Els catalans som masoquistes !

És una de les coses que sento més freqüentment en relació amb l’autodeterminació. A vegades ens diuen idiotes, estúpids, o -més adequat- masoquistes. No parlo evidentment de tots aquests que ens insulten, sinó dels que tenen simpatia per la nostra causa i que no entenen què esperem per evolucionar.

Aquí a Catalunya Nord, ja patim una esquizofrènia bastant important amb la majoria de la població tant orgullosa de ser catalana com francesa. Però només els “iniciats” a la història i a les realitats catalanes poden entendre que es tracta d’una esquizofrènia. Malauradament som molt pocs. Per això ens dediquem a fer molta pedagogia (els nous mitjans com Facebook ens ajuden molt). Però quan aconseguim que els francesos ens tractin amb respecte pel que fa a l’autodeterminació, al explicar que l’actual Comunitat Autònoma de Catalunya compta més independentistes que espanyolistes, de seguida tenim aquest tipus de reflexions : doncs ja al Nord voteu francès i molt poc català(nistes) però el Sud, molt independentista, vota autonomista i espanyol ? Espanya us maltracta, us menysprea, us insulta, us roba, i encara no sou independents ? Que sou bojos els catalans ? De fet, o bojos o masoquistes ?!

Potser una mica dels dos… En tot cas el dia que algú tingui la resposta, aquest tindrà la clau per la llibertat.



Réaction à l’article de La Semaine du Roussillon sur l’histoire du Roussillon

Voici ma réaction à l’article paru dans la Semaine du Roussillon de cette semaine (n°820), intitulé : “Une étrange affaire criminelle en 1353. L’épouse du roi d’Aragon s’y intéressa”.

Chers journalistes de La Semaine du Roussillon,
Permettez-moi de réagir à votre article d’une page sur l’histoire de notre pays (p. 39 du n° 820). Tout d’abord une réaction particulièrement positive car cela fait plaisir de lire notre histoire et non pas l’histoire d’une autre nation au 14ème siècle (époque des Valois). Mais au-delà des félicitations, il me semble important de relever des inexactitudes, que j’attribuerais volontiers à une vision peut-être “étrangère” car française de l’histoire de la Catalogne. Cela n’est aucunement un reproche, étant donné que c’est la seule perspective que nous permet le système français… et une de vos source : Wikipédia France. Oui, je rappelle que notre territoire n’a vu aucun gaulois et n’était pas français au 14ème. Cela paraît une évidence pour certains, mais étonne toujours un grand nombre…
Tout d’abord, principale inexactitude très fréquente, on ne parle pas en Catalogne du roi d’Aragon en tant que tel. La Catalogne était à l’époque une confédération et le souverain du Comté du Roussillon dont il est question dans cet article est le comte, pas le roi. Le fait qu’il fut également Roi d’Aragon n’en fait pas pour autant un titre supérieur à celui de Comte du Roussillon. Par exemple au 15ème, Naples fut “capitale” de la confédération. Est-ce que pour autant, ce Comte, devenu Roi de différents territoires méditerranéens, perd son titre au profit de “Roi de Naples” ? Evidemment non. On ne dit pas à Perpinyà que le souverain est le roi de Naples. Il s’agit toujours de la même personne (ou dynastie) qui, au fil de l’histoire, acquiert différents titres, l’un ne remplaçant pas l’autre. La vision française de l’histoire et des souverainetés rend pour beaucoup cette conception un peu difficile à comprendre mais il faut bien se rendre compte que nous parlons d’une confédération (avec d’ailleurs depuis le moyen-âge une représentation du peuple qui partage le pouvoir avec le souverain, bien avant la Révolution française).
Ensuite je remarque que vous donnez des noms à moitié francisés à certains personnages ou lieux. Il est évidemment impossible de lire dans un texte d’époque “Jacques Llaurador”. L’utilisation du français en Catalogne Nord ne remontant qu’à la fin du 19ème siècle, début du 20ème. Point de Jacques donc mais plutôt un Jaume. De la même manière qu’on ne parlerait pas, par exemple, du Roi Jean-Charles d’Espagne, mais de Juan Carlos. Certaines traductions sont parfois à éviter. J’en profite d’ailleurs pour préciser l’orthographe de Generalitat de Catalunya (encart rouge).
Enfin, s’il est vrai que le surnom du Comte-Roi est “el Ceremoniós”, il n’était pas Pere IV mais Pere III. Il a effectivement gagné une guerre afin de récupérer le Royaume de Mallorca (dont Perpinyà était la capitale), Royaume qui avait été auparavent divisé pour les deux fils de leur ancêtre commun : Jaume Ier.
Encore une fois, bien que j’ai ces quelques remarques à faire qui me semble indispensables à la compréhension de notre histoire, je tiens à vous féliciter et j’espère que vous renouvellerez chaque semaine ces points historiques en dernière page… avec peut-être d’autres sources, notamment, je vous les conseille : les historiens très comptétents de la faculté de catalan de Perpinyà.
Moltes gràcies.
Brice LAFONTAINE.