Oriol Junqueras primer president de la Catalunya independent ?

En 3 anys, els vots i intencions de vots canvien molt. Aquest estudi té en compte les últimes dades de la Generalitat quant a les eleccions i les intencions de vots segons l’últim sondeig del CEO, publicat dijous. La voluntat independentista, tenint en compte el fet que els vots en blanc no compten, es tradueix amb uns 67-70% de vots a favor de la independència i doncs uns 30-33% en contra.

Com es veu aquí, l’any 2010 CiU tenia 62 diputats. Des de l’any 2012 en té 50 elegits, per arribar avui a només 41 en intencions de vots. Una caiguda espectacular, deguda tant a la falta de coherència respecte a l’independentisme desitjat pel poble com a la renovació d’ERC amb l’Oriol Junqueras que sap encapçalar el moviment històric de l’independentisme.

vots parlament

Es veu aquí a sota que el canvi de majoria només és una qüestió de temps vist que la població es situa més aviat a l’esquerra que no pas a dreta. Llavors significa que molts d’esquerra han votat per CiU durant anys segurament en motiu d’una valoració bastant negativa de l’acció independentista d’ERC (sobretot mentre governava amb el tripartit) i una valoració evidentment positiva del nacionalisme de CiU, tot i que l’independentisme hi sigui molt relatiu.

posicionament esq-dreta

valoracio liders

Per acabar, aquí veiem la valoració positiva que es fa del líder d’ERC.

Molt lògicament, tenint en compte la sensibilitat “esquerra” de l’electorat, la voluntat independentista molt majoritària i aquesta valoració positiva del líder d’ERC, no es necessita ser vident per deduir-ne qui serà el primer president de la Catalunya Independent… A més, no oblidem d’una banda els problemes de CiU amb la justícia i d’altra banda el fet que sigui gràcies al pacte amb ERC que Catalunya celebrarà el referèndum d’autodeterminació el 2014.



Lettre ouverte aux parlementaires pour Aurore Martin

Suite à l’arrestation incensée d’Aurore Martin, militante politique basque pacifiste, j’envoie ce jour une lettre ouverte aux 6 parlementaires de Catalogne Nord : F. Calvet, Ch. Bourquin, S. Neuveille, J. Cresta, P. Aylagas et F. Siré.

La voici :

Madame, Messieurs les parlementaires,

Permettez-moi d’attirer votre attention sur l’arrestation sur le territoire français d’Aurore Martin, militante de Batasuna, remise par les autorités françaises à l’Espagne.

Il faut bien avoir conscience que ce parti basque est légal en France. Elle est inculpée par Madrid pour son activisme dans ce mouvement -certes interdit en Espagne- mais pas pour quelque participation que ce soit dans des actes terroristes avec l’ETA. Elle n’est donc qu’une militante d’un parti politique, comme vous et moi.

Cela a bien évidemment fait réagir de nombreuses personnalités basques, parfois même de vos partis. Il me paraît indispensable que vous-même vous positionniez.

Est-ce normal et moral selon vous qu’une militante d’un parti légal en France soit arrêtée par les forces de l’ordre pour appartenir à ce parti, uniquement parce qu’un autre Etat l’a déclaré illégal ? Il ne s’agit pas seulement de remplir son devoir international dans le cadre d’un mandat d’arrêt, mais bien de toute la symbolique que cela représente. Cela me rappelle la triste histoire de Lluís Companys, président de la Generalitat en exil en France, arrêté puis remis aux autorités de Franco, qui le fît fusiller.

Alors même si la peine de mort n’est plus d’actualité, ce principe demeure-t’il ?

En effet, il me faut savoir : En tant qu’instigateur et responsable de relations avec des partis identitaires européens et notamment le SNP (Ecosse), le N-VA (Flandres) et plus particulièrement SI (Catalogne Sud), si l’un de ces partis venaient à être interdit, seriez-vous favorable à mon extradition afin d’être jugé pour “faits de participation à une organisation terroriste” ? Sachez que certains hauts responsables espagnols ont déclaré qu’il faudrait interdire Solidaritat Catalana per la Independència et emprisonner leurs responsables. Dois-je m’inquiéter ?

Dans un Etat qui dit être “le Pays des Droits de l’Homme”, la liberté d’exercer la démocratie ne prévaut-elle pas sur les accords internationaux ?

J’attends impatiemment votre réponse et réaction publique, tout comme les dizaines de milliers de militants pour le droit à l’autodétermination en France.



Enquête Exclusive M6 du 24/04/11 (en francès)

Dimanche soir l’émission Enquête Exclusive diffusée sur M6 était consacrée à Barcelona. Selon l’équipe de Bernard de la Villardière, la capitale Catalane est à deux doigts de l’explosion. L’immigration, la crise économique, le tourisme, la “fête”, la consommation de stupéfiants et le nationalisme Catalan seraient apparemment les causes du “malaise” Barcelonais. Il est curieux de voir les raccourcis navrant et les généralités qu’ont pu faire les journalistes. A les écouter Barcelona serait la seule grande ville d’Europe à rencontrer des problèmes de drogue et de délinquance, problèmes identiques au nationalisme.

Concernant le Catalanisme, les discours entendus sont plus qu’affligeants. Le Catalan, pourtant reconnu par l’Union Européenne, l’ONU, les Etats Espagnol et Italien, etc… comme langue européenne y est qualifié de langue “régionale”. Les journalistes s’étonnent de voir inscrit “bienvenue à Barcelona” en Catalan à l’entrée de la ville, capitale de la Catalogne. Pire, ils s’horrifient du bilinguisme des panneaux et de la société catalane en général. Je cite “une langue imposée aux habitants”. Mais ces journalistes ont-ils compris qu’ils étaient en Catalogne, qui plus est dans la capitale catalane, et que par conséquent le Catalan n’était pas imposé, mais simplement la langue des habitants ? S’il faut reprocher à toutes les institutions du monde le bilinguisme, ces journalistes français ont l’embarras du choix (Royaume Uni, Finlande, Italie, Suisse, Irlande, Pays Basque, Algérie, Danemark, Corse, Canada, …) Mais il est vrai que dans un pays qui se réclame des droits de l’homme et qui n’applique pas la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, le respect des minorités peut paraître futile, voire dangereux pour la langue et la culture dominante. Rappelons par ailleurs ces principes qui se retrouvent dans un grand nombre de textes et de déclarations officielles :
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme: “L’ universalisme doit reposer sur une conception de la diversité linguistique et culturelle qui dépasse à la fois les tendances homogénéisantes et les tendances à l’isolement facteur d’exclusion” ;
La Convention des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales du Conseil de l’Europe: “Le droit de pratiquer une langue régionale ou minoritaire, dans la vie privée ou publique, constitue un droit imprescriptible” ;
Le Parlement Européen: “Les langues régionales et minoritaires constituent une source
essentielle de richesse culturelle. Il convient par conséquent de les soutenir sans relâche et à tous les niveaux, au titre du patrimoine culturel commun” ;
La Constitution du 4 octobre 1958, dans son article 75 : “Les langues régionales font partie du patrimoine de la France” ;
Le Conseil Général des Pyrénées-Orientales, dans sa Charte en Faveur du Catalan et son équivalent de la ville de Perpignan: “Aujourd’hui et pour les années à venir, la survie de la langue catalane est un enjeu culturel, économique, politique et humain d’importance” ; “le catalan est la langue historique sur le territoire catalan”
A les écouter le statut d’autonomie de la Catalogne serait exagéré et dangereux pour l’Espagne et les pays voisins. Comme à chaque fois en France, les termes autonomie, fédéralisme, respect des minorités sonnent des appels à la violence, au repli sur soi, à l’intolérance, alors que le nationalisme Catalan prouve depuis des années que c’est tout le contraire. La Catalogne est une Nation ouverte sur le monde depuis des siècles. Cette ouverture d’esprit a fait la richesse culturelle et économique de la Catalogne qui serait la quatrième puissance européenne si elle était indépendante.

Dans Enquête Exclusive, les militants nationalistes y sont présentés comme des fauteurs de troubles, des criminels, voire de potentiels terroristes, imposant leur diktat à la population. De plus, les soit-disant “enquêteurs” parlent de 20% de la population qui serait indépendantiste alors même que toutes les enquêtes d’opinion donnent au moins 50% de la population vivant en Catalogne (donc immigrés inclus) favorables à la pleine souveraineté de leur nation. Termes qu’ils “oublient” de définir. N’aurait-il pas été intéressant de définir “nation”, “pays”, “Etat” ? Mais apparemment, eux-même n’en connaissent pas les définitions. Ils oublient étrangement aussi de citer les consultations populaires organisées par le peuple lui-même afin de de déterminer grâce au vote selon listes électorales, la volonté du peuple à construire un Etat indépendant. Ces votes ont donné lieu à 90% de oui à l’indépendance ! Si le “oui” à l’indépendance était un parti politique, il serait le premier parti en Catalogne. Dans leur présentation, l’émission ne fait que parler de la région autonome catalane espagnole alors que la Catalogne s’étend bien au-delà : département français des Pyrénées-Orientales, Andorre, Pays Valencien , Illes Baléares, une partie en Aragon et une ville en Sardaigne. Dans toutes ces régions, sauf le département français (évidemment !) le catalan est au moins co-officiel, voire unique langue officielle dans l’Etat andorran. Les journalistes n’ont pas rappelé non plus que le 10 juillet 2010, plus d’un millions et demi de citoyens se sont réunis dans la capitale catalane pour réclamer l’indépendance de leur nation. Le fait indépendantiste n’est pas une lubie en Catalogne, mais une réalité tout comme en Flandres, en Ecosse ou encore au Québec, n’en déplaise aux journalistes parisiens. De plus, présenter les nationalistes Catalans comme des criminels est totalement honteux, tant le nationalisme catalan se démarque par son pacifisme. Même sous les pires heures du franquisme, les Catalans se sont toujours affirmés par le travail, la culture, les arts, le commerce et une formidable ouverture sur le monde. Sans Etat, les Catalans n’avaient plus que la force de leur travail, de leur langue, de leur culture pour faire vivre leur nation. Ils ont toujours privilégié la force de leur identité à celle des armes, et c’est tout à leur honneur. Alors les présenter comme des hooligans est tout simplement scandaleux. Il vaudrait mieux soutenir le combat acharné et digne d’une nation sans Etat, qui est en train de devenir une des régions les plus pauvres d’Espagne, pays oppresseur.

En tant que représentants du premier parti catalan en Catalogne Nord (Pyrénées-Orientales), mais également amis et délégués d’élus au Parlement Catalan de Barcelona dont Joan Laporta, nous invitons l’équipe d’Enquête Exclusive à faire un vrai sujet et à se renseigner sur le mouvement catalan qui, loin d’être source de tensions dans notre pays, remet sur le devant de la scène une problématique importante en Europe : la reconnaissance des nations sans Etat.