Achetez local, produit à 1000km ! (frontière psychologique part.2)

Alors qu’on nous bassine (à juste titre) sur le consommer local, de plus en plus de citoyens français portent un intérêt à l’origine du produit. D’après un sondage M6, nous ne sommes “que” 43% prêts à payer plus cher pour du produit local, mais tout de même…

Alors encore une fois, on préfère acheter une pomme du calvados qu’une pomme de Catalogne Sud. On préfère manger du porc breton que du porc catalan. On préfère boire du champagne que du Cava. Etc.

Or, si l’intérêt écologique plaide déjà en faveur des catalans, l’intérêt économique également ! Car le ratio de sud catalans qui viennent en Catalogne Nord par rapport aux bretons, champenois et autres français est assurément positif. De plus, pour l’agroalimentaire cette frontière psychologique  nous désaventage car nous sommes largement exportateurs en fruits et légumes (et vins). Pourtant, aucune salade nord-catalane n’est vendue au sud car elles vont toutes à Rungis ! Aucun porc de Lleida (un des trois sites européens fixant le cours du porc !) n’est vendu à Perpignan !

Lorsqu’on propose de consommer catalan, on nous dénigre en disant que de toutes façons ce sont des remarques de… catalanistes. C’est pas faux. Mais… et si les catalanistes disaient vrai ? Et si parmi ces idiots de catalanistes (nos détracteurs aiment bien car ça rime avec extrémistes) il y avait des économistes, des professionnels du tourisme ou encore de l’agroalimentaire qui bossaient la question ? Ah bin ils se retrouveraient bien embêtés nos détracteurs pour prouver que 1€ gagné dans l’Aisne est plus profitable à Perpignan que 1€ gagné à Girona. Manque de pot pour ces dogmatiques des frontières, toutes les études économiques et touristiques prouvent qu’il vaut mieux acheter à 200km aux environs, indépendemment de la frontière, que des produits qui ont fait 1000km.

C’est logique, et oui, mais y aviez-vous pensé ? La prochaine fois que vous acheterez des produits d’origine “française” ou d’origine “espagnole”, réfléchissez-y à deux fois.

 



Exemple typique de frontière psychologique : l’Ebola

Un des reproches souvent fait aux français est qu’il y a d’un coté la France, et de l’autre le reste du monde. Cela se retrouve d’ailleurs en interne dans les expressions “Paris… et la province”. Le même dénigrement est alors engendré, la province étant souvent “contre” Paris. Un élément de réponse se trouve probablement -au-delà de l’histoire- dans le traitement de l’information.
De la même manière que le nuage de Tchernobyl se serait arrêté aux frontières françaises, les cas supposés d’Ebola ne seraient importants qu’une fois en France. Et donc à ce titre, la suspicion d’un cas à Barcelone ne fait l’objet d’aucun traitement de l’information alors que le même cas en Bretagne affolerait les Perpignanais outre mesure, quand le catalan est à 150km et le breton à plus de 1000km.

Vous avez dit frontière…?

PS: info sur l’Ebola (català). Le cas est unique, en quarantaine, et reste une simple suspicion, donc pas de raison de s’affoler.