Ikea Catalogne Nord en 2017 (Rivesaltes) !

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Vous avez pu le suivre en avant-première sur ce blog, vous avez donc la primauté de l’annonce officielle.
Il aura fallu plus de 7 ans de travail au maire-adjoint de Rivesaltes Jean-Pierre Cot, évidemment soutenu par le maire M. Bascou. Parfois contre les services de l’Etat qui ont pu freiner le développement économique, souvent dans le secret, et toujours avec détermination, c’est ainsi que nous aboutissons aujourd’hui à la décision du siège suédois d’implanter un de ses magasins tant attendus en Catalogne Nord. La date de 2017 est annoncée pour l’ouverture. Les prévisions de terrains, d’aménagements routiers, de concertations des décideurs locaux (SCOT et agglo) ont donc porté leur fruit et ce, malgré des réticences à cause de ce principe ridicule que l’on entend souvent : nous, on est nuls, on ne peut pas, on y arrivera pas.
Et bien certains se battent et y arrivent !
Cette grande surface spécialisée est, rappelons-le, sans aucune concurrence avec quelque centre-ville que ce soit et captera une clientèle à une heure aux environs, soit une zone de chalandise dépassant le million de clients. Ce qui induit une quantité d’emplois supérieure à ce que serait une zone de chalandise uniquement locale.
Barcelone étant saturée, il n’est pas exclu pour autant qu’un Ikea voit également le jour à Gérone mais ultérieurement.

Positivisme pour Perpignan

 

Soyons positifs pour un meilleur Perpignan. Ca dépend de nous !

 

Cet été nous avons encore vu un nombre impressionnant de touristes dans les rues de la Fidelíssima. Et pourtant, on n’entend que des commentaires désagréables. Vous avez envie vous d’aller dans une ville où tout le monde se plaint ? Bien sûr qu’il y a des raisons de se plaindre, mais plus on va le faire, plus on aura des raisons de le faire… Alors soyons positifs et donnons envie aux touristes venus de loin mais aussi à ceux qui viennent d’à côté, comme aux résidents de Canet, Prades, Céret, etc. (que nous avons tous en amis sur Facebook) de venir passer un moment agréable à Perpignan. Car avec tout ce remue-ménage, même l’aire urbaine de Perpignan ne vient plus en ville.

 

Insécurité ? parfois, oui. Mais le sentiment d’insécurité est bien plus important que l’insécurité réelle. Le nombre de policiers municipaux connait d’ailleurs une hausse exponentielle pour compenser les défaillances de la Police Nationale (non pas des agents qui sont très bien mais leur manque d’effectif). Mais être plus nombreux en ville diminue également le sentiment d’insécurité alors réinvestissons le centre ville, ne le laissons pas à ceux qui en donnent une mauvaise image.

 

La ville serait sale ? Oui, à pas mal d’endroits, à pas mal de moments. Mais les agents de propreté sont de plus en plus présents. On ne nettoiera pas tout d’un coup, il va falloir du temps pour voir l’amélioration, mais avant de parler nettoyage, parlons de ne pas salir, car ça, c’est l’affaire de tous.

 

Il manque des institutions en ville pour redensifier ? Oui, justement c’est la politique menée. Les universitaires du DU Photojournalisme seront dès cette année installés en ville. D’ici quelques années (oui, les travaux publics sont longs) c’est la fac la plus importante de l’université qui sera installée en ville (le Droit représente chaque année 350 nouveaux étudiants en Licence 1). La passerelle, pas si chère que les polémistes veulent le faire croire, va améliorer l’accès entre les berges et désenclaver une partie du bas-vernet. De nouveaux parkings vont être créés notamment à Cassanyes pour désenclaver St Jacques. Les animations sont étalées sur l’année pour avoir plus de monde, plus souvent en ville. Etc.

 

Les immeubles s’effondrent ? Un peu normal pour des bâtiments construits au moyen-âge et sans fondation ! Nous avons un des plus beaux patrimoines d’Europe (et donc du monde) car souvent épargné par les guerres du dernier siècle. Mais qui dit patrimoine très ancien dit normes inexistantes. Que peut-on reprocher réellement ? Les immeubles sont évacués quand ils sont identifiés comme dangereux et il y a un plan de rénovation urbaine volontariste.

 

Le commerce au centre-ville diminue ? Faisons une communication positive ! Que les commerçants fassent de la pub (comme le font ceux de Girona ou La Jonquera) vers l’extérieur pour attirer les chalands. Nous-même soyons les promoteurs d’une ville qu’on aime.

 

Alors oui, il y a des accidents, des incidents, des imperfections, mais que propose-t-on d’autre ? Rien. Juste du catastrophisme, histoire pour certains opposants systématiques (systémiques!) d’exister médiatiquement.

 

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Croyons en nos projets, réinvestissons la ville, faisons-en la promotion, soyons tous acteurs d’un meilleur Perpignan et nous aurons alors un meilleur Perpignan. Allons souvent boire un verre en ville et nous diminuerons ce sentiment d’insécurité. Ayons un comportement citoyen responsable et nous diminuerons la saleté et les actes d’incivilité. Soyons positifs et nous redonnerons envie à tous d’investir le centre ville et ses boutiques.

 

Oui Perpignan n’est pas une ville parfaite, c’est vrai.

 

Mais un autre Perpignan est possible, ça dépend de nous tous.

 

Positivisme.

 

 

 

Achetez local, produit à 1000km ! (frontière psychologique part.2)

Alors qu’on nous bassine (à juste titre) sur le consommer local, de plus en plus de citoyens français portent un intérêt à l’origine du produit. D’après un sondage M6, nous ne sommes “que” 43% prêts à payer plus cher pour du produit local, mais tout de même…

Alors encore une fois, on préfère acheter une pomme du calvados qu’une pomme de Catalogne Sud. On préfère manger du porc breton que du porc catalan. On préfère boire du champagne que du Cava. Etc.

Or, si l’intérêt écologique plaide déjà en faveur des catalans, l’intérêt économique également ! Car le ratio de sud catalans qui viennent en Catalogne Nord par rapport aux bretons, champenois et autres français est assurément positif. De plus, pour l’agroalimentaire cette frontière psychologique  nous désaventage car nous sommes largement exportateurs en fruits et légumes (et vins). Pourtant, aucune salade nord-catalane n’est vendue au sud car elles vont toutes à Rungis ! Aucun porc de Lleida (un des trois sites européens fixant le cours du porc !) n’est vendu à Perpignan !

Lorsqu’on propose de consommer catalan, on nous dénigre en disant que de toutes façons ce sont des remarques de… catalanistes. C’est pas faux. Mais… et si les catalanistes disaient vrai ? Et si parmi ces idiots de catalanistes (nos détracteurs aiment bien car ça rime avec extrémistes) il y avait des économistes, des professionnels du tourisme ou encore de l’agroalimentaire qui bossaient la question ? Ah bin ils se retrouveraient bien embêtés nos détracteurs pour prouver que 1€ gagné dans l’Aisne est plus profitable à Perpignan que 1€ gagné à Girona. Manque de pot pour ces dogmatiques des frontières, toutes les études économiques et touristiques prouvent qu’il vaut mieux acheter à 200km aux environs, indépendemment de la frontière, que des produits qui ont fait 1000km.

C’est logique, et oui, mais y aviez-vous pensé ? La prochaine fois que vous acheterez des produits d’origine “française” ou d’origine “espagnole”, réfléchissez-y à deux fois.

 

Centre ville et grandes surfaces, agriculture, BTP, … Arrêtons de dire n’importe quoi

Pour chaque problème que nous avons, la solution n’est pas dans l’empêchement de l’autre mais dans la promotion de soi.

Depuis quelques temps on entend en permanence que le problème c’est l’autre. Le centre ville de Perpignan perd des clients ? c’est à cause des grandes surfaces. Les agriculteurs n’arrivent pas à vivre de leur exploitation ? C’est à cause des pêches espagnoles. Le BTP souffre de concurrence du Sud ? C’est à cause des sud catalans. Etc.

Quelqu’un a-t’il assez d’humilité pour comprendre que si les agriculteurs catalans n’arrivent pas à vivre de leur exploitation, c’est parce qu’ils paient beaucoup plus de charges que les agriculteurs espagnols ou italiens ?! Est-ce si compliqué de comprendre qu’au lieu de bloquer les constructeurs sud catalans on ferait mieux d’être compétitifs avec eux et essayer de décrocher leurs marchés également ? Tout cela est une question de taxation et nous savons tous que c’est un mal typiquement français.

©L'Indépendant

©L’Indépendant

Quant aux grandes surfaces, on lit presque tous les jours qu’elles sont le mal incarné et qu’elles détruisent le centre ville. Une preuve serait qu’on en a plus que la moyenne française. Quelqu’un peut-il m’expliquer en quoi c’est une preuve ? Au contraire, ce que ça prouve c’est que nous -qui n’avons pas un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne française- nous attirons dans nos grandes surfaces au-delà de notre territoire ! C’est une preuve que les sud catalans (mais aussi des audois) viennent acheter chez nous ! Alors partant de ce constat, comment dire que les grandes surfaces ne produisent pas de richesse et d’emploi ? En revanche si le centre-ville (et les grandes surfaces locales) faisaient de la promotion extérieure, là on attirerait encore plus de clients. Les commerçants du centre ville (pas tous, heureusement) veulent détruire les grandes surfaces pour faire revenir les clients chez eux. Personnellement ce que je vois c’est de plus en plus de perpignanais aller à Barcelone faire des achats. Est-ce que ces gens-là ont un problème pour payer 2€ de parking à Perpignan ? Je vois aussi des pubs pour le Perthus “espagnol” et pour Gran Jonquera mais nous, quelle pub faisons-nous alors que nous sommes en capacité d’augmenter considérablement notre clientèle ? Savez-vous que la majorité des catalans de Girona et Figueres préfèrent venir dans les zones commerciales chez nous (Auchan ou Carrefour Claira) car l’offre y est meilleure que chez eux ?!

Alors les thèses du FN vont bon train : fermons la frontière, remettons le franc (et ainsi on s’ajoute 10% de frais de change pour aller au sud ou pour ceux du sud qui viendraient ici), sortons de l’UE pour vendre plus de produits agricole chez nous (et comment ferons-nous en étant taxés à l’exportation, sachant que nous dépendons de l’exportation ?!), etc.

Réfléchissons un peu. Un meilleur accueil au centre-ville (horaires, accès, tarifs, sympathie, animations, …) sera beaucoup plus efficace que toute manifestation anti-grandes surfaces. Ces solutions dépendent à la fois des pouvoirs publics et des privés (exploitants et propriétaires). Mais ce qui est sûr c’est que se priver de la plus-value sud catalane c’est à coup sûr détruire de l’emploi.

Enfin, pour remémorer un peu le fonctionnement d’un commerce… Si une grande surface existe c’est parce qu’il y a des clients. Il vaut donc mieux inciter ces clients à venir chez soi plutôt que les empêcher d’aller ailleurs. On a l’exemple avec le village outlet qui devait se faire à Ribesaltes, il a été empêché, il s’est fait à la Jonquera. Résultat : au lieu d’avoir les emplois liés ici, ils sont à la Jonquera. Et les clients dans tout ça ? que ce soit à Ribesaltes ou à La Jonquera, ça ne leur change rien. Par contre à l’emploi et l’économie, si. La question n’est pas de savoir si la surface existe ou pas, mais de savoir où elle existera.

Pour chaque problème que nous avons, la solution n’est pas dans l’empêchement de l’autre mais dans la promotion de soi.

PS: Si le “carré d’or” est un problème, ce n’est pas parce qu’il crée simplement une surface commerciale de plus, mais c’est parce qu’il est d’une part dans une zone de chalandise inappropriée (loin des infrastructures de transport) et d’autre part parce que sa destination (habitat) est en concurrence directe avec la probable arrivée d’Ikea à Rivesaltes où, évidemment, tous les professionnels de l’ameublement voudront aller. 

ElectroBeach : un festival exceptionnel, d’un niveau mondial ! Bravo et merci.

C’est donc une transformation de notre image (de département pour vieux et touristes “beaufs”) à laquelle nous avons assisté le temps d’un week-end, les 19 et 20 juillet derniers. Cette fois Le Barcares devient un sujet de presse parmi les meilleurs titres tant chez les spécialistes comme chez les généralistes (Nouvel Obs, BFMTV, ClubbingHouse.com, etc.)

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Alain Ferrand l’a instigué, Silvain Berreteaga l’a dirigé. Ils sont partis d’un souhait : créer un événement pour les jeunes. Et quel meilleur événement qu’un festival électro-house, style le plus en vogue en ce moment ?! Après un début gratuit et un succès clairement grandissant, l’EMF (pour ElectroBeach Music Festival) s’est lancée pour sa première année payante. Un line-up (programmation de DJ) impressionnant ne pouvait pas laisser l’espace du Lydia clairsemé. La capacité maximale de 36 000 personne a même été atteinte.

Nombreux sont ceux qui ne situent pas bien l’ampleur de l’événement. Les références absolues sont : l’Ultra Music Festival à Miami, 300 000 personnes sur 2 week end (300$ le week-end) un concours mondial de DJ et toute une ville au rythme de l’électro pendant 15jours ; TomorrowLand en Belgique, 200 000 personnes en un week end, 200€, tous les tickets sont vendus par internet en 1 seconde ! L’Electric Daisy Carnival à Las Vegas, 230 000 personnes en 3 jours, env 300$.

Et maintenant l’EMF au Barcarès qui se met à avoir un line-up aussi prestigieux que les festivals cités (l’UMF ne pouvant être égalé puisqu’il se combine avec un concours), avec une capacité de seulement 36 000 personnes et pour seulement 40€ les deux jours !

On comprend aisément la marge de progression de notre festival. Reste à apporter certaines améliorations pour se permettre de rivaliser avec les plus grands, même si pour progresser il faudrait trouver l’espace, chose particulièrement difficile vu le site. Car le line-up ne fait pas tout. En dehors de l’UMF qui mise sur l’abondance de scènes et le niveau mondial du concours, les autres festivals proposent plusieurs scènes mais aussi une ambiance. L’EDC Las Végas nous transporte dans un carnaval et TomorrowLand dans un monde féérique magnifique. Evidemment, plus les modifications apportées seront importantes, plus le prix grimpera. Le tout est de savoir comment se situer, et pour l’instant l’EMF a parfaitement réalisé la transition du festival local d’envergure régional -gratuit- à un festival international -à faible prix. Encore quelques petites années de transition et nous nous approcherons de ce que réalisent les plus grands.

Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas juste de se faire plaisir. C’est toute l’image de notre territoire qui est modifiée. De nombreuses personnes sont venues uniquement pour le festival et ont donc apporté la richesse que tout touriste apporte : logements, restauration, visites, etc.

Vous l’aurez compris, l’EMF est un énorme succès dans un secteur particulièrement porteur et qui améliore considérablement l’image (tellement négative !) de notre territoire. Plus que quelques étapes à franchir et nous serons une des destinations phares pour ce week-end là auprès d’un public dynamique.

Le centre outlet (Gran Jonquera) aurait du être à Ribesaltes

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La Jonquera vient d’inaugurer un énorme centre Outlet en vue d’attirer les clients d’une zone de plusieurs millions de consommateurs. Les commerçants roussillonais ont légitimement peur de la concurrence mais ne peuvent rien y faire. Ce centre va générer plusieurs centaines d’emplois directs et indirects avec des retombées économiques certaines pour la commune.Ces emplois, ces retombées, nous aurions pu les avoir en Catalogne Nord, et plus précisément à Ribesaltes, il y a à peu près vingt ans ! Une société étrangère spécialisée dans ce genre de grandes surfaces commerciales souhaitait s’implanter au nord de Perpinyà mais la Chambre de Commerce, les associations de commerçants et par ricochet les responsables politiques s’y sont farouchement opposés au titre de la concurrence.
C’est avec ce type de raisonnements qu’on bloque le développement commercial et donc économique de notre département. C’est d’autant plus irrationnel quand on sait qu’il suffit aux entreprises de faire quelques kilomètres pour ne plus avoir ce genre de barrières en ayant tout autant de potentiels clients.Au lieu de crier au loup et de tout bloquer en permanence, parfois il vaut mieux réfléchir à long terme et s’adapter. On entend et lit fréquemment des commentaires sur le fait que nous ayons trop de surfaces commerciales par habitant dans les P-O. Ces technocrates ne prennent même pas en compte les surfaces de La Jonquera. Alors là, encore pire, nous serions proche de la fin du monde ! Quand un territoire se spécialise dans un secteur, en l’occurrence le commerce, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’il dépasse la moyenne française -qui d’ailleurs prend en compte les chiffres de départements comme la Lozère…!
Alors au lieu de comparer l’incomparable, gérons ! Favorisons le commerce en centre-ville en améliorant la qualité de vie (piétonnisation, transports, rénovation, désenclavement, …) et interdisons uniquement la vraie concurrence déloyale comme les petites surfaces en zones commerciales et pas les grandes surfaces.
Voilà des propositions simples pour améliorer la qualité du commerce mais aussi pour le développement économique cohérent du territoire. Ah mais au fait, une certaine très grande surface suédoise spécialisée dans l’ameublement ne serait-elle pas en pourparlers pour le Nord de Perpinyà…? Attention à ne pas s’opposer de manière aussi ridicule au développement.

Perpinyà toujours en lice pour Ikea

Contrairement à ce qui a été annoncé à plusieurs reprises le site La Clau, Ikea n’a toujours pas choisi son lieu d’implantation entre Girona et Perpinyà. La seule chose qui est sûre c’est qu’ils ne s’installeront pas sur les terrains de la sortie autoroute sud de Perpinyà (appartenants à Auchan). Entre les deux villes, celle qui décrochera Ikea fera venir énormément d’entreprises à proximité et s’assurera d’un vrai plébiscite de la population. Cet effet, nous ne le retrouverons pas avec Alinea -concurrent direct du suédois- bientôt implanté à côté de Simply Market, entre le “rond-point d’Auchan” et la route d’Argelers. Cette installation est d’ailleurs assez étonnante vu les difficultés de circulations aux environs -mais c’est peut-être pour mieux le voir- et le faible développement possible sur à proximité immédiate. Mais soit, c’est déjà bien. Maintenant il nous faut Ikea.

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Certes, Girona possède des atouts qui nous font défaut en terme de développement économique. Quand nos chers décideurs locaux mettent en avant notre climat (sic), Girona met en avant son aéroport, son autoroute à 2 x 4 voies, sa connexion au TGV, sa proximité avec Barcelona, sa démographie, … Mais Perpinyà a toujours un gros avantage : sa position géostratégique. La proximité de Barcelona n’est en réalité pas un atout pour Girona car la capitale catalane a déjà plusieurs Ikea. Or, entre les villes les plus importantes du nord de la Catalogne que sont Girona, Figueres, Perpinyà et plus haut Narbonne, point de ce magasin suédois. Une aire de chalandise qui dépasse le million de consommateurs. Et quelle est la position la plus centrale ? Perpinyà. Enfin, je parle de la capitale roussillonaise mais évidemment il faut comprendre l’aire urbaine de Peprinyà…

Tout cela n’est que suppositions. Mais ce qui est sûr, c’est que les différentes informations que nous avons eu jusqu’à présent sont erronées. Ikea n’a pas choisi. Chacune des deux villes jumelles est en lice, même si j’ai ma petite préférence…

Barcelona, la sublime… en pleine expansion

Certains se posent la question de la pertinence de se tourner économiquement parlant vers Barcelona. On peut comprendre la réticence de ceux qui sont restés bloqués au milieu du 20e siècle, époque durant laquelle Franco sévissait sur le territoire espagnol et lors de laquelle le rapprochement de Barcelona n’était qu’une “lubie” des catalanistes par idéologie unioniste. La mode française était alors à la création d’une région artificielle. Un temps associés à Toulouse, finalement les départements de l’Aude et des P-O atterrissent avec Montpellier, mauvais choix s’il en est par la compétition prévisible entre toutes les villes du littoral.

Mais voilà, nous sommes au 21e, Barcelona a retrouvé son essor (bien que toujours bridée par Madrid) et revient aux premiers rangs mondiaux des villes pour les investissements internationaux. De chez nous, la frontière routière n’existe plus; le changement de train dans quelques mois ne sera plus nécessaire et nous y serons reliés par grande vitesse; nous avons la même monnaie et faisons parti du même marché… A une distance à peu près identique des deux villes, Perpignan se trouve mieux desservie pour Barcelona, ville-monde, que pour Montpellier, ville “seulement” régionale. Alors comme la belle parole des catalanistes ne vaut pas une démonstration, voici les extraits d’une étude commandée par Paris pour comparer la capitale française aux places fortes mondiales. Y apparaît évidemment Barcelona…

Source : Greater Paris Investment Agency

Tout d’abord le contexte : lors de l’étude, sont prises en compte sur les schémas suivants les 11 villes européennes au plus fort poids économique, plus particulièrement en terme d’attractivité des investissements internationaux. Il va sans dire que sur les 11 villes européennes, Montpellier n’est même pas envisagée une seconde. Peut-être les services de la puissante région montpellieraine essaieront de trouver des données similaires… je leur souhaite bon courage s’ils croient pouvoir rivaliser. Allez, c’est parti :

Sur cette première diapo, on voit à quel point le jacobinisme français fonctionne bien, et à contrario, à quel point la décentralisation espagnole a permis à Barcelona de se développer. Pour rappel historique, la décentralisation a été faite pour éviter l’indépendantisme. Autonomie contre indépendance, ça ne vous rappelle pas une certaine région française ? Regardez vers l’Italie, une certaine île…

représentativité metropoles par Etat

Barcelona représente donc à elle seule 22% des projets de l’Espagne.

Voyons maintenant les investissements internationaux réels 2008/2009

Investissements internatLondres conserve une avance réelle sur toute l’étude. Les Etats en développement sont également clairement identifiés comme centre d’intérêts pour les investissements. Enfin, il est à noter que Paris se détache, grâce à certains secteurs connus puis vient Barcelona, devant Madrid, Tokyo et New York. Nous avons, à 150km, une ville plus attractive pour les investissements internationaux que New York ou Tokyo !

Mais ce n’est pas tout de capter, encore faut-il progresser, surtout dans ce contexte de crise. Comme l’on peut s’en douter, le centralisme français (à tout concentrer en une seule ville) sature Paris. Les gestionnaires parisiens peuvent donc se réjouir de constater que l’évolution est quasi neutre (-0,5%). Tout le reste de l’Europe est en évolution négative, parfois même néfaste tant la baisse est importante. Toute l’Europe ? non, une ville tire largement son épingle du jeu avec une évolution de 6%, seule évolution positive d’Europe. Sur les 22 principaux pôles d’investissement mondiaux, Barcelona affiche donc la 4ème progression :

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Regardons maintenant un secteur clé à fortes retombées économiques : les quartiers généraux. Si Londres est connu pour en concentrer une partie très importante, Paris est évidemment très bien placée également avec la Défense. Regardons où se situe la capitale catalane :

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Il n’est donc plus à prouver que Barcelona occupe une place mondiale qui va bien au-delà des autres villes qui nous entourent. Pour finir, regardons comment capter un peu du rayonnement de cette ville-monde.

Les investisseurs internationaux ont été interrogés. Voici deux statistiques qui nous disent clairement comment faire pour les attirer :

Critères d'investissement

On voit bien que les critères d’investissement sont d’abord le contexte politique (pour ça, pas de souci chez nous) et vient juste après la qualité des infrastructures. Alors là… autant nous faisons un grand pas en avant avec le TGV Perpinyà-Barcelona, autant nous sommes encore bien en retard sur le reste. Pas de liaison à grande vitesse nous reliant au reste de l’Europe par le nord (pas de LGV entre Perpinyà et Nîmes), un aéroport qui a du mal à retrouver ses 500 000 passagers d’il y a peu (normal, les investissements étant régionaux, ils partent essentiellement sur Montpellier), le THD (très haut débit internet) est hors de prix et peu répandu, l’hôtellerie haut de gamme fait défaut, le Port-Vendres est quasiment abandonné, … Bref, sur un critère essentiel aux investissements internationaux, nous sommes totalement “largués”. N’oublions pas que Girona, elle, a au moins nos atouts, si ce n’est plus.

Passons enfin à la dernière donnée. La propension d’une ville à se développer :

facteur progressionSans surprise les investisseurs sont en priorité attirés par le potentiel de croissance d’une région. Mais regardons de plus près les autres facteurs. On voit en 3e position “localisation stratégique”. Nous revenons donc aux infrastructures. Car ce n’est pas tout d’être dans une région à fort développement, les infrastructures permettent en effet de développer la diffusion de la production. C’est forcément essentiel. On note ensuite que les événements sportifs/culturels jouent un rôle important. Je rappelle que la question était ouverte et que par conséquent si 7% des sondés donnent cette réponse, c’est que ça a son poids. G. Frêche l’avait bien compris en mettant le paquet (certes avec l’argent des catalans) sur les infrastructures de loisirs et sportifs ainsi que sur la création artistique et le sport (Rugby, foot, hand, natation, tennis, …).

Et pour finir regardons ce que nous, nous mettons en avant : le cadre de vie (seulement 1% des réponses). Nous pourrions mettre le paquet sur tout le reste mais non, nous mettons en avant le soleil, la mer, la montagne, c’est à dire ce qui est le moins intéressant pour les investisseurs et ce sur quoi nous sommes tout de même en concurrence avec d’autres régions. Logique, car bien que nous -les catalans- ayons conscience de vivre au paradis environnemental, cela n’est pas forcément le paradis économique. Voilà donc pourquoi nous battons un record de pauvreté. Pauvreté dans un cadre magnifique, certes, mais pauvreté.

Ce post est assez long mais je pense riche en enseignements. Nous devons tout faire pour arrêter de dépendre de Montpellier. La région finance à 100% les 37 millions d’euros de la nouvelle fac de médecine; 5M€ pour la maison des sports; et encore des millions pour le tram, les infrastructures de sport, le zénith, etc. Dans le même temps, Perpinyà, pour un théâtre s’endette sur de nombreuses années; le projet de stade/zenith est abandonné faute de financements; l’université est quasiment abandonnée (l’objectif clairement affiché est de l’intégrer à l’université de Montpellier… évidemment!); l’aéroport n’a qu’un investissement régional minime; Port Vendres est mis en concurrence -perdue d’avance- avec Port la Nouvelle et Sète, où les investissements régionaux sont sans commune mesure. La ligne grande vitesse est financée par la région pour le contournement Nîmes-Montpellier… Et nous ? La liste pourrait être encore longue. Il ne faut d’ailleurs pas penser qu’en termes publics. Le privés suit évidemment l’organisation publique. Les ASF délocalisent et ferment à Perpinyà pour Narbonne; le centre de tri postal ferme pour aller également vers le nord; les centres type Crédit Agricole ou Groupama, etc.

Enfin, un dernier “détail” : Pour être capable de capter une partie, aussi faible soit-elle, des investisseurs du bassin barcelonais, il nous faut être totalement connecté à la capitale catalane. Cela inclus évidemment une donnée de base : parler la même langue. Quand pour mettre en réseau des postes il est nécessaire d’ajouter des traductions, il est évident que ce “détail” devient un bâton dans une roue. Alors que s’adapter en généralisant la connaissance de la langue économiquement la plus forte à nos portes, ce n’est plus du catalanisme mais du pragmatisme.

 

Bientôt le Canigou délocalisé à Montpellier…

Comme vous pouvez le lire dans l’article de L’Indépendant ci-contre, le centre de tri postal de Perpignan va être délocalisé à Montpellier. Centre de triEncore une fois est-il nécessaire de rappeler que ce n’est pas un événement unique mais bel et bien une fuite permanente de tous les centres de décisions et d’emploi vers la capitale régionale? Pire, les délocalisations se font même au profit de Narbonne (ASF ou Vignerons Catalans par exemple). Aujourd’hui avec le centre de tri, outre le délai probablement plus important d’acheminement de courrier (notre département est déjà considéré comme mal desservi), nous perdons surtout une plate-forme de 60 emplois. Quand on l’ajoute à tout ce que nous perdons institutionnellement  comme dans le secteur privé, ça fait maintenant une grande quantité d’emplois perdus. Bourquin lui-même disait dans une interview prendre à toute la région pour mettre le paquet sur Montpellier. 30 ans que ça dure ! Perpignan était l’égale de Montpellier, c’est maintenant une zone sinistrée !

Comme nous sommes habitués à ces délocalisations, encouragées d’une part par des subventions régionales importantes et d’autre part par l’effet capitale (régionale), je me demande maintenant… à quand la délocalisation du Canigou sur Montpellier ? On en rit (jaune) mais s’ils pouvaient, ils le feraient sans hésiter !