Conflit des bus sur la Communauté Urbaine : les pouvoirs publics absents

Alors que la direction de Vectalia recevait pour la première fois les employés au bout de 10 jours de grève, je suis allé à la rencontre des manifestants pour comprendre leur mécontentement. Il ne s’agit pas de politiser un combat syndical entre une direction et ses employés. Néanmoins, ce n’est pas n’importe quelle entreprise. Il s’agit d’un service public de transports. La Communauté Urbaine est donc partie prenante.

Je ne me prononcerai pas sur la hausse de salaire demandée, bien qu’elle ait un lien indirect avec les contributions que nous versons tous. Ce serait facile de dire qu’il faut les augmenter sans avoir tous les chiffres en mains. Mais les revendications en terme de sécurité interpellent.

Car il en va de la sécurité des personnes transportées également. Par les temps qui courent, chacun pense à la menace des délinquants qui est réelle mais pas la plus inquiétante pour les chauffeurs. Il s’agit en fait de l’état du matériel. Pneus en état d’usure avancée, voyants d’alerte signalant une urgence, indications d’insuffisance de liquides comme le liquide de refroidissement, mais aussi rafistolage de petits dégâts matériels qui se retrouvent être potentiellement préjudiciables.

L’année dernière nous avons voté en communauté urbaine un avenant au contrat liant l’intercommunalité à la compagnie de bus. Le renouvellement d’engins ne se fait pas ou très peu, alors même que le prix du ticket occasionnel augmente. J’avais déjà fait savoir ma désapprobation, d’autant que nous avons un fonctionnement qui n’est pas digne d’une grande ville. Les bus commencent trop tard, finissent trop tôt, sont trop chers, pas assez fréquents, écologiquement irresponsables, … Quand allons-nous passer dans le 21e siècle ?

Mais évidemment pour que ce dossier avance, il faudrait que les responsables essaient de temps en temps de prendre le bus. Ils comprendraient alors qu’il faut renouveler le parc et répondraient déjà à une des principales demandes des employés. Il serait bon également que les élus s’intéressent à ce mouvement de protestation. Comment, en plus de 10 jours de grève maintenant, aucun décideur public n’a reçu l’intersyndicale ? Ces derniers se sentent méprisés. On peut les comprendre.

Si Jean-Marc Pujol prenait parfois le bus, ça lui éviterait de dire comme lors du dernier conseil municipal lorsque je l’ai interpellé, que “les perpignanais ne prennent pas le bus parce qu’on roule trop bien en voiture dans notre ville“. Avec chauffeur et aux frais du contribuables, sûrement. Mais quand on est un citoyen “lambda”, c’est bien différent.