Ikea Perpinyà-Ribesaltes ?

Lors du conseil d’agglo du lundi 22 avril, Jean-Paul Alduy a appuyé le projet d’extension du Mas de la Guarrigue Nord, secteur d’activité de la zone commerciale de Ribesaltes. La présentation d’André Bascou, soutenu par son adjoint délégué aux zones économiques et à l’urbanisme Jean-Pierre Cot, a mis en avant le principe non concurrentiel avec les commerces de centre-ville. Quelques élus ont bien tenté de s’opposer à cette extension, prétextant un risque trop élevé de fermetures de commerces en centre-ville.
Ces arguments, opposés de manière plutôt incohérente, ont fait réagir d’une part D. Mach en ces termes : “on ne peut vraiment empêcher les commerces en centre-ville de fermer. Mais pour autant doit-on empêcher les créateurs d’emplois et de richesses de s’installer?”.

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Mais c’est surtout la conclusion de JP Alduy qui a fait réagir le public : “lorsqu’une grande surface alimentaire s’installe en périphérie, c’est concurrentiel et ça nuit sérieusement aux petits commerces. Mais quand on parle par exemple de l’installation d’une grande surface spécialisée dans le meuble, qui de toutes façons risque de s’installer dans un secteur proche tel La Jonquera ou Girona, on ne peut pas parler de concurrence avec le centre-ville puisqu’il n’y a plus de magasin d’ameublement en centre-ville. Je vous demande donc d’appuyer la demande de dérogation du SCOT afin de permettre l’installation de surfaces commerciales de ce type et je demande au président du SCOT (Monsieur Billès) de permettre plus de souplesse à l’avenir pour prévenir l’installation de surfaces concurrentielles.”
Plusieurs personnes dans le public ont alors compris qu’il s’agit bien d’Ikea dont parlent le Président Alduy et Messieurs Bascou et Cot de Ribesaltes. Les mentalités ont encore du mal à évoluer. S’il est évident qu’il faut interdire les petites surfaces commerciales dans ces zones, il est tout aussi évident qu’il faut favoriser les grandes surfaces non concurrentielles avec les centre-villes, au risque de se retrouver avec ces grands commerces simplement à quelques kilomètres d’ici, où il n’y aura pas eu cette réticence.
Si la dérogation du SCOT passe rapidement, ainsi que la révision simplifiée du PLU de Ribesaltes (évoquée dans les débats) alors nous aurons probablement bientôt Ikea Perpinyà-Ribesaltes.



Affaires et moralisation de la politique

A trop vouloir faire les vertueux et donneurs de leçons, nombreux sont ceux qui oublient la poutre qu’ils ont dans l’œil.

Ainsi, pour résumer la semaine passée, l’ex Président Sarkozy a été mis en examen pour une des nombreuses affaires dans lesquelles il est cité. Indignation de tous les géants UMP (et leurs lèche-bottes au passage) afin de récupérer un peu de protagonisme et de profiter de cette espèce de nostalgie du président passé. Je rappelle au passage que certaines même de ces personnalités UMP indignées, ne voulaient pas commenter l’affaire Aurore Martin, extradée contre tout sens éthique républicain, au motif de « ne pas commenter de procédure judiciare ». Tiens tiens… Ils oublient également que l’ancien chef de l’Etat est aussi mis en cause dans d’autres affaires.

La semaine continue avec Cahuzac. Les gouroux socialistes qui se  réjouissaient tant des affres de l’UMP se retrouvent eux aussi dans la tourmente. Qui revoilà ? Une certaine Marine, qui nous ressort son « tous pourris, sauf le FN ». Oui mais… surgit alors que c’est un militant notable (notoire?) du FN qui avait permis à Cahuzac l’évasion fiscale. Car on parle bien de fraude, pas juste d’optimisation fiscale. Fraude dont P. Péninque, ami de Marine Le Pen mais aussi de Cahuzac (sic), serait spécialiste.

Aujourd’hui la presse locale nous apprend qu’un responsable FN est également condamné (et n’a pas fait appel) pour abus de biens sociaux. L’avocat n’est autre que Louis Aliot, candidat à la mairie de Perpignan.
Je suis signataire depuis ma candidature aux législatives de la Charte Anticor. Au-delà des problèmes actuels de la République, que la justice met à jour, il est indispensable de faire avancer la démocratie. Le retour de la confiance politique est absolument nécessaire et doit se faire par un ensemble de mesures prises au plus vite. Le Président Hollande fait encore une lourde erreur en reculant sur un des points clés de son mandat.

– « Non cumul des mandats strict, non cumul dans le temps, loi sur les conflits d’intérêt, inéligibilité définitive pour les élus condamnés, réforme territoriale ambitieuse, diminution du nombre de parlementaire, dose de proportionnelle aux élections législatives, fiscalisation des indemnités des élus, réforme du système de retraite des députés et sénateurs, transparence des dépenses et des patrimoines des élus… » Ceci est un extrait de la lettre de démission du PS de Frédéric Gonano qui compile l’essentiel de cette réforme urgente. Tout comme le PS, le PC, l’UMP et le FN ne sont pas en reste quant aux condamnations. Mais avec l’application de ces mesures, c’est toute la politique qui serait nettoyée et cela ne pourrait que faire du bien à la politique française en général et à la politique locale en particulier



PSG – Barça ou la définition de Nation

42922Mardi dernier nous avons été nombreux à suivre le spectacle qu’offraient deux grands clubs européens de football. Ce spectacle avait d’ailleurs comme un air de France-Catalogne. C’est d’autant plus marquant quand on est ici -en Catalogne- et qu’on est habitués à ce que les Barça-Madrid soient assimilés à des Catalogne-Espagne.

Voici pourquoi j’en viens au concept de Nation : En France, nous avons connu une politique de l’Etat-Nation. Faire croire aux différentes Nations intégrés à l’Etat français que la seule qui existe chez nous est la française. Or, la France est un Etat (délimitation et compétences administratives). La Catalogne est une Nation (peuple, culture). Bien sûr que la Nation française existe, mais elle n’interdit pas pour autant l’existence de la Nation catalane, vieille de plus de 1000 ans. Disparaît-elle juste parce qu’à un moment dans son histoire elle est divisée entre deux Etats ? Oserait-on dire que le pays basque n’existe plus ? Bien sûr que non.

Et la preuve que notre territoire est catalan réside bien dans des événements comme celui de mardi soir. La majorité des nord-catalans soutenaient non pas la capitale de leur Etat, mais la capitale nationale : Barcelona.

Alors si certains ont encore du mal à comprendre la différence entre Etat et Nation, pensez donc à cela : nous sommes administrativement français, mais notre Nation est bel et bien la Catalogne.