Ma réponse à Louis Aliot

 

FlagsIl y a quelques jours, Louis Aliot s’étonnait que l’Etat français laisse faire les catalans dans leur engagement militant et demandait à la préfète de me rappeler à l’ordre dans une correspondance qu’il a rendue publique (que vous trouverez dans mon précédent post).

Voici ma réponse tant sur la forme que sur le fond (pdf téléchargeable ici réponse à Aliot 13:10:14)

Monsieur Aliot,

Dans votre correspondance non datée à Mme la Préfète, rendue publique ce 10 novembre, vous interpellez l’Etat Français par la voie de sa représentante sur l’engagement qu’on devine aisément être mien pour la démocratie en Catalogne.

Je suis tout d’abord surpris que l’élu européen que vous êtes se permette d’adresser une demande d’exécution à Mme la Préfète. Vous méconnaissez là la hiérarchisation des fonctions qui est en vigueur dans la République Française. Mme la préfète n’a pas à exécuter une demande d’un eurodéputé, ni d’un conseiller régional, ni d’un conseiller municipal, ni d’un conseiller communautaire, que vous êtes -au regard de tous les mandats et fonctions que vous exercez, vous m’excuserez si j’en oublie quelques uns.

Concernant le fond, il est évident que vous méprisez totalement le désir de démocratie du peuple catalan et que c’est pour cette raison que vous interpellez Mme la Préfète Chevalier.
Mon engagement, comme celui de nombreux catalans mais aussi de très nombreux démocrates, va dans le sens de l’histoire et des normes reconnues internationalement dont le droit des peuples à s’autodéterminer. Je rappelle à l’ex professeur de Droit Constitutionnel que vous êtes que le bloc de constitutionnalité français est composé du préambule de la constitution de 1946 qui garantit la liberté des peuples et le plein exercice démocratique. De plus, que ce soit à l’ONU ou l’Union Européenne, ensemble la Cour Internationale de Justice et la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la démocratie et l’expression de souveraineté des peuples sont des principes consacrés. Je vous rappelle (ou vous informe de) l’article 9 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales qui garantit la liberté de manifester son opinion de manière individuelle ou collective.

Cela n’étonnera personne que vous mettiez en évidence votre opposition à la liberté de manifester ou la liberté d’opinion. Chose toute relative quand on sait que vous défendez Dieudonné Mbala Mbala bien qu’il incite publiquement à l’antisémitisme (en arabe comme en français) mais que vous êtes contre l’utilisation de la langue catalane par des élus locaux.

Il ne fait aucun doute que vous montrez là votre rapprochement aux idéaux de Franco qui niait tant l’existence d’un peuple catalan que le droit à la démocratie. Cela n’étonnera pas les plus avertis mais éclairera certains quant à votre aversion à la reconnaissance de peuple catalan, que ce soit par-delà des Pyrénées ou ici même.

C’est bien pour cela que vous n’avez pas à vous inquiéter d’être “amalgamé” comme vous le craignez avec la manifestation récurrente de nos idéaux.
Oui, nous assumons tout à fait notre volonté de travailler à l’exercice de la démocratie, qu’elle soit pour le Tibet, l’Ecosse, la Nouvelle Calédonie ou encore la Catalogne. Oui nous assumons publiquement nos orientations politiques, nous les démocrates. Si j’en suis coupable ? oui, et je l’assume. Et non, vous n’êtes pas associé à cela, vous qui êtes clairement contre le droit des catalans de voter et même contre le droit de manifester notre opinion.

Enfin, si vous vous croyez investi d’une fonction supérieure à votre rang, ce n’est pas mon cas. Je suis maire-adjoint et en cette qualité, je ne représente pas plus les intérêts de la France à l’étranger que vous-même. N’oubliez pas que nous sommes élus dans un cadre précis et qu’à aucun moment il ne conviendrait que nous nous octroyons des prérogatives qui ne sont pas les nôtres comme les relations interétatiques, cela relevant exclusivement de la compétence du Chef de l’Etat.

Brice LAFONTAINE

2 pensaments a “Ma réponse à Louis Aliot”

  1. Ce qui est symptomatique dans le courrier de M. Alliot, c’est qu’il met des majuscules à «Etat Français», mais pas à république. Venant d’un universitaire, je ne peux pas croire que cela soir une erreur orthotypographique. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Amb la meva solidaritat occitana.

Deixa un comentari

L'adreça electrònica no es publicarà. Els camps necessaris estan marcats amb *