Point sur la réforme territoriale : toujours plus pour les régions

La réforme territoriale suit son chemin avec maintenant l’attribution de compétences. Oui, logiquement le gouvernement aurait dû commencer par attribuer les compétences avant de modifier les frontières régionales, ou tout faire ensemble, mais bon ils ont décidé de faire les choses à l’envers. Voilà donc où nous en sommes après les débats en commission des lois (l’examen du texte à l’assemblée se fera à partir du 17 février).

La barre de 20.000 habitants pour les intercommunalités tempérée : Si le seuil normatif reste celui-ci, il sera toutefois possible d’y déroger pour les intercommunalités s’en approchant et pour les populations rurales.

Les collèges resteront aux départements

Une clause de solidarité territoriale pour le conseil départemental, permettant de venir en aide aux communes et intercommunalités : on voit déjà un système se mettre en place. Je t’aide et tu te souviens de moi quand j’aurais besoin de toi. Le clientélisme institutionnalisé.

Et on arrive aux régions… Là il faut vraiment avoir en tête ce que sera la nôtre : un partage entre Toulouse et Montpellier qui vont se répartir les sièges de la majorité et donc les financements régionaux.

La compétence économique exclusive : seules les régions auront le droit de financer l’installation d’une entreprise. On imagine donc aisément ce que ça va donner quand Toulouse et Montpellier vont se répartir ce pouvoir… Adieu tout développement catalan.

Le tourisme aux régions : actuellement il est vrai qu’on a du mal à se repérer sur le tourisme (municipal, intercommunal, départemental et régional !). Mais là, le schéma de développement touristique va se décider au niveau régional ! Quand on voit la variété touristique que nous avons rien qu’ici en Catalogne Nord, du tourisme d’affaire au tourisme de masse en passant par le luxe et le thermal, on a du mal à imaginer comment Toulouse va être capable de gérer de manière cohérente les différents tourisme et surtout comment ils vont en faire la promotion (Sud de France ?).

Transport Scolaire, infrastructures routières et (toujours) trains régionaux et gares à la région. On a vu ce que ça donne dans le combat pour le TGV : des gares à Montpellier, Béziers et Narbonne sur la nouvelle ligne et zéro gare à Perpignan. Les perpignanais devrons prendre le TGV soit à Figueres soit à Narbonne. Gageons que le fonctionnement sera le même pour toutes les infrastructures qui se répartiront entre Toulouse et Montpellier.

Déclaration des rencontres interrégionales contre la réforme territoriale

Déclaration des représentants des langues et cultures régionales de la République Française, réunis dans le cadre des XXIVe Rencontres interrégionales des langues et cultures régionales
à Rennes le vendredi 28 novembre 2014.

Nous, solidairement,

– exprimons notre consternation face au repli identitaire français et à la politique régressive menée par le gouvernement dans le cadre de la réforme territoriale. Cette réforme est la négation même des spécificités des territoires, des diversités linguistiques et culturelles ainsi que des réalités économiques et sociales ;

– dénonçons un déni de démocratie. Le gouvernement, en refusant le droit aux citoyens de déterminer eux-mêmes leur région ou territoire, viole l’article 5 de la Charte Européenne de l’autonomie locale ;

– dénonçons une recentralisation. L’État impose un découpage arbitraire, incohérent et technocratique des régions. A cette occasion, il redonne aux préfets la prééminence sur les élus du peuple ;

– dénonçons par ailleurs une politique qui organise la régression des langues dites régionales en entravant les efforts de leurs locuteurs et des politiques locales pour les faire vivre et prospérer.

Nous constatons qu’il existe sur le territoire français, conformément à la Constitution, des collectivités territoriales à statut particulier (Métropoles, Grand Paris, Grand Lyon, Corse…).

Nous demandons la mise en place de nouvelles collectivités territoriales à statut particulier cohérentes et conformes aux intérêts linguistiques, culturels et économiques des populations et territoires. Ceci renforcera, ainsi, l’ouverture sur l’Europe et sur le monde.
Ces collectivités devront être dotées de la compétence linguistique afin de valoriser et de développer nos langues.

Nous appelons les acteurs culturels, les élus et l’ensemble des citoyens à relayer cette déclaration et à renforcer la mobilisation.
Le Président,

Raymond Yvon BISSOL
Représentants de :
ALSACE, BRETAGNE, CATALOGNE, GUADELOUPE, GUYANE, LA REUNION, MARTINIQUE, MAYOTTE, OCCITANIE, PAYS BASQUE.

Le soutien du Président au processus d’indépendance

Voici des extraits du discours du Président :Vote-1

«Le choix de la souveraineté appartiendra aux habitants, appelés à voter d’ici à 2018″ a répété le Président.

«L’Etat n’a pas à se prononcer pour l’instant sur une solution. La solution personne ne la connaît encore, c’est vous qui allez la formuler, la trouver. L’Etat sera à vos côtés, toujours à vos côtés».

Si aucun accord n’est trouvé, l’Etat organisera d’office un référendum sur l’indépendance dans les douze mois suivent mai 2018. «Cette consultation aura lieu à la date que vous aurez choisi et le choix sera respecté par l’Etat.»

«La position de l’Etat c’est une neutralité active, explique un conseiller du président. Si le Président prenait parti, on ne pourrait plus faire cet accompagnement. Ce serait suspect».

François Hollande, discours à la Nouvelle Calédonie, 17 novembre 2014

Ma réponse à Louis Aliot

 

FlagsIl y a quelques jours, Louis Aliot s’étonnait que l’Etat français laisse faire les catalans dans leur engagement militant et demandait à la préfète de me rappeler à l’ordre dans une correspondance qu’il a rendue publique (que vous trouverez dans mon précédent post).

Voici ma réponse tant sur la forme que sur le fond (pdf téléchargeable ici réponse à Aliot 13:10:14)

Monsieur Aliot,

Dans votre correspondance non datée à Mme la Préfète, rendue publique ce 10 novembre, vous interpellez l’Etat Français par la voie de sa représentante sur l’engagement qu’on devine aisément être mien pour la démocratie en Catalogne.

Je suis tout d’abord surpris que l’élu européen que vous êtes se permette d’adresser une demande d’exécution à Mme la Préfète. Vous méconnaissez là la hiérarchisation des fonctions qui est en vigueur dans la République Française. Mme la préfète n’a pas à exécuter une demande d’un eurodéputé, ni d’un conseiller régional, ni d’un conseiller municipal, ni d’un conseiller communautaire, que vous êtes -au regard de tous les mandats et fonctions que vous exercez, vous m’excuserez si j’en oublie quelques uns.

Concernant le fond, il est évident que vous méprisez totalement le désir de démocratie du peuple catalan et que c’est pour cette raison que vous interpellez Mme la Préfète Chevalier.
Mon engagement, comme celui de nombreux catalans mais aussi de très nombreux démocrates, va dans le sens de l’histoire et des normes reconnues internationalement dont le droit des peuples à s’autodéterminer. Je rappelle à l’ex professeur de Droit Constitutionnel que vous êtes que le bloc de constitutionnalité français est composé du préambule de la constitution de 1946 qui garantit la liberté des peuples et le plein exercice démocratique. De plus, que ce soit à l’ONU ou l’Union Européenne, ensemble la Cour Internationale de Justice et la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la démocratie et l’expression de souveraineté des peuples sont des principes consacrés. Je vous rappelle (ou vous informe de) l’article 9 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales qui garantit la liberté de manifester son opinion de manière individuelle ou collective.

Cela n’étonnera personne que vous mettiez en évidence votre opposition à la liberté de manifester ou la liberté d’opinion. Chose toute relative quand on sait que vous défendez Dieudonné Mbala Mbala bien qu’il incite publiquement à l’antisémitisme (en arabe comme en français) mais que vous êtes contre l’utilisation de la langue catalane par des élus locaux.

Il ne fait aucun doute que vous montrez là votre rapprochement aux idéaux de Franco qui niait tant l’existence d’un peuple catalan que le droit à la démocratie. Cela n’étonnera pas les plus avertis mais éclairera certains quant à votre aversion à la reconnaissance de peuple catalan, que ce soit par-delà des Pyrénées ou ici même.

C’est bien pour cela que vous n’avez pas à vous inquiéter d’être “amalgamé” comme vous le craignez avec la manifestation récurrente de nos idéaux.
Oui, nous assumons tout à fait notre volonté de travailler à l’exercice de la démocratie, qu’elle soit pour le Tibet, l’Ecosse, la Nouvelle Calédonie ou encore la Catalogne. Oui nous assumons publiquement nos orientations politiques, nous les démocrates. Si j’en suis coupable ? oui, et je l’assume. Et non, vous n’êtes pas associé à cela, vous qui êtes clairement contre le droit des catalans de voter et même contre le droit de manifester notre opinion.

Enfin, si vous vous croyez investi d’une fonction supérieure à votre rang, ce n’est pas mon cas. Je suis maire-adjoint et en cette qualité, je ne représente pas plus les intérêts de la France à l’étranger que vous-même. N’oubliez pas que nous sommes élus dans un cadre précis et qu’à aucun moment il ne conviendrait que nous nous octroyons des prérogatives qui ne sont pas les nôtres comme les relations interétatiques, cela relevant exclusivement de la compétence du Chef de l’Etat.

Brice LAFONTAINE

Exemple typique de frontière psychologique : l’Ebola

Un des reproches souvent fait aux français est qu’il y a d’un coté la France, et de l’autre le reste du monde. Cela se retrouve d’ailleurs en interne dans les expressions “Paris… et la province”. Le même dénigrement est alors engendré, la province étant souvent “contre” Paris. Un élément de réponse se trouve probablement -au-delà de l’histoire- dans le traitement de l’information.
De la même manière que le nuage de Tchernobyl se serait arrêté aux frontières françaises, les cas supposés d’Ebola ne seraient importants qu’une fois en France. Et donc à ce titre, la suspicion d’un cas à Barcelone ne fait l’objet d’aucun traitement de l’information alors que le même cas en Bretagne affolerait les Perpignanais outre mesure, quand le catalan est à 150km et le breton à plus de 1000km.

Vous avez dit frontière…?

PS: info sur l’Ebola (català). Le cas est unique, en quarantaine, et reste une simple suspicion, donc pas de raison de s’affoler. 

 

Agenda de rentrée

Voici un petit tour rapide de ce qui nous attend à la rentrée et les événements auxquels je participerai (non exhaustif évidemment) :

Jeudi 21 aout : Dernier Jeudi de Perpignan de la saison

Tous les lundi soirs jusqu’au 8 septembre : Sardanes au Castillet

Samedi 30 aout : Inauguration de Visa pour l’image, puis certaines soirées de projection entre le 1er et le 6 sept.

Mardi 2 septembre : Rentrée d’Unitat Catalana

Samedi 6 : élection de Mister Men Sud au resto-club La Piscine

Dimanche 7 : 5è aniversari de la consulta popular d’Arenys de Munt

Lundi 8 : réunion du comité consultatif pour la langue et la culture catalanes, mairie de Perpignan

Jeudi 11 : Diada de Catalunya, manifestation à Barcelone

Jeudi 18 : Référendum écossais sur l’indépendance de leur Nation (je serai probablement à Glasgow, siège de la Yes campaign)

Jeudi 25 : Conseil municipal de Perpignan

25>28 : Congrés des collaborateurs de cabinets français à Barcelone

Octobre à suivre…

Centre ville et grandes surfaces, agriculture, BTP, … Arrêtons de dire n’importe quoi

Pour chaque problème que nous avons, la solution n’est pas dans l’empêchement de l’autre mais dans la promotion de soi.

Depuis quelques temps on entend en permanence que le problème c’est l’autre. Le centre ville de Perpignan perd des clients ? c’est à cause des grandes surfaces. Les agriculteurs n’arrivent pas à vivre de leur exploitation ? C’est à cause des pêches espagnoles. Le BTP souffre de concurrence du Sud ? C’est à cause des sud catalans. Etc.

Quelqu’un a-t’il assez d’humilité pour comprendre que si les agriculteurs catalans n’arrivent pas à vivre de leur exploitation, c’est parce qu’ils paient beaucoup plus de charges que les agriculteurs espagnols ou italiens ?! Est-ce si compliqué de comprendre qu’au lieu de bloquer les constructeurs sud catalans on ferait mieux d’être compétitifs avec eux et essayer de décrocher leurs marchés également ? Tout cela est une question de taxation et nous savons tous que c’est un mal typiquement français.

©L'Indépendant

©L’Indépendant

Quant aux grandes surfaces, on lit presque tous les jours qu’elles sont le mal incarné et qu’elles détruisent le centre ville. Une preuve serait qu’on en a plus que la moyenne française. Quelqu’un peut-il m’expliquer en quoi c’est une preuve ? Au contraire, ce que ça prouve c’est que nous -qui n’avons pas un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne française- nous attirons dans nos grandes surfaces au-delà de notre territoire ! C’est une preuve que les sud catalans (mais aussi des audois) viennent acheter chez nous ! Alors partant de ce constat, comment dire que les grandes surfaces ne produisent pas de richesse et d’emploi ? En revanche si le centre-ville (et les grandes surfaces locales) faisaient de la promotion extérieure, là on attirerait encore plus de clients. Les commerçants du centre ville (pas tous, heureusement) veulent détruire les grandes surfaces pour faire revenir les clients chez eux. Personnellement ce que je vois c’est de plus en plus de perpignanais aller à Barcelone faire des achats. Est-ce que ces gens-là ont un problème pour payer 2€ de parking à Perpignan ? Je vois aussi des pubs pour le Perthus «espagnol» et pour Gran Jonquera mais nous, quelle pub faisons-nous alors que nous sommes en capacité d’augmenter considérablement notre clientèle ? Savez-vous que la majorité des catalans de Girona et Figueres préfèrent venir dans les zones commerciales chez nous (Auchan ou Carrefour Claira) car l’offre y est meilleure que chez eux ?!

Alors les thèses du FN vont bon train : fermons la frontière, remettons le franc (et ainsi on s’ajoute 10% de frais de change pour aller au sud ou pour ceux du sud qui viendraient ici), sortons de l’UE pour vendre plus de produits agricole chez nous (et comment ferons-nous en étant taxés à l’exportation, sachant que nous dépendons de l’exportation ?!), etc.

Réfléchissons un peu. Un meilleur accueil au centre-ville (horaires, accès, tarifs, sympathie, animations, …) sera beaucoup plus efficace que toute manifestation anti-grandes surfaces. Ces solutions dépendent à la fois des pouvoirs publics et des privés (exploitants et propriétaires). Mais ce qui est sûr c’est que se priver de la plus-value sud catalane c’est à coup sûr détruire de l’emploi.

Enfin, pour remémorer un peu le fonctionnement d’un commerce… Si une grande surface existe c’est parce qu’il y a des clients. Il vaut donc mieux inciter ces clients à venir chez soi plutôt que les empêcher d’aller ailleurs. On a l’exemple avec le village outlet qui devait se faire à Ribesaltes, il a été empêché, il s’est fait à la Jonquera. Résultat : au lieu d’avoir les emplois liés ici, ils sont à la Jonquera. Et les clients dans tout ça ? que ce soit à Ribesaltes ou à La Jonquera, ça ne leur change rien. Par contre à l’emploi et l’économie, si. La question n’est pas de savoir si la surface existe ou pas, mais de savoir où elle existera.

Pour chaque problème que nous avons, la solution n’est pas dans l’empêchement de l’autre mais dans la promotion de soi.

PS: Si le «carré d’or» est un problème, ce n’est pas parce qu’il crée simplement une surface commerciale de plus, mais c’est parce qu’il est d’une part dans une zone de chalandise inappropriée (loin des infrastructures de transport) et d’autre part parce que sa destination (habitat) est en concurrence directe avec la probable arrivée d’Ikea à Rivesaltes où, évidemment, tous les professionnels de l’ameublement voudront aller. 

Voilà 2014, année intense

Alors nous revoilà…

Nous voilà en 2014 (dernier jour pour les voeux, alors Bonne année ! Bon any nou !). Année de votes s’il en est !

Et du coup me revoilà sur mon blog. Non pas pour commenter particulièrement les élections mais tout simplement parce que l’actualité de cette année sera exceptionnellement dense.

Voilà arrivée la fin publique d’un géant de la politique locale. Jean-Paul Alduy a façonné un nouveau Perpinyà. Même si on a pas toujours été d’accord avec lui, c’est quand même et surtout lui qui a donné l’impulsion nécessaire à la catalanité, qui a fait comprendre le concept même de transfrontalier, qui a inscrit Perpinyà et le Rosselló dans une aire/ère européenne, bref, un homme qui restera pour toujours dans la mémoire des Perpignanais tire sa révérence… politique.

Nous revoilà en campagne. Cette fois sur des municipales où plus que jamais je serai engagé. Ensuite des européennes où malheureusement notre influence n’est que mineure sur une circonscription électorale immense. Et pour finir l’année nous nous engagerons sur des élections régionales et départementales (pour 2015). Que de campagnes !

Nous voilà aussi et enfin devant un processus réel d’indépendance de la Catalogne. La date du référendum est fixée au 9 novembre et si quelques illuminés (mais toujours en fonction) pensent envoyer les chars depuis Madrid, l’Europe et l’ONU devraient tout de même garantir la réalisation ce vote historique qui interviendra deux mois après celui de l’Ecosse.

Alors voilà, pour ce retour je fais court car chaque sujet mériterait bien un post à lui tout seul. Mais ce qui est sûr c’est que 2014 s’annonce dense, intense et historique.

Endavant !