L’attentisme perpignanais face au volontarisme figuerenc

La municipalité de Perpignan semble s’émouvoir de la mise en place de bus pour amener des résidents locaux à Figueres. Cette démarche de la ville du musée Dalí est pourtant logique au regard du volontarisme de leur équipe municipale menée par Marta Felip, au contraire de l’attentisme perpignanais.

Interrogé en sa qualité de conseiller municipal délégué au tourisme, Pierre Barbé dit son mécontentement. Et pourtant…
D’une part, j’avais proposé en début de mandat que nous mettions en place des rotations entre Girona, Figueres et Perpignan. Le courroux de l’élu, alors président de l’office de tourisme, contre un tel projet de relations transfrontalières avait amené le maire à arbitrer (ils diront que ce n’est pas vrai mais heureusement j’ai les mails…). Avant même de pouvoir déposer un dossier chiffré ou même de travailler sur les intentions de chacun, Jean-Marc Pujol avait tranché : c’était hors de question. Aujourd’hui nous voyons le résultat. Les sud-catalans sont actifs dans leur politique de développement quand nous avons des élus qui se refusent à entreprendre toute politique de développement transfrontalier.
D’autre part, cette situation est révélatrice pour le grand public du fait que l’édile Perpignanais tourne de plus en plus de dos à la Catalogne Sud. Plus aucun projet, plus aucun contact, même avec la proche ville de Figueres ! Quand ces dernières années, la maire de Figueres ou celle de Girona pour ne parler que des plus proches, n’hésitaient pas à me contacter pour des projets, aujourd’hui que je ne suis plus en responsabilités il n’y a plus aucun contact entre la mairie de Perpignan et les communes sud-catalanes. Il n’y a d’ailleurs plus d’élu en charge de ce thème.
Les commerçants perpignanais peuvent se sentir floués par le maire, effectivement. Il a beau dire qu’il ne savait pas. Non seulement il a eu ma proposition qui aurait permis un échange de chalands, mais en plus et surtout, s’il ne sait plus grand chose de la Catalogne Sud que ce que lui enseigne la presse (nationale car pour lui la locale ne serait pas au niveau) c’est bien parce qu’il méprise tout ce qui est catalan.

Le centre outlet (Gran Jonquera) aurait du être à Ribesaltes

wpid-GRAN_JUNQUERA_BANNER.jpg

La Jonquera vient d’inaugurer un énorme centre Outlet en vue d’attirer les clients d’une zone de plusieurs millions de consommateurs. Les commerçants roussillonais ont légitimement peur de la concurrence mais ne peuvent rien y faire. Ce centre va générer plusieurs centaines d’emplois directs et indirects avec des retombées économiques certaines pour la commune.Ces emplois, ces retombées, nous aurions pu les avoir en Catalogne Nord, et plus précisément à Ribesaltes, il y a à peu près vingt ans ! Une société étrangère spécialisée dans ce genre de grandes surfaces commerciales souhaitait s’implanter au nord de Perpinyà mais la Chambre de Commerce, les associations de commerçants et par ricochet les responsables politiques s’y sont farouchement opposés au titre de la concurrence.
C’est avec ce type de raisonnements qu’on bloque le développement commercial et donc économique de notre département. C’est d’autant plus irrationnel quand on sait qu’il suffit aux entreprises de faire quelques kilomètres pour ne plus avoir ce genre de barrières en ayant tout autant de potentiels clients.Au lieu de crier au loup et de tout bloquer en permanence, parfois il vaut mieux réfléchir à long terme et s’adapter. On entend et lit fréquemment des commentaires sur le fait que nous ayons trop de surfaces commerciales par habitant dans les P-O. Ces technocrates ne prennent même pas en compte les surfaces de La Jonquera. Alors là, encore pire, nous serions proche de la fin du monde ! Quand un territoire se spécialise dans un secteur, en l’occurrence le commerce, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’il dépasse la moyenne française -qui d’ailleurs prend en compte les chiffres de départements comme la Lozère…!
Alors au lieu de comparer l’incomparable, gérons ! Favorisons le commerce en centre-ville en améliorant la qualité de vie (piétonnisation, transports, rénovation, désenclavement, …) et interdisons uniquement la vraie concurrence déloyale comme les petites surfaces en zones commerciales et pas les grandes surfaces.
Voilà des propositions simples pour améliorer la qualité du commerce mais aussi pour le développement économique cohérent du territoire. Ah mais au fait, une certaine très grande surface suédoise spécialisée dans l’ameublement ne serait-elle pas en pourparlers pour le Nord de Perpinyà…? Attention à ne pas s’opposer de manière aussi ridicule au développement.