Stationnement à Perpignan : la vérité contre la démagogie

Depuis le 1er janvier, de nombreuses voix s’élèvent contre la politique du stationnement à Perpignan. Entre la démagogie de ceux qui crient à la hausse de tarif et celle du maire qui fait l’offusqué, il est difficile de s’y retrouver. La vérité -comme souvent- est entre les deux. Ce serait accessible à tout citoyen lors des débats du conseil municipal mais comme le maire refuse de mettre en place une diffusion en direct, il est assez difficile pour chacun de suivre nos échanges. Je précise que je parle du stationnement de surface et plus précisément des zones vertes et orange, qui sont les plus proches du centre.

Tout d’abord le prix :

Il n’a pas augmenté. Les deux premières heures étant la référence puisque jusque là nous ne pouvions prendre que deux heures. En revanche, c’est à partir de ce délai que le stationnement devient salé. La troisième et surtout la quatrième heure sont créées avec des tarifs exorbitants. Politique totalement assumée ayant pour objectif de générer un “turnover” (roulement) entre les voitures. Le stationnement entre midi et deux reste gratuit, tout comme le samedi après-midi et le dimanche. Je précise que certains membres de l’équipe majoritaire dont je faisais partie avions proposé de rendre le mercredi après-midi gratuit également, au moins sur la zone verte. Refus du maire -évidemment- arguant du manque à gagner. En revanche, le délai est augmenté puisque maintenant le stationnement est payant jusqu’à 18H30 (contre 18h auparavant) mais cela n’a pas de rapport avec la délégation.

Ce que ça rapporte :

Oui car derrière la délégation au privé, il y a un intérêt pour la municipalité (et donc pour la ville). Jusqu’à présent, le stationnement rapportait 1,7 millions d’euros. Avec cette délégation, il rapportera 3 millions d’euros (chiffres donnés par le maire lors des conseils municipaux). Alors évidemment cela semble intéressant. Mais à quel prix ?

Les différences :

Jusqu’à présent, même si cela n’a jamais été assumé, il y avait une petite tolérance de la police municipale. Or, depuis la mise en place de ces fameux Forfaits Post Stationnement (équivalents de l’amende pour dépassement), de nombreux automobilistes ont été verbalisés pour quelques minutes seulement. Preuve à l’appui, 3 minutes suffisent pour récolter un FPS de 15 à 25€. La société doit faire du fric, et ce n’est pas vraiment avec les parcmètres qu’elle gagne le plus mais plutôt avec les fameux FPS (car il arrive à tout le monde de dépasser de quelques minutes de temps en temps).

Solutions

J’avais proposé deux pistes. Libre à chacun de considérer qu’elles sont bonnes ou pas, mais à mon sens elles sont justes :

– inscrire dans le contrat de délégation une tolérance de 10 minutes. Là, on aurait vu que le délégataire aurait “étonnamment” baissé la rétrocession qu’il fait à la mairie, puisqu’il sait qu’il fait beaucoup de chiffre avec les faibles dépassements.

– mettre en place la première demie heure gratuite. Cela permet d’aller rapidement à La Poste, la banque, ou n’importe quel service, voire même de manger de midi à 14h30 gratuitement (et non pas 14h pile). Et pour ceux qui veulent faire quelques courses, cela faisait économiser une demie heure de stationnement. J’aurais compris qu’on ne fasse que 20 minutes gratuites. Mais rien du tout, j’ai un peu de mal…

Réponse du maire à mes deux propositions : “mais ça rapporte 3 millions notre système alors que le vôtre rapporterait moins”.

Enfin, je me permets de rappeler qu’à Perpignan, le premier problème est qu’on ne met pas en place un vrai plan. Que ce soit pour la circulation avec des parcs relais efficaces, le plan de déplacements doux, ou encore comme ici la circulation et le stationnement, tout est géré au coup par coup. Aucune vision globale, aucune décision d’avenir.

Nota : Vu que le maire a décidé de mettre en place ce système pour récupérer 3 millions, il serait judicieux d’en céder une partie aux usagers sous forme de bons. L’application mobile permettant de stationner sur les parkings de surface autorise les bons de réduction. Peut-être la mairie pourrait-elle mettre en place des réductions à chaque consommateur, de la même manière qu’existent les bons pour les parkings souterrains. Mais Jean-Marc Pujol répondra très probablement encore une fois que nous ne gagnerions pas autant. Personnellement, il me semble que nous gagnerions bien plus à avoir un centre ville attractif qu’à contractualiser un million avec une société.

Grève dans les lycées français d’Espagne (Equinox)

Article Equinox Magazine

Souvent présentés comme un symbole de l’excellence à la française, les lycées français d’Espagne sont en grève depuis lundi contre les coupes budgétaires et suppressions de postes prévues. 

Le personnel dénonce la baisse des dotations de l’État à l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE), organisme public gérant près de 500 établissements à travers le monde, suite au décret de juillet 2017 qui a fait chuter de 10% le budget global, soit une baisse de 33 millions d’euros. Les syndicats de la Fédération Syndicale Unitaire en Espagne ont appelé les personnels des lycées français à se mobiliser contre les suppression de postes de détachés.

Reportage parmi les professeurs, élèves et parents d’élèves au lycée d’Alicante, par Sophie Da Cruz Van den Bossche, par Equinox Radio ici :

http://www.equinoxmagazine.fr/2018/02/07/greve-lycees-francais-despagne/

Voici la réponse du président Puigdemont à l’ultimatum de Madrid

Carles Puigdemont n’a pas déclaré l’indépendance mais préparé la déclaration, signée par le gouvernement et les parlementaires. Elle est prête à être proclamée. Néanmoins, pour des raisons évidente d’effectivité, il souhaite qu’une négociation avec le gouvernement central permette d’établir certaines règles de transfert de compétences, de dette, d’accords internationaux, etc. Carles Puigdemont continue à demander le dialogue et donne une échéance de deux mois. Mariano Rajoy a répondu par un ultimatum binaire : la Catalogne déclare-t-elle sont indépendance ou pas ? Celle qui est toujours une région autonome a jusqu’à jeudi pour répondre.

Cliquez ici pour lire la nouvelle lettre de Puigdemont à Rajoy (en français) en pdf : 001

2 banques déménagent hors de Catalogne : un risque mal calculé ?

Depuis hier, la décision de déménager le siège social de deux des plus grandes banques « hispaniques » hors de la Catalogne fait la une des journaux. La CaixaBank et la Banc de Sabadell déménagent aux îles Baléares et à Alacant. Disons qu’ils ne quittent pas totalement les territoires catalans mais ils seront hors de la Generalitat, territoire qui doit déclarer l’indépendance d’ici peu.

Cette mesure est essentiellement symbolique afin de rassurer les marchés qui ont peur d’une instabilité. Cela s’explique par le risque de ne plus accéder aux fonds de la Banque Centrale Européenne. Ces liquidités servent à créer artificiellement de la monnaie, qui est prêtée par les banques et sur lesquels nous remboursons avec intérêt. Oui, c’est injuste, ça ne leur coûte quasiment rien et ils gagnent beaucoup. Mais on ne refera pas le système…

Ces banques ont donc peur d’une situation qui, même en cas d’indépendance, n’arrivera pas du jour au lendemain. On ne passe pas d’une région autonome à un Etat indépendant en 24h, d’autant plus s’il n’y a rien de négocié avec l’Etat précédent. On le voit d’ailleurs avec le Brexit qui a pourtant moins de choses à négocier. Mais il fallait rassurer les marchés. Soit.

Le transfert de siège requiert certaines obligations, comme la consultation du comité exécutif. Or, la CaixaBank n’est pas sûre de l’accord de son conseil, ni de l’avoir rapidement. Ainsi, le ministre espagnol de l’économie a-t-il décidé de prendre un décret permettant aux banques de déménager leur siège sans passer par le conseil. Et il prend ce décret après avoir répété de nombreuses fois que l’indépendance n’aurait pas lieu. Un changement d’avis qui maintenant augure d’une effectivité manifeste de l’indépendance.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Les banques vont déplacer leur siège légal mais garderont les effectifs en Catalogne. Ce sera donc une perte importante pour l’économie catalane en terme de marchés et transactions, mais pas dans ce qu’on appelle l’économie réelle, c’est à dire les emplois.

Or, ce déménagement s’accompagne dès aujourd’hui d’une contestation de la part de la société catalane. De nombreux organismes, à commencer par plusieurs municipalités, annoncent qu’ils vont retirer leurs fonds de ces banques. Le problème qui va alors se poser est que les banques n’auront plus assez de fonds propres pour emprunter. Car même s’ils se servent auprès de la banque centrale, cette dernière exige quand même que les banques aient une certaine quantité de fonds propres pour éviter toute fragilité semblable à Lehman Brothers. En conséquence, l’instabilité crainte de la volonté catalane risque en fait de venir de la volonté de rester en Espagne.

Parfois il faut savoir prendre un risque. Le risque ici était de rester en Catalogne et travailler à avoir toujours accès à la BCE. Elles ont préféré sortir de la Catalogne et perdre des liquidités. Peut-être ces banques ont-elles maladroitement choisi une pseudo sécurité face à un risque calculable.

Mon 1er octobre : Le jour d’avant

Le “jour d’avant” commence en fait longtemps avant, mais il serait bien trop long d’expliquer tout le processus, de l’organisation citoyenne aux RDV avec le président Puigdemont et autres acteurs majeurs de ce référendum. Je vais m’atteler à expliquer ce concerne directement ce week-end, en 3 publications : le jour d’avant, le vote, puis de jour d’après.

Vendredi 29.

Dès le matin, j’avais RDV à Catalunya Ràdio pour une prise de parole en direct. Je ne le savais pas encore mais c’était avec la célèbre Mònica Terribas. Une heure et demie après, j’en pars et passe la journée à répondre par mail ou téléphone aux différentes sollicitations. Je commence à me rendre compte que quelque chose se passe. Cette fois, c’est différent, il y a un réel intérêt. Le référendum est pris au sérieux, le monde regarde la Catalogne (enfin, après 7 ans de tentatives de négociations avec l’Espagne).

Le soir, nous allons à l’acte final de campagne. Comme souvent, l’organisation est très bonne. Nous sommes dans une zone dite VIP mais en fait assez grande pour accueillir plusieurs centaines de personnes. Cela me permet d’inviter des proches et des journalistes qui n’ont pas eu le temps de s’accréditer en amont. Lorsque les personnalités du gouvernement catalan arrivent, nous échangeons de timides mots. Impossible pour nous de parler des difficultés, des risques, ou encore des craintes. Par exemple, lorsque nous parlons avec Oriol Junqueras (vice-président de la Catalogne) et le directeur de l’EFA (parti politique européen auquel je suis délégué pour Unitat Catalana), un micro-perche est tendu au dessus de nous. Je ne sais pas quoi dire, de peur que ce soit diffusé et mal interprété. Je reste donc sur des banalités les plus courantes et eux échangent alors quelques mots bien pesés. Je reste évidemment aussi discret à chaque échange avec un responsable politique, habitué que je suis à ce que mes mots soient maladroits pour la presse. La retenue est de rigueur. La soirée est assez longue mais également émouvante. Plusieurs orateurs et musiciens se succèdent. Parmi eux, des représentants de la société civile mais aussi des politiques tenant du NON à l’indépendance mais OUI au référendum. Les milliers de catalans rassemblés (certains disent 80.000) portent un grand espoir de démocratie, même si la forte présence policière dans la ville montre un grand risque. La soirée se finit. Le silence électoral est alors imposé pour la fameuse journée de réflexion qui précède, comme chez nous, chaque journée de vote.

Samedi 30.

Pour le référendum, j’étais coordinateur de visiteurs internationaux avec Anna Arqué. Notre organisation est l’ICEC (International Commission of European Citizens). C’est à travers cette association citoyenne européenne, dont elle est la représentante en Catalogne Sud et la porte parole internationale, que nous avons agit. Nous avons par exemple récupéré les coordonnées de ceux qui souhaitaient faire partie de ce groupe, pour les inscrire officiellement et les faire accréditer auprès de la Generalitat.

Le jour d’avant représente beaucoup pour le référendum. Nous sommes évidemment très demandés par la presse et nous avons du mal à gérer à la fois l’organisation et les interviews. À ce point que lorsque nous nous réunissons entre membres du bureau de l’ICEC, Anna est difficile à capter entre ses nombreux appels de la presse internationale. En ce qui me concerne c’est plutôt la presse catalane qui me sollicite ce jour là. La presse extérieure m’avait interviewé en amont et le refera après, ce qui me permet de n’avoir à gérer que de la presse locale, bien plus disponible que l’internationale. Bref, nous faisons du mieux possible pour internationaliser l’événement, tant avec nos relais personnels qu’avec les visiteurs internationaux.

Un premier briefing est organisé le matin, lors duquel le ministre catalan des affaires étrangères Raul Romeva explique les règles de neutralité nécessaire mais aussi le pourquoi d’un référendum, afin que tout le monde comprenne la situation. En sortant, la Generalitat distribue les accréditations. L’ICEC peut enfin préparer les groupes de visiteurs en fonction des “collèges électoraux” et des personnes réellement accréditées. Il ne nous reste que quelques heures.

Le soir, nous avions prévu une réunion. La tension était tellement forte que ni pour le rassemblement du matin avec le ministre catalan, ni pour le rassemblement du soir entre nous, nous n’avions donné le lieu précis. Seuls les horaires et la ville étaient connus de tous. C’est seulement la veille au soir que nous avons reçu les informations de la Generalitat et que nous avons divulgué notre lieu, juste en donnant une adresse, sans préciser de quoi il s’agissait. En ce qui nous concerne c’était un cabinet d’avocat.

Après une réunion de bureau, les participants internationaux arrivent. Très vite, les locaux deviennent étroits. Près de 200 personnes s’amassent pour écouter le briefing d’Anna Arqué, dans un anglais parfait. Une brève explication d’abord, puis l’annonce des groupes. Nous les répartissons avec un catalan référent qui permettra de faire le relai pour chaque groupe de 4 à 5 personnes, réunies en fonction de leurs compétences, statuts et zone géographique d’origine, de sorte à ce que chaque groupe soit le plus hétérogène possible.

Viennent ensuite les conseils légaux. C’est la raison de notre choix de lieu de réunion. Les avocats prennent la parole afin de nous dire quoi faire en cas de violence, d’arrestation, de contrôle d’identité, etc. Nous donnons évidemment les coordonnées personnelles d’avocats du cabinet et les répartissons en fonction de leurs compétences linguistiques. Je tairais évidemment le détail des conseils prodigués car il est indispensable à mon sens que cela reste dans un cadre purement professionnel et de confiance. Néanmoins, le simple fait d’évoquer ces situations nous faisait prendre conscience d’une situation exceptionnelle.

Dès lors, il ne manque plus qu’à chacun à s’organiser avec son coordinateur et à se donner RDV pour le lendemain matin. Les appels citoyens à occuper les bureaux de vote se multiplient afin qu’ils ne puissent pas être scellés. Nous sommes nombreux à décider d’un RDV tôt le matin, pour constater la situation.

Minuit. Je vois le débarquement des policiers sur Twitter et par notifications du site d’info Nació Digital. La tension monte encore d’un cran. Les dockers catalans avaient menacé d’empêcher le débarquement des milliers de policiers logés dans des bateaux de croisière, dont le désormais célèbre Piolin, nom donné chez eux à Titi (et “ro-minet”). Mais ils débarquent et sortent du port à minuit pile. Les images font froid dans le dos, sans entamer la détermination des catalans. Les réactions sur les réseaux sociaux parviennent finalement à me faire comprendre qu’il ne sert à rien de stresser pour les catalans. Ce peuple pacifique votera.

Mes lettres au premier ministre espagnol et à la diplomatie française

J’adresse ce jour une lettre au chef du gouvernement espagnol sur le même angle que ce qu’il a déjà reçu de députés danois notamment. Dans le même temps j’adresse une lettre au préfet des P-O pour que la diplomatie française ne reste pas muette face aux événements en cours. Enfin, j’alerte depuis plusieurs jours nos parlementaires et élus locaux afin qu’une attention particulière soit portée par les premiers concernés.

Dans les années 30 tout le monde détournait le regard. Ne faisons pas honte à l’histoire.

lettre au gouvernement espagnol

lettre préfet alerte Catalogne

Conflit des bus sur la Communauté Urbaine : les pouvoirs publics absents

Alors que la direction de Vectalia recevait pour la première fois les employés au bout de 10 jours de grève, je suis allé à la rencontre des manifestants pour comprendre leur mécontentement. Il ne s’agit pas de politiser un combat syndical entre une direction et ses employés. Néanmoins, ce n’est pas n’importe quelle entreprise. Il s’agit d’un service public de transports. La Communauté Urbaine est donc partie prenante.

Je ne me prononcerai pas sur la hausse de salaire demandée, bien qu’elle ait un lien indirect avec les contributions que nous versons tous. Ce serait facile de dire qu’il faut les augmenter sans avoir tous les chiffres en mains. Mais les revendications en terme de sécurité interpellent.

Car il en va de la sécurité des personnes transportées également. Par les temps qui courent, chacun pense à la menace des délinquants qui est réelle mais pas la plus inquiétante pour les chauffeurs. Il s’agit en fait de l’état du matériel. Pneus en état d’usure avancée, voyants d’alerte signalant une urgence, indications d’insuffisance de liquides comme le liquide de refroidissement, mais aussi rafistolage de petits dégâts matériels qui se retrouvent être potentiellement préjudiciables.

L’année dernière nous avons voté en communauté urbaine un avenant au contrat liant l’intercommunalité à la compagnie de bus. Le renouvellement d’engins ne se fait pas ou très peu, alors même que le prix du ticket occasionnel augmente. J’avais déjà fait savoir ma désapprobation, d’autant que nous avons un fonctionnement qui n’est pas digne d’une grande ville. Les bus commencent trop tard, finissent trop tôt, sont trop chers, pas assez fréquents, écologiquement irresponsables, … Quand allons-nous passer dans le 21e siècle ?

Mais évidemment pour que ce dossier avance, il faudrait que les responsables essaient de temps en temps de prendre le bus. Ils comprendraient alors qu’il faut renouveler le parc et répondraient déjà à une des principales demandes des employés. Il serait bon également que les élus s’intéressent à ce mouvement de protestation. Comment, en plus de 10 jours de grève maintenant, aucun décideur public n’a reçu l’intersyndicale ? Ces derniers se sentent méprisés. On peut les comprendre.

Si Jean-Marc Pujol prenait parfois le bus, ça lui éviterait de dire comme lors du dernier conseil municipal lorsque je l’ai interpellé, que “les perpignanais ne prennent pas le bus parce qu’on roule trop bien en voiture dans notre ville“. Avec chauffeur et aux frais du contribuables, sûrement. Mais quand on est un citoyen “lambda”, c’est bien différent.

Les agents municipaux perpignanais méritent une prime

Lors du conseil municipal du 23 mars dernier, le budget était à l’ordre du jour.

Comme chaque année, c’était l’occasion pour la majorité de présenter un budget considéré sain notamment grâce à une donnée importante : la capacité de remboursement de l’emprunt. On considère que s’il faut moins de 11 ans pour rembourser la dette, la gestion est saine.

Perpignan est à environ 9 ans. En découle un autofinancement de 7,5 millions d’euros. Qu’est-ce donc ? L’adjoint en charge des finances et le maire définissent l’autofinancement comme “ce qu’il reste après avoir tout payé”. 

Mais alors, comment avons-nous une gestion si saine sans hausse d’impôts ?

Grâce à la gestion du personnel. En ne remplaçant pas un agent partant à la retraite sur deux (en moyenne, d’après le maire) on arrive à diminuer le coût de fonctionnement de la mairie. D’où mon intervention :

A partir du moment où les économies sont réalisées grâce aux employés municipaux qui restent et à qui on demande un travail toujours plus important, ils méritent une prime. Celle-ci, je la fixe à 230€ environs par agent. Le calcul est simple : sur les 7,5 millions d’euros, considérons 0,5 millions à affecter à cette prime. Pour un peu moins de 2300 employés municipaux, cela fait près de 230€ par agent tout service confondu. Le tout, en gardant un autofinancement important, à hauteur de 7 millions d’euros donc sans gréver les finances, sans augmenter les impôts, sans aucune conséquence néfaste.

Dans le monde de l’entreprise, quand on demande plus aux employés et qu’on arrive à faire des économies grâce à leur implication, on les motive avec une prime. Cela me semble donc être la moindre des reconnaissances que d’octroyer une prime (exceptionnelle) aux agents municipaux qui permettent d’avoir des comptes équilibrés.

Le maire n’a pas exclu d’accéder à ma requête, tout en soulignant qu’il était pour lui prioritaire de traiter le problème de l’absentéisme. Personnellement, je ne vois pas d’opposition entre ma proposition et la diminution de l’absentéisme. Au contraire, pourquoi n’attribuerait-on pas cette prime uniquement aux agents qui font preuve d’assiduité ? (c’est à dire quasiment tout le monde). Car oui, il faut “arrêter de parler des fonctionnaires uniquement pour savoir combien de têtes il faut couper” (EM).

Merci de vos soutiens

Depuis l’officialisation de mon soutien à Emmanuel Macron il y a plusieurs mois, le maire
m’a fait part de ses réticences à 3 reprises. Crescendo, il m’a d’abord mis en garde, puis demandé de démissionner, avant finalement de me retirer mes délégations par arrêté le 15 mars dernier. Ces réunions n’y auront rien fait : j’ai refusé de renoncer au mandat que la population m’a confié et j’ai refusé de renoncer à mon engagement pour Emmanuel Macron. Le conseil municipal de cet après-midi aura par conséquent à se prononcer sur mon maintien ou non en tant qu’adjoint. Car si je restais adjoint, le maire serait obligé soit de me redonner une délégation, soit de les retirer à tous les conseillers municipaux. Impensable, évidemment.

Depuis, j’ai reçu d’innombrables soutiens. Certains attendus, comme les membres et cadres d’En Marche et ceux d’Unitat Catalana, mais aussi une quantité étonnante de personnes qui ne cautionnent pas la raison de mon éviction. Des élus de la majorité ont notamment fait part de la nécessité de me laisser choisir. C’est pourquoi une réunion “de conciliation” a eu lieu pour me laisser encore 24h avant le couperet. Mais comment dire aux perpignanais “je suspens l’exercice de mon mandat municipal juste parce que je ne soutiens pas le même candidat à la présidence que le maire” ? Mon devoir d’élu délégué est de travailler pour améliorer la vie dans et de la cité.

Les orientations politiques sur une élection extérieure n’ont rien à voir avec l’exercice d’un mandat municipal. Aussi, j’ai accueilli avec une certaine émotion des soutiens de toute part que je veux ici remercier. Mes collègues élus d’abord, pour qui cela représente une blessure de choisir entre leur sincérité à mon égard et la loyauté imposée par le fonctionnement majoritaire. Ensuite les engagés politiques de toute part. Mes soutiens “naturels” que j’ai déjà cité, mais aussi de nombreux membres des Républicains qui m’ont dit leur consternation. Pas leur accord “macroniste” mais bien leur soutien pour la liberté d’opinion et d’expression. Et enfin, tous ceux, nombreux, qui ne cautionnent pas cette vieille manière de faire de la politique en imposant des orientations.

A tous, je veux vous dire merci.