Menaces sur le marché de gros : je saisis le Président de PMM

La semaine dernière, un groupement de grossistes en fruits et légumes de Saint Charles a fait part de son inquiétude quant à la vente des locaux à une société qui n’est pas spécialisée dans l’agroalimentaire.

Au regard des éléments qui m’ont été exposés et qui font état d’irrégularités, je saisis Jean-Marc Pujol, maire de Perpignan et président de la communauté urbaine PMM, afin qu’il apporte des éléments de réponse. La situation est sérieuse car le marché de gros est le cœur de la répartition des produits agricoles de notre territoire. Nous devrions le mettre en valeur plutôt que l’ouvrir aux marchandises non agricoles et le vendre à une société logistique. Voici la lettre que j’envoie ce jour au président, en format texte :

Monsieur le Président, 

Comme tous les conseillers communautaires, j’ai été interpelé par un groupement de grossistes de Saint Charles au sujet de l’avenir du marché de gros. Ce marché est actuellement la propriété de PMM. Associé à la halle aux carreaux pour laquelle nous avons investi plus de 5 millions d’euros, il constitue un élément stratégique de l’agriculture locale et fait vivre des centaines de familles. 

Il apparaît des choix que vous avez opérés et qui m’ont été exposés par les requérants qu’ils conduiraient à la diminution des activités de gros maraîcher au profit du développement de l’activité logistique généraliste, déjà présente sur le reste de Saint Charles. Cette orientation se retrouve dans la sortie du « périmètre du marché de gros » en vue de déspécialiser les activités et d’y faire naître une activité logistique non agricole. 

Cette faveur à la logistique non agricole apparaît claire à l’étude de certaines pièces, par ailleurs constituant les recours au Tribunal Administratif. Il y est notamment fait mention de votre refus d’extension des sociétés actuellement locataires, alors que le site n’est occupé qu’à 37%. Ces demandes en R-AR effectuées en 2009 et 2013 seraient restées sans réponse de votre part. Pouvez-vous m’en donner la raison ? 

Lors de ma visite des lieux, les entrepreneurs m’ont fait part des différents échanges qui ont précédé la vente du marché de gros à une SCI ayant une activité logistique non liée à l’agriculture. 

Tout d’abord, je vous demande de faire la lumière sur la procédure : 

En effet, il semblerait qu’une vente ait d’abord été réalisée au profit d’un entrepreneur qui ne fait pas partie du marché de gros, alors que les bâtiments détenus par PMM n’étaient pas sortis du domaine public. Je vous prie de bien vouloir m’apporter les éléments permettant de dégager PMM de cette possible irrégularité. 

Ensuite, la situation actuelle fait également apparaître une possible irrégularité dont je ne peux croire qu’elle soit réelle. Dans une correspondance adressée aux grossistes de fruits et légumes, PMM fait état de l’octroi d’occupation d’espace logistique à titre gracieux sans contractualisation au profit de celui qui deviendra l’acquéreur. Vous n’auriez pas pu valider une telle situation. Aussi me dois-je de vous alerter et vous demander de bien vouloir me transmettre la convention qui lie PMM et la SCI acquéreur du marché de gros. 

De plus, et ce point est directement lié au précédent, des questions ont été soulevées quant à la vente elle-même. Selon la chronologie portée à ma connaissance, il semblerait qu’après avoir réalisé une vente avec le défaut de procédure évoqué plus haut, les grossistes locataires se soient associés pour vous faire une offre d’achat des locaux à un tarif bien supérieur à celui de la vente annulée. Étonnamment, la SCI a alors soumis une offre juste au-dessus de celle des grossistes, associés pour l’occasion. Pouvez-vous garantir la régularité de l’opération ? 

Comprenez, Monsieur le Président, que la chronologie exposée par les grossistes et la méthode qui consiste d’une part à les priver d’extension in situ et d’autre part à attribuer à un potentiel futur acquéreur un emplacement gratuit, puis à déspécialiser la zone en vue de ses activités pour enfin qu’il emporte la vente de peu, puisse interroger. Je suis sûr que vous serez ravi d’avoir l’occasion de faire la lumière sur cette procédure. 

Dans votre communication récente en réponse à Mme Christelle Ribera, gérante d’Expo Fruits, vous ne répondez à aucun de ces éléments. J’attends donc de votre part des éléments concrets. 

Avec mes respsecteuses salutations,

Le département va nous identifier avec le terme « 4e dimension ». Réaction

Le conseil départemental vient de lancer une nouvelle marque. Après 350 années épuisées à communiquer en vain sur « Pyrénées-Orientales », voilà que le département a une nouvelle idée : faire dans l’abstrait. La 4e dimension, terme peu flatteur pour un territoire où l’on a l’habitude effectivement d’élire des responsables dont on se demande s’ils vivent dans la même dimension que nous. Partout en France et dans le monde, les termes territoriaux sont vecteur de tourisme et de marques. La Lorraine a le musée d’histoire locale le plus visité de France. La Corse est reconnue pour son identité. Le Pays Basque fait de sa culture transfrontalière une force. L’Alsace met en avant sa spécificité franco-germanique. La Savoie honore son histoire. La liste est longue rien qu’en France. Et encore, je n’ai pas évoqué la création Pays Cathare qui fonctionne particulièrement bien à partir d’une bribe historique judicieusement mise en valeur. 

Mais à l’heure de parler du territoire qui a fait naître la Catalogne, notre nom est imprononçable. Malgré une manifestation monstre contre le nom Occitanie, malgré une mobilisation de nombreux acteurs économiques et culturels, malgré la puissance du terme « Catalogne » dans le monde,  la Présidente Malherbe refuse d’utiliser la marque Catalogne. Que ce soit Catalogne Nord, Pays Catalan (qui souffre de nombreux défauts mais au moins nous identifie pour les français) ou même Catalogne Française si elle le voulait tant, il est tellement évident que notre territoire doit porter le nom Catalogne que seul un problème insoupçonné peut être à l’origine de ce refus. 

Alors Madame la Présidente, pouvez-vous nous dire ce qui est si grave que vous refusez encore maintenant d’aller dans le sens de l’intérêt économique et culturel du territoire en le nommant de son nom « Catalogne (Nord) » ? 

CAPES de catalan supprimé : le député Romain Grau saisit le ministre de l’éducation nationale

Vendredi nous apprenions que le CAPES de catalan était supprimé. Cela signifie qu’il n’y aura pas de nouvel enseignant du secondaire validé cette année, alors que la demande est toujours aussi forte (le nombre d’heures d’enseignement n’est d’ailleurs pas au niveau de la demande).
J’étais justement avec Romain Grau à ce moment et je lui ai transmis cette information qui l’a autant indigné que moi. Dès le lendemain (donc samedi) nous avons évoqué les possibilités et je lui ai envoyé les éléments pour qu’il saisisse le ministère de l’éducation.
Ce lundi même, il a saisi le ministre Blanquer par la lettre que voici

Repas au Meurice : Louis Aliot cautionnerait-il la Charia ?

Hier nous constations la création d’une fake new par Louis Aliot ayant pour but de monter la population locale contre une communauté algérienne supposément problématique. Alors que les dégâts annoncés n’étaient pas imputables à une quelconque communauté, dans le même temps des supporters de l’Algérie nettoyaient. Un acte de civisme bien loin de la haine que tente de générer Louis Aliot. Aujourd’hui nous apprenons dans la presse nationale que ce même Louis Aliot, bien prompt à condamner des comportements pourtant imaginaires, déjeune dans le palace Le Meurice. Ce palace dont George Clooney appelait au Boycott en ces termes  « soyons clair, chaque fois que nous prenons une chambre ou organisons une réunion ou dînons dans l’un de ces hôtels, nous mettons de l’argent directement dans la poche d’hommes qui choisissent de lapider et de fouetter à mort leurs concitoyens homosexuels ou accusés d’adultère ». De très nombreuses personnalités ont rejoint l’appel de G. Clooney. Louis Aliot ne peut l’ignorer. Il prend donc sciemment la décision de manger dans un palace qui appartient à un Sultan appliquant la Charia, qui lapide à mort les homosexuels et les adultérins. Lui qui veut se montrer capable d’unir autour de lui des gens qui ne seraient pas extrémistes, nous montre en deux jours qu’il appelle à la haine contre une communauté faussement accusée et qu’il n’a rien à faire des Droits De l’Homme, en particulier de la situation des homosexuels. 

La pollution des éoliennes

Lors de la présentation des projets du conseil départemental pour l’affectation des 500 millions d’euros votés il y a peu, un groupe de militants anti éoliennes a manifesté bruyamment, coupant par deux fois les interventions. Ce comportement n’aide pas à la considération de leurs revendications. C’est pourquoi il me semble important de donner ici des arguments pour comprendre que non, les éoliennes ne sont pas bonnes pour l’environnement.

Les faits, rien que les faits. Une éolienne utilise certes une énergie propre, quand une centrale à charbon utilise un combustible issu de mines et produisant des déchets. Mais la comparaison n’est pas entre ces deux productions. La question est de savoir si une éolienne est un mode de production d’électricité verte ou pas. Et pour y répondre il faut avant tout se pencher sur ce qu’est une éolienne.

Et le premier argument ne doit pas être le plus évident. Il pourrait pourtant être suffisant de dire qu’une éolienne détruit un paysage qui nous est envié de tous. Ou encore que l’emprise au sol est une pollution en elle-même. Ou même que la mort d’oiseaux migrateurs et chauves-souris est en soi un grave problème. Mais c’est un deuxième argument qui pour moi est fondamental : une éolienne est ultra polluante.

La lecture du livre « la guerre des métaux rares » de Guillaume Pitron éclaire ce sujet. Pour construire une éolienne, il faut beaucoup de métal, dont des métaux rares pour l’aimant générateur d’électricité. Et ceux-ci sont si rares qu’il faut raffiner des tonnes et des tonnes de terres pour en extraire quelques grammes. Le raffinage utilise des produits tellement nocifs que tout meurt à des kilomètres alentours. Les populations n’ayant pas les moyens de déménager sont toutes atteintes de maladies graves. Cela se passe loin de chez nous et nous donne l’illusion que nous avons une mode d’énergie propre. L’ironie est telle qu’il faut savoir qu’il n’y a pas de terres rares sans matière radioactive. Ce qui veut dire que quand on veut remplacer l’extraction d’uranium par l’extraction de terres rares, on extrait quand même de l’uranium. Ces mines sont loin de chez nous pour une raison simple. Non pas parce que nous manquons de ressources (la France et l’Europe en ont). La raison est que nous nous plions à des normes écologiques qui ne sont respectées ni par la Chine (en situation de quasi monopole) ni par le Kazakhstan. Il faut savoir également que pour produire la même quantité d’électricité, il faut environ 20 fois plus d’éoliennes que de centrales nucléaires. Qui peut croire qu’on pollue moins ?

Ainsi, sous couvert de produire une énergie qui n’est propre que parce qu’elle ne produit pas de CO2, en réalité nous défonçons la Terre. Ajoutons à cela que nous créons une dépendance à la Chine qui contrôle les cours des métaux rares (inclus également dans les outils numériques) sans aucun souci de l’environnement, et nous avons la plus grande absurdité qui soit : faire croire que les éoliennes sont bonnes pour l’environnement.

Certes, il n’y a pas de solution parfaite. Mais si on veut développer certaines productions d’électricité, il faudrait que ce soit fait en connaissance de cause et surtout sans mentir. Les éoliennes tuent notre planète (du moins tant que nous n’aurons pas des mines et raffineries avec des normes environnementales durables) et en aucun cas nous ne saurions accepter la destruction de notre paysage et notre Terre pour… le profit de grands groupes producteurs jouissant d’aides et subventions particulièrement intéressantes (donc via nos impôts).

Photo issue du site jechange.fr
Issu de batinfo.com

Quand on se met en cage pour libérer les animaux…

Ce samedi 25 mai, l’association AnimaLibre organisait un happening devant l’entrée du parking du cirque, pour dénoncer la maltraitance animale. j’y suis allé accompagné, afin d’apporter un soutien appuyé à cette manifestation. Comme de nombreux participants, j’ai passé un instant dans une cage afin de comprendre ce que vivent les animaux qui y passent l’essentiel de leur vie, mais aussi dans le but d’interpeller les passants et notamment les enfants. C’est alors près d’une vingtaine de personnes qui se sont succédées dans l’après-midi pour, tour à tour, vivre cette expérience et dénoncer le sort des animaux qui ont tous besoin d’espace et de liberté. Plusieurs cirques ont fait le choix d’arrêter les spectacles avec animaux et se concentrer sur les performances humaines. C’est le choix notamment de Bouglione qui utilise maintenant sa renommée pour dénoncer ces pratiques d’un autre temps. C’est également le cas pour le festival international du cirque de Figueres, troisième événement européen le plus important en la matière, qui n’accueille que des prestations humaines. 
Je continuerai de défendre la cause animale et soutenir notamment les actions d’AnimaLibre à chaque fois que l’association agira pour dénoncer la souffrance animale. Une des priorités est de faire de Perpignan la 357ème ville de France à interdire les cirques avec animaux. 


les manifestants sont passés tour à tour

Les « Pyrénées-Orientales » ce nom handicapant que les dirigeants ne comprennent pas

Dans L’Indépendant de ce jour, une communication est faite au sujet du partenariat entre les Dragons Catalans et le Conseil Départemental. Hermeline Malherbe annonce qu’elle communiquera à Barcelone pour le match au Camp Nou avec un logo sur le maillot des treizistes et une distribution de drapeaux. Je suis prêt à parier que malheureusement la communication se fera à nouveau avec ce nom handicapant dont nous sommes affublés depuis la révolution française « Pyrénées-Orientales ». Cette communication ne marche pas et nous coute beaucoup. Comme ça ne marche pas, nos dirigeants, plutôt que d’en changer, préfère communiquer encore et toujours. Il suffirait pourtant qu’on investisse le même montant dans une communication « Catalogne Nord » (ou même « Catalogne Française » pour faire plaisir à ceux qui ont peur de l’autonomisme) pour faire décoller notre image. Pas besoin de changer le nom du département pour ça. L’Aude communique sur Pays Cathare et ça marche. Les sud-catalans ont pour beaucoup d’office une sympathie pour notre territoire. Et pourtant nous ne l’exploitons pas.

Peur de l’autonomisme, peur de la culture catalane (haine pour certains), peur de la réunification de la Catalogne, incompréhension des systèmes valorisant les territoires, … De nombreuses raisons peuvent être trouvées à cette obsession à communiquer aussi maladroitement. Ce qui est certain c’est que les noms identitaires fonctionnent (Pays Basque, Corse, Bretagne ou même Pays Cathare…) mais ici c’est automatiquement rejeté. Gageons qu’un jour nous aurons des politiques qui auront l’intelligence de changer notre image, non pas par esprit catalan (ce serait trop demander) mais simplement dans l’intérêt du territoire.

Discrimination homophobe à l’hopital de Perpignan. Je saisis le directeur

Ce dimanche 10 mars, deux mamans se sont présentées aux urgences pédiatriques de l’hopital de Perpignan. Malgré la demande de leur fils de 3 ans, l’infirmière a barré le passage à une des deux mamans en disant « seule la vraie maman peut venir ». Loin de constituer une pratique courante, nous ne pouvons toutefois pas accepter ce genre de comportement. Aussi, en accord avec les mamans, j’ai saisi le directeur de l’hopital par courrier que je vous retranscris ici.

Car les « vrais parents » sont ceux qui élèvent et aiment leurs enfants, sans distinction génétique. On peut avoir adopté ou co-enfanté, il n’y a pas de « faux parent ».

Le directeur aura ainsi l’occasion de dire publiquement que toutes les familles sont bienvenues à l’hopital de Perpignan et qu’il ne tolère aucune discrimination.

Monsieur le Directeur,  

Vos services d’urgence pour enfants ont reçu ce jour deux mamans venues amener leur fils pour soin. Comme vous le savez, ces moments sont toujours source de stress particulier, d’autant plus délicat que la santé de nos jeunes enfants est en jeu. 

Alors que ces mamans se sont présentées ensemble, il leur a été opposé que seule LA maman pouvait accompagner l’enfant. Elles ont pourtant bien précisé qu’elles étaient toutes les deux les mamans, et tenaient à disposition de vos services les documents nécessaires quant à l’autorité parentale qu’elles exercent conjointement. Dignes, elles ont respecté l’opposition qui leur a été faite et n’ont pas entravé le fonctionnement du service. Elles ont donc été séparées, malgré les demandes de leur fils. Ce moment a été très douloureux pour la famille. 

En tant qu’élu de Perpignan, je suis touché par ces faits et il m’est paru indispensable de vous en alerter. 

Vous comprenez qu’il s’agit manifestement non seulement d’un non respect des obligations relatives à l’autorité parentale mais également d’une discrimination. Pourtant, je suis sûr que ce n’est pas la politique que vous souhaitez pour votre institution. Aussi,  par la présente, je vous alerte d’une part pour que vous soyez à même de faire cesser ce genre de pratique, mais également pour que vous puissiez dire publiquement que tout type de parentalité est traité avec respect et considération. 

Je suis sûr que vous saisirez l’occasion d’améliorer encore la qualité de service rendu par l’hôpital à nos citoyens qui ne doivent douter à aucun moment ni de la qualité de soins que votre institution dispense ni de l’accueil qui nous y est réservé.