de 10% le budget global, soit une baisse de 33 millions d’euros. Les syndicats de la Fédération Syndicale Unitaire en Espagne ont appelé les personnels des lycées français à se mobiliser contre les suppression de postes de détachés.

Reportage parmi les professeurs, élèves et parents d’élèves au lycée d’Alicante, par Sophie Da Cruz Van den Bossche, par Equinox Radio ici :

http://www.equinoxmagazine.fr/2018/02/07/greve-lycees-francais-despagne/

Voici la réponse du président Puigdemont à l’ultimatum de Madrid

Carles Puigdemont n’a pas déclaré l’indépendance mais préparé la déclaration, signée par le gouvernement et les parlementaires. Elle est prête à être proclamée. Néanmoins, pour des raisons évidente d’effectivité, il souhaite qu’une négociation avec le gouvernement central permette d’établir certaines règles de transfert de compétences, de dette, d’accords internationaux, etc. Carles Puigdemont continue à demander le dialogue et donne une échéance de deux mois. Mariano Rajoy a répondu par un ultimatum binaire : la Catalogne déclare-t-elle sont indépendance ou pas ? Celle qui est toujours une région autonome a jusqu’à jeudi pour répondre.

Cliquez ici pour lire la nouvelle lettre de Puigdemont à Rajoy (en français) en pdf : 001

2 banques déménagent hors de Catalogne : un risque mal calculé ?

Depuis hier, la décision de déménager le siège social de deux des plus grandes banques « hispaniques » hors de la Catalogne fait la une des journaux. La CaixaBank et la Banc de Sabadell déménagent aux îles Baléares et à Alacant. Disons qu’ils ne quittent pas totalement les territoires catalans mais ils seront hors de la Generalitat, territoire qui doit déclarer l’indépendance d’ici peu.

Cette mesure est essentiellement symbolique afin de rassurer les marchés qui ont peur d’une instabilité. Cela s’explique par le risque de ne plus accéder aux fonds de la Banque Centrale Européenne. Ces liquidités servent à créer artificiellement de la monnaie, qui est prêtée par les banques et sur lesquels nous remboursons avec intérêt. Oui, c’est injuste, ça ne leur coûte quasiment rien et ils gagnent beaucoup. Mais on ne refera pas le système…

Ces banques ont donc peur d’une situation qui, même en cas d’indépendance, n’arrivera pas du jour au lendemain. On ne passe pas d’une région autonome à un Etat indépendant en 24h, d’autant plus s’il n’y a rien de négocié avec l’Etat précédent. On le voit d’ailleurs avec le Brexit qui a pourtant moins de choses à négocier. Mais il fallait rassurer les marchés. Soit.

Le transfert de siège requiert certaines obligations, comme la consultation du comité exécutif. Or, la CaixaBank n’est pas sûre de l’accord de son conseil, ni de l’avoir rapidement. Ainsi, le ministre espagnol de l’économie a-t-il décidé de prendre un décret permettant aux banques de déménager leur siège sans passer par le conseil. Et il prend ce décret après avoir répété de nombreuses fois que l’indépendance n’aurait pas lieu. Un changement d’avis qui maintenant augure d’une effectivité manifeste de l’indépendance.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Les banques vont déplacer leur siège légal mais garderont les effectifs en Catalogne. Ce sera donc une perte importante pour l’économie catalane en terme de marchés et transactions, mais pas dans ce qu’on appelle l’économie réelle, c’est à dire les emplois.

Or, ce déménagement s’accompagne dès aujourd’hui d’une contestation de la part de la société catalane. De nombreux organismes, à commencer par plusieurs municipalités, annoncent qu’ils vont retirer leurs fonds de ces banques. Le problème qui va alors se poser est que les banques n’auront plus assez de fonds propres pour emprunter. Car même s’ils se servent auprès de la banque centrale, cette dernière exige quand même que les banques aient une certaine quantité de fonds propres pour éviter toute fragilité semblable à Lehman Brothers. En conséquence, l’instabilité crainte de la volonté catalane risque en fait de venir de la volonté de rester en Espagne.

Parfois il faut savoir prendre un risque. Le risque ici était de rester en Catalogne et travailler à avoir toujours accès à la BCE. Elles ont préféré sortir de la Catalogne et perdre des liquidités. Peut-être ces banques ont-elles maladroitement choisi une pseudo sécurité face à un risque calculable.

Mon 1er octobre : Le jour d’avant

Le “jour d’avant” commence en fait longtemps avant, mais il serait bien trop long d’expliquer tout le processus, de l’organisation citoyenne aux RDV avec le président Puigdemont et autres acteurs majeurs de ce référendum. Je vais m’atteler à expliquer ce concerne directement ce week-end, en 3 publications : le jour d’avant, le vote, puis de jour d’après.

Vendredi 29.

Dès le matin, j’avais RDV à Catalunya Ràdio pour une prise de parole en direct. Je ne le savais pas encore mais c’était avec la célèbre Mònica Terribas. Une heure et demie après, j’en pars et passe la journée à répondre par mail ou téléphone aux différentes sollicitations. Je commence à me rendre compte que quelque chose se passe. Cette fois, c’est différent, il y a un réel intérêt. Le référendum est pris au sérieux, le monde regarde la Catalogne (enfin, après 7 ans de tentatives de négociations avec l’Espagne).

Le soir, nous allons à l’acte final de campagne. Comme souvent, l’organisation est très bonne. Nous sommes dans une zone dite VIP mais en fait assez grande pour accueillir plusieurs centaines de personnes. Cela me permet d’inviter des proches et des journalistes qui n’ont pas eu le temps de s’accréditer en amont. Lorsque les personnalités du gouvernement catalan arrivent, nous échangeons de timides mots. Impossible pour nous de parler des difficultés, des risques, ou encore des craintes. Par exemple, lorsque nous parlons avec Oriol Junqueras (vice-président de la Catalogne) et le directeur de l’EFA (parti politique européen auquel je suis délégué pour Unitat Catalana), un micro-perche est tendu au dessus de nous. Je ne sais pas quoi dire, de peur que ce soit diffusé et mal interprété. Je reste donc sur des banalités les plus courantes et eux échangent alors quelques mots bien pesés. Je reste évidemment aussi discret à chaque échange avec un responsable politique, habitué que je suis à ce que mes mots soient maladroits pour la presse. La retenue est de rigueur. La soirée est assez longue mais également émouvante. Plusieurs orateurs et musiciens se succèdent. Parmi eux, des représentants de la société civile mais aussi des politiques tenant du NON à l’indépendance mais OUI au référendum. Les milliers de catalans rassemblés (certains disent 80.000) portent un grand espoir de démocratie, même si la forte présence policière dans la ville montre un grand risque. La soirée se finit. Le silence électoral est alors imposé pour la fameuse journée de réflexion qui précède, comme chez nous, chaque journée de vote.

Samedi 30.

Pour le référendum, j’étais coordinateur de visiteurs internationaux avec Anna Arqué. Notre organisation est l’ICEC (International Commission of European Citizens). C’est à travers cette association citoyenne européenne, dont elle est la représentante en Catalogne Sud et la porte parole internationale, que nous avons agit. Nous avons par exemple récupéré les coordonnées de ceux qui souhaitaient faire partie de ce groupe, pour les inscrire officiellement et les faire accréditer auprès de la Generalitat.

Le jour d’avant représente beaucoup pour le référendum. Nous sommes évidemment très demandés par la presse et nous avons du mal à gérer à la fois l’organisation et les interviews. À ce point que lorsque nous nous réunissons entre membres du bureau de l’ICEC, Anna est difficile à capter entre ses nombreux appels de la presse internationale. En ce qui me concerne c’est plutôt la presse catalane qui me sollicite ce jour là. La presse extérieure m’avait interviewé en amont et le refera après, ce qui me permet de n’avoir à gérer que de la presse locale, bien plus disponible que l’internationale. Bref, nous faisons du mieux possible pour internationaliser l’événement, tant avec nos relais personnels qu’avec les visiteurs internationaux.

Un premier briefing est organisé le matin, lors duquel le ministre catalan des affaires étrangères Raul Romeva explique les règles de neutralité nécessaire mais aussi le pourquoi d’un référendum, afin que tout le monde comprenne la situation. En sortant, la Generalitat distribue les accréditations. L’ICEC peut enfin préparer les groupes de visiteurs en fonction des “collèges électoraux” et des personnes réellement accréditées. Il ne nous reste que quelques heures.

Le soir, nous avions prévu une réunion. La tension était tellement forte que ni pour le rassemblement du matin avec le ministre catalan, ni pour le rassemblement du soir entre nous, nous n’avions donné le lieu précis. Seuls les horaires et la ville étaient connus de tous. C’est seulement la veille au soir que nous avons reçu les informations de la Generalitat et que nous avons divulgué notre lieu, juste en donnant une adresse, sans préciser de quoi il s’agissait. En ce qui nous concerne c’était un cabinet d’avocat.

Après une réunion de bureau, les participants internationaux arrivent. Très vite, les locaux deviennent étroits. Près de 200 personnes s’amassent pour écouter le briefing d’Anna Arqué, dans un anglais parfait. Une brève explication d’abord, puis l’annonce des groupes. Nous les répartissons avec un catalan référent qui permettra de faire le relai pour chaque groupe de 4 à 5 personnes, réunies en fonction de leurs compétences, statuts et zone géographique d’origine, de sorte à ce que chaque groupe soit le plus hétérogène possible.

Viennent ensuite les conseils légaux. C’est la raison de notre choix de lieu de réunion. Les avocats prennent la parole afin de nous dire quoi faire en cas de violence, d’arrestation, de contrôle d’identité, etc. Nous donnons évidemment les coordonnées personnelles d’avocats du cabinet et les répartissons en fonction de leurs compétences linguistiques. Je tairais évidemment le détail des conseils prodigués car il est indispensable à mon sens que cela reste dans un cadre purement professionnel et de confiance. Néanmoins, le simple fait d’évoquer ces situations nous faisait prendre conscience d’une situation exceptionnelle.

Dès lors, il ne manque plus qu’à chacun à s’organiser avec son coordinateur et à se donner RDV pour le lendemain matin. Les appels citoyens à occuper les bureaux de vote se multiplient afin qu’ils ne puissent pas être scellés. Nous sommes nombreux à décider d’un RDV tôt le matin, pour constater la situation.

Minuit. Je vois le débarquement des policiers sur Twitter et par notifications du site d’info Nació Digital. La tension monte encore d’un cran. Les dockers catalans avaient menacé d’empêcher le débarquement des milliers de policiers logés dans des bateaux de croisière, dont le désormais célèbre Piolin, nom donné chez eux à Titi (et “ro-minet”). Mais ils débarquent et sortent du port à minuit pile. Les images font froid dans le dos, sans entamer la détermination des catalans. Les réactions sur les réseaux sociaux parviennent finalement à me faire comprendre qu’il ne sert à rien de stresser pour les catalans. Ce peuple pacifique votera.

Mes lettres au premier ministre espagnol et à la diplomatie française

J’adresse ce jour une lettre au chef du gouvernement espagnol sur le même angle que ce qu’il a déjà reçu de députés danois notamment. Dans le même temps j’adresse une lettre au préfet des P-O pour que la diplomatie française ne reste pas muette face aux événements en cours. Enfin, j’alerte depuis plusieurs jours nos parlementaires et élus locaux afin qu’une attention particulière soit portée par les premiers concernés.

Dans les années 30 tout le monde détournait le regard. Ne faisons pas honte à l’histoire.

lettre au gouvernement espagnol

lettre préfet alerte Catalogne