Ce vendredi 31 août, le président catalan Quim Torra nous faisait le plaisir d’une visite institutionnelle à Perpignan. Dès 10h il était à la Casa de la Generalitat et toute la journée il a rencontré les principaux acteurs de l’identité catalane : écoles catalanes, USAP, Dragons Catalans, institutions.
Protocole oblige, il a été reçu en mairie par Jean-Marc Pujol. Bien que ce soit une réception officielle, tout le monde n’était pas convié. Le conseil municipal n’était pas informé et même dans la majorité nombreux sont ceux qui se sont plaints de ne pas être invités. Ambiance dans la majorité…
A 13h, le président arrive donc à l’hôtel de ville. A la grande surprise de l’assistance, le maire arbore un ruban jaune à la poitrine. Ce soutien aux prisonniers politiques et exilés catalans est une source de tension entre le maire et moi depuis le mois d’octobre dernier et le référendum catalan. Lors d’échanges houleux en conseil municipal, il avait alors refusé de faire voter une motion en soutien à la démocratie malgré toutes les précautions que je prenais pour ne pas faire d’ingérence au sujet de l’indépendance. Le maire a soutenu la justice et le juge en charge de l’instruction, pourtant désavoué à l’international par tous les tribunaux : Suisse, Allemagne, Ecosse et Belgique. La Belgique où le juge Llarena est d’ailleurs mis en examen pour utilisation de ses moyens à des fins politiques. Malgré ces faits, le maire a toujours refusé que l’institution municipale arbore le lien jaune ou un signe en faveur de la démocratie (comme l’a fait le conseil départemental, soutenant la liberté d’expression sans se prononcer sur l’indépendance).
Donc le maire de Perpignan écrivait en avril dernier «L’Espagne est un état de droit et sa constitution a été approuvée avec une grande majorité, dont celle des catalans. A ce titre, les juges font leur travail qui peut être critiqué ou contesté mais doit être respecté.»
Aujourd’hui il accueille le président catalan avec ce soutien que j’ai d’abord cru feint. Sauf que lors du repas, le maire a signé le manifeste des maires de Catalogne Nord en faveur de la démocratie (en soutien aux prisonniers politiques).
Il aura donc fallu 10 mois d’exils, emprisonnements, violences, et la visite officielle du président catalan pour que Jean-Marc Pujol soutienne enfin ses homologues sud-catalans. Malgré le délai, nous ne pouvons qu’en être satisfaits.
Alors monsieur le maire, bravo pour le soutien, maintenant affirmons-le. Gardez le ruban sur votre veste. Vous l’avez rangé immédiatement alors que le lendemain même vous inauguriez Visa Pour l’Image. Ce symbole doit être arboré tout le temps et pas seulement lors de la réception de catalans. Mettez-en un sur la façade de l’hôtel de ville et faisons honneur à notre titre de Fidelíssima. Nous ne saurions croire que ce soutien n’était que de circonstances…



Voilà la drôle d’ingérence du Consul Général d’Espagne qui en fait bondir plus d’un. Ce mercredi 29 avril, lors d’un débat (où seuls ceux qui étaient prévus pouvaient intervenir) organisé par l’Indépendant et dont le sujet était «comment attirer la clientèle espagnole», le consul n’a pu s’empêcher de transposer le conflit hispano-catalan à la Catalogne Nord. Alors que les échanges avaient commencé avec un bon ton, distinguant catalans et espagnols tant au niveau culturel qu’économique (les catalans étant plus proches restent moins longtemps) la conclusion du Consul a été de dire qu’il a été négativement surpris en arrivant à Perpignan de voir tant de drapeaux catalans et une culture aussi présente «alors que personne ne parle catalan ici, personne !». Evidemment il était là dans un rôle politique anti catalan car il sait très bien qu’il a déjà eu droit à plusieurs manifestations de catalans devant son consulat, qu’il parle régulièrement en catalan à de nombreux nord-catalans (dont moi-même) et que si effectivement le catalan ne jouit pas d’une utilisation normale et courante, il est pourtant bel et bien en phase de récupération. Mais faut savoir que son hostilité est telle que les organisateurs ont «oublié» d’inviter son homologue catalan, le directeur de la Casa de la Generalitat, à qui il n’adresse même pas la parole.
