Collectivité propre : L’Alsace l’a fait, les catalans doivent se bouger

Depuis plus de 10 ans que je suis engagé en politique j’entends dire qu’avoir une collectivité unique pour le Pays Catalan est impossible. Certes, la situation a évolué et depuis 2008 la Constitution a établit la possibilité de créer des collectivités territoriales à statut particulier. Ce qui avant requérait une disposition spéciale dans la norme suprême (comme pour la Corse) devenait un droit commun, accessible.

Aujourd’hui une réforme centralisatrice des territoires est passée par là et certains ont disparu de la carte, comme l’Alsace. C’était sans compter sur la détermination et la force des élus de tout bord, associés pour l’intérêt de leur territoire.

En un temps record, le Premier Ministre a acté la création d’une « collectivité européenne Alsace » (article France 3 ici)

Nous les catalans, précurseurs dans la volonté de créer une collectivité correspondant à notre territoire, sommes à la traine et ça ne semble émouvoir aucun de nos « hauts responsables politiques ».

La Bretagne est assez étendue pour avoir sa région et aucun gouvernement n’a osé y toucher (grâce encore à la mobilisation de ses élus). La Corse, malgré un territoire peu peuplé, a réussi à sortir de la région PACA il y a longtemps et a maintenu un statut particulier. Les basques ont maintenant leur EPCI. Même si c’est peu, c’était la meilleure solution pour avoir une administration les représentant. Et voici l’Alsace qui retrouve des compétences propres.

Nous avons maintenant tous les éléments pour avancer. Notre département pourrait tout à fait obtenir des compétences élargies et en profiter pour changer de nom. Il ne manque qu’une chose, comme souvent sur cette terre : la volonté politique.

Déclaration des rencontres interrégionales contre la réforme territoriale

Déclaration des représentants des langues et cultures régionales de la République Française, réunis dans le cadre des XXIVe Rencontres interrégionales des langues et cultures régionales
à Rennes le vendredi 28 novembre 2014.

Nous, solidairement,

– exprimons notre consternation face au repli identitaire français et à la politique régressive menée par le gouvernement dans le cadre de la réforme territoriale. Cette réforme est la négation même des spécificités des territoires, des diversités linguistiques et culturelles ainsi que des réalités économiques et sociales ;

– dénonçons un déni de démocratie. Le gouvernement, en refusant le droit aux citoyens de déterminer eux-mêmes leur région ou territoire, viole l’article 5 de la Charte Européenne de l’autonomie locale ;

– dénonçons une recentralisation. L’État impose un découpage arbitraire, incohérent et technocratique des régions. A cette occasion, il redonne aux préfets la prééminence sur les élus du peuple ;

– dénonçons par ailleurs une politique qui organise la régression des langues dites régionales en entravant les efforts de leurs locuteurs et des politiques locales pour les faire vivre et prospérer.

Nous constatons qu’il existe sur le territoire français, conformément à la Constitution, des collectivités territoriales à statut particulier (Métropoles, Grand Paris, Grand Lyon, Corse…).

Nous demandons la mise en place de nouvelles collectivités territoriales à statut particulier cohérentes et conformes aux intérêts linguistiques, culturels et économiques des populations et territoires. Ceci renforcera, ainsi, l’ouverture sur l’Europe et sur le monde.
Ces collectivités devront être dotées de la compétence linguistique afin de valoriser et de développer nos langues.

Nous appelons les acteurs culturels, les élus et l’ensemble des citoyens à relayer cette déclaration et à renforcer la mobilisation.
Le Président,

Raymond Yvon BISSOL
Représentants de :
ALSACE, BRETAGNE, CATALOGNE, GUADELOUPE, GUYANE, LA REUNION, MARTINIQUE, MAYOTTE, OCCITANIE, PAYS BASQUE.