La rue des Augustins bientôt d’intérêt public, avec quelques mensonges…

Comme je l’avais annoncé, je me suis rendu à la réunion publique au sujet de la revitalisation de la rue des Augustins à Perpignan (lien vers Google Maps).

Image L’Indépendant, lors d’une étude des locaux vacants en 2016

Cette artère du coeur de ville, sinistrée depuis une vingtaine d’années, a jadis été le centre commerçant de la cité catalane. J’avais proposé au maire en 2014 qu’on se saisisse de prérogatives via une Déclaration d’Utilité Publique (DUP) pour que la mairie soit décideur et acteur puisqu’elle permet à la municipalité d’être contraignante avec les propriétaires et de porter elle-même nombre de projets, pourvu qu’ils soient d’intérêt public. Refus du maire. 5 ans plus tard, il lance une DUP en grande pompe. Ce n’est pas parce que je suis maintenant dans l’opposition que je vais être contre un projet que j’avais moi-même proposé. Je soutiendrai donc cette orientation. Néanmoins, ce n’est pas pour autant qu’il faut laisser faire sans rien surveiller. Hier, lors de la réunion publique menée par Olivier Amiel qui avait à ses côtés quelques élus concernés pour le soutenir dans cet exercice difficile, celui-ci a repris quelques approximations volontairement trompeuses du maire. Voici 3 sujets qui méritent à mon sens d’être surveillés ou rectifiés :

D’abord sur le parking de surface au centre ville. Le maire prétend qu’il est en cours de négociation avec Indigo mais qu’il n’y peut rien si la société à laquelle il a délégué la gestion des parkings met des amendes dès la première minute de dépassement. Or, lors du conseil municipal où la délégation a été votée, je m’étais opposé et avais proposé -entre autres- deux améliorations à la convention : d’abord une tolérance de 10min, ensuite que le contrat ne porte pas sur 9 ans car c’est une date trop éloignée pour renégocier. Refus catégorique du maire car la redevance payée par Indigo à la ville aurait été moindre. Évidemment… Jean-Marc Pujol savait donc pertinemment que la société comptait particulièrement sur les premières minutes de dépassement.

Ensuite sur la taxe foncière. Plusieurs propriétaires ont dit leur bonne volonté pour réclamer des loyer bas (et nombre d’entre eux ont donné des exemples confirmant cette volonté). Mais ils se sont plaint de la contrainte que représente une taxe foncière beaucoup trop élevée. Olivier Amiel, reprenant alors les propos du maire, les a rassurés en des termes proches de l’arnaque. En effet, Jean-Marc Pujol prévoit bien de baisser la taxe foncière sur la ville de Perpignan… après l’avoir lui-même augmenté à la communauté urbaine. Et encore, sans compter d’autres taxes (refus d’exonération de la CFE, création de la taxe GEMAPI, hausse du versement transport, …). Quand on ne dit les choses qu’à moitié, ça n’a plus le même sens.

Enfin, une inidication : le projet prévoyait au début de la rue la démolition de plusieurs immeubles « sans intérêt » selon le maire. Cette démolition a été refusée par les services de l’Etat. Passée inaperçue, cette décision nous montre que pour de nombreux bâtiments que le maire estime sans intérêt patrimonial, nous devons être très vigilants. Il a la destruction facile…

En conclusion, je rappelle mon soutien à ce projet car il permettra la revitalisation d’une artère très importante, charnière entre les quartiers les plus difficiles et les meilleurs du centre ancien. Ce soutien est évidemment conditionné à ne pas prendre les perpignanais pour des idiots. Je resterai donc vigilant, dans l’intérêt de la ville.

Unis contre l’incompréhensible antisémitisme

J’étais hier au rassemblement républicain contre l’antisémitisme. Cette haine que je n’arrive pas du tout à comprendre, de la part d’une population qui m’est totalement inconnue. Non, l’antisémitisme n’a pas sa place chez nous et nous avons tous fait bloc hier (sauf le RN) pour dire notre désaccord avec ces actes et notre solidarité aux personnes concernées.

Article de Made in Perpignan dont le lien est ici  :

Les actes antisémites ont augmenté de 74% en 2019. Au-delà de ce chiffre, c’est l’agression antisémite du philosophe, essayiste et académicien d’Alain Finkielkraut lors de l’acte XIV du mouvement des Gilets Jaunes qui a suscité la mobilisation de la classe politique française. Une agression verbale qui fait suite à la découverte des croix gammées sur des portraits de Simone Veil* qui repose depuis peu aux côtés des grands Hommes de la nation. Ou encore la vitrine parisienne marquée en lettres jaunes du mot “juden“, traduction de “juifs” en allemand. Des actes qui rappellent les heures sombres des années 30.

♦ La quasi-totalité de la classe politique perpignanaise unie contre le racisme et l’antisémitisme

Le Parti socialiste a invité l’ensemble des partis politiques, à l’exception du Rassemblement National, à se mobiliser contre l’antisémitisme. “Nous portons dans le débat public des orientations différentes, mais nous avons en commun la République. Et jamais nous n’accepterons la banalisation de la haine. C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des Français pour dire ensemble : « NON, l’antisémitisme, ce n’est pas la France ».

Nous, politiques et responsables associatifs, pourrions tous être accusés de crime

Il y a des choses dans la vie auxquelles nous pensons ne jamais être confrontés. A tel point qu’on pense même que notre entourage n’y sera jamais confronté. Comme par exemple être accusé de crime. Et puis un jour, des gens avec qui vous partagez des idées, des combats, des moments forts de votre vie, sont mis en examen, en prison préventive, puis condamnés pour faire ce que vous-mêmes faites régulièrement.

Photo Diari Ara

Ce qu’il se passe maintenant doit toucher tous les démocrates, indépendamment de notre sensibilité catalane. Des hommes et femmes politiques qui se sont engagés pour un projet, qui ont été élus pour le mener à terme et qui encourent maintenant une peine de 7 à 30 ans de prison. Il s’agissait juste d’un référendum, pacifique.

Un jour vous mangez avec eux, vous rigolez au téléphone sur l’actualité, vous envisagez la suite pour votre territoire par message, vous vous encouragez dans vos engagements, … et le lendemain plus aucun contact n’est possible. Aujourd’hui je suis triste. Leur procès a commencé ce mardi. Pour ceux qui sont mes amis, mes relations politiques ou même que je ne connais pas vraiment, je suis triste. Ils sont tous ensemble jugés par un tribunal qui a déjà décidé l’issue du procès.

Ce qu’il leur arrive pourrait m’arriver demain. Être élu pour un projet politique, le mettre en œuvre sans violence, dans le respects des Droits de l’Homme et autres normes internationales, puis être mis en prison et y rester l’essentiel de ma vie.