Gare TGV

A Perpinyà, on a une gare («centre du monde» selon Dalí), puis on a une deuxième gare qui porte le nom de «Centre del Món» (surnommée «gare TGV»), qui n’est en fait que l’extension de l’ancienne. Et on a des lignes (qu’il ne faut pas confondre avec les trains). Lignes classiques, telles qu’elles fonctionnent aujourd’hui, et ligne à grande vitesse, Perpinyà>Figueres.

Seulement voilà, depuis deux ans qu’on le rabache, les élus (et accessoirement certains journalistes qui ne font vraiment pas d’effort) viennent seulement de se rendre compte que la ligne et la gare ne vont pas forcément ensemble ! «Ah bon ?» direz-vous… Explications :

Les TGV doivent avoir une LGV pour aller vite. Donc un TGV Barcelona-Paris ne quittera pas une LGV pour faire un «crochet» et perdre au moins 20 minutes pour récupérer quelques voyageurs. Or pour aller à la gare de Perpinyà, bien que surnommée «Gare TGV», il n’y a pas de LGV !!! Cette LGV passe bien à l’ouest. J’annexe à cet article la carte (actualisée au 2 décembre 2011).

Passage à 1km près

Objectif affiché (Depuis 2007 sur le site du ministère) : Barcelona – Paris en 4h30. Regardez ici . Vous comprendrez donc aisément que les TGV ne s’arrêteront pas à Perpinyà (puisqu’il n’y aura pas de gare sur la LGV), ni même à un autre endroit de Catalogne Nord… Sauf si le projet de gare à Ribesaltes (un temps pensé au Soler) finit par voir le jour. Tout l’intérêt serait une liaison à haut cadencement entre cette nouvelle gare (celle-là serait vraiment une nouvelle gare, et pas une extension) avec l’aéroport.

Mais voilà… guéguerre politicienne oblige, chacun se bat contre l’autre et personne n’est capable de faire avancer de grands projets (en fait, pas si grand que ça le projet, une halte comme à Figueres suffirait). Un petit exemple : Valence TGV. Petite ville, elle a su profiter de son emplacement pour se développer. Une simple halte et un essor économique que nous pouvons lui envier… Réfléchissons intelligemment (non, ce n’est pas un pléonasme, les idiots aussi réfléchissent…), soyons les seuls dans un rayon de 200 à 300km à avoir une gare TGV connectée à l’aeroport !

Alors récapitulons. Nous parlons évidemment de l’année 2025 (au mieux). Jusque là, pas de soucis, la seule LGV que nous aurons mènera les sud-catalans au «Centre del Món». Mais après, deux possibilités : soit nous ne faisons rien et nous regarderons passer les trains (vous savez, comme les vaches -la comparaison avec des boeufs nous pend au nez!) soit les forces en présences s’associent pour obtenir une halte chez nous, et de préférence la meilleure possible : proche de l’aéroport.

Petit rappel : c’est en votant n’importe quoi qu’on élit n’importe qui…

 

Histoire de la Catalogne pour francophones

Voilà une vidéo explicative qui m’a pris plusieurs semaines de travail et de vérifications, notamment par un historien reconnu, afin d’y insérer l’essentiel de notre histoire, avec focus sur la Catalogne Nord, en seulement 10min.

A voir en plein écran.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=TOpBm7haDKI&feature=colike[/youtube]

Le dépendant

Alors ça y est, l’Indép, le “journal d’ici” est menacé. Et quelle menace, puisqu’il s’agit de fermer des services et de supprimer des postes, pour l’instant non liés à la rédaction.
Du coup, tout le monde y va de son soutien. Droite, gauche, même les extrêmes, trouvant qu’on offense une tribune locale alors qu’il y a peu encore ils vomissaient ce média “dévoué à l’UMPS”.
Alors bien sûr, je soutiens moi aussi les employés de l’Indépendant. La différence avec ces hypocrites qui se montrent dès qu’ils y ont un intérêt, c’est que moi je n’en attends aucun retour et que je sais, pour y avoir quelques connaissances, à quel point il est dur de vivre dans l’attente d’un plan social.
Du coup, quand de nombreuses voix s’élèvent pour crier au scandale (comme si personne ne l’avait vu venir) moi, je ne cherche pas ma place aux côtés des députés et conseillers généraux nouvellement amis de la rédaction, non, je fais des propositions.
Je m’amuserais bien quand même à un petit “on vous l’avait dit, mais comme d’habitude vous ne nous avez pas écouté”. Et oui, car encore une fois, nous, les catalanistes, traités souvent comme des personnages rigolos et peu utiles, nous l’avions vu venir. L’impression du journal se faisait à Rivesaltes puis a déménagé à Montpellier sans choquer -quasiment- personne. Les différents rachats par des groupes plus ou moins lointains, idem. Mais surtout, la ligne éditoriale tellement loin parfois des réalités du territoire, ça… Encore une remarque catalaniste. On aurait pu croire que ce n’était qu’une préoccupation catalaniste si dans le même temps n’avait pas débarqué La Semaine du Roussillon et son orientation un peu plus catalane (bien que light, mais bon…) de même que le grand succès de La Clau.
Alors quand on voit qu’une manifestation de 1,5 millions de personnes à Barcelona n’attire quasiment pas l’intérêt du journal soit-disant catalan, forcément, on comprend que les lecteurs finissent par aller chercher l’information ailleurs.
Je ne veux évidemment pas dire que le plan social est de la faute de la rédaction, d’autant plus que l’Indépendant est resté une manne pour les différents groupes de presse. Néanmoins, un journal un peu plus tourné sur la réalité locale, catalano-française, serait beaucoup moins délocalisable et en plus, au passage, encore plus rentable.
Evidemment ils peuvent toujours compter sur ces politiques qui se servent de cette opportunité -quand ils n’achètent pas des quantités énormes d’espaces publicitaires- de montrer le plus grand soutien qu’il peuvent apporter.
Encore une fois, on laissera les rigolos de catalanistes parler sans y prêter intérêt et on préférera accueillir les grands pontes qui n’apportent aucune réponse… et on se contentera de l’image, puisque le monde en va ainsi…

Article de l’Anna Arqué per l’estrena del Teatre de l’Arxipèlag (uniquement en catalan)

Com que trobo el seu article molt bó, per no dir perfecte, us el poso aquí :

L’Arxipèlag de Perpinyà per a tota Catalunya!

Dades oficials desmenteixen l’arrelat pensament que a la Catalunya del Nord són quatre els que parlen o entenen el català: “La supervivència del català és responsabilitat de tothom i no es pot acceptar que a qualsevol lloc on se’l parla (sobretot al bressol mateix de Catalunya) pugui desaparèixer.” No puc estar més d’acord amb l’amic Brice.

Gràcies a Unitat Catalana el propassat dilluns vaig tenir el plaer d’assistir com a convidada a la inauguració del teatre l’Arxipèlag de Perpinyà. Durant l’estona prèvia al començament de l’espectacle es notava un cert –i natural- nerviosisme i molta, molta expectació per veure per dins la realització d’un somni, deu anys de feina i una gran inversió econòmica amb fons europeus. Les salutacions durant aquesta estona a la resta de convidats era, com és habitual, eclèctica i entusiasta. Polítics però, de la Catalunya Sud pocs, massa pocs, el batlle de Salt, Jaume Torremadé, municipi que acompanya Perpinyà, juntament amb Lleida, en aquest projecte d’Escena Catalana ‘transfronterera’ i l’alcalde de Girona, Carles Puigdemont, ambdós amb d’altres membres dels consistoris municipals. Però de la capital de la Catalunya del Sud res, i de la resta de comarques o terres catalanes, tampoc. Jo havia seguit aquesta iniciativa i entenent la importància del fet em sorprèn la manca d’il·lusió d’altres polítics catalans, avesats a l’àmbit cultural o no, d’acompanyar als amics de la Catalunya del Nord en una estrena tan important per a TOTS els catalans i catalanes.

Mentrestant ens saludàvem, les valoracions de l’exterior de l’obra arquitectònica es comentaven lliurament i val a dir que de manera no gaire unànime, semblava que les expectatives eren totes posades en el seu interior i en l’esperat programa d’espectacles.

Vàrem entrar, i tant l’interior de l’edifici com la programació publicada van rebre un satisfet i unànime vist-i-plau: ‘estem contents’, deia el semblant dels presents que omplíem de gom a gom el teatre.

El director del flamant nou ‘Arxipèlag’, Domènec Reixach, anterior director del Teatre Nacional de Catalunya va encetar el torn de discursos. Les seves primeres paraules oficials van ser una salutació en català. Bon començament, curt sí, però entès, com una declaració de principis sincers d’aquesta identitat ‘transfronterera’ catalana, i tot i el comentari que li va dedicar en el seu torn el ministre de cultura francès, entre broma i reprovació, amb un: ‘…l’encara accent català en el teu francès’, la veritat és que tothom semblava encantat del nomenament d’en Reixach, un català del Sud nomenat per dirigir un teatre ambiciós com el de Perpinyà per a que sigui un teatre de qualitat i proper a tots els catalans, tots.

Del discurs del ministre francès de cultura, podem dir que va fer una balança intel·ligent, va donar corda a la importància de la identitat catalana, però dins un territori que anava remarcant ibèric i rossellonès, és a dir, ‘viviu la vostra ànima!, però amb els peus a casa meva’. Ok, per ara…

L’espectacle jo no gosaré avaluar-lo, la cultura és plat individual, es tasta i es digereix en paladars molt diferents. Enhorabona, però, a tots els qui fan possible aquesta meravella que es diu teatre.

El meu interès era purament nacional, és a dir, tot i la coneguda qualitat del compositor de l’obra i dels seus intèrprets, dilluns vaig pujar a Perpinyà per la importància socio-política de l’esdeveniment, i el teatre l’ofereix. A saber: al teatre Arxipèlag de Perpinyà, tots els espectacles que s’interpretin en francès seran traduïts al català, llengua natural de Catalunya. Sí, jo ho he entès bé i sí, vosaltres ho esteu llegint bé.

Al teatre Arxipèlag, a la Catalunya del Nord, oferiran el cent per cent dels espectacles que es facin en francès amb subtitulació al català, mentre que a la Catalunya del Sud, donem gràcies per tenir un deu per cent de la subtitulació en català als nostres cinemes.

Això em dóna peu a escriure breument una reflexió important envers la llengua catalana a la Catalunya del Nord amb la informació que em facilita en Brice Lafontaine, Secretari General d’Unitat Catalana i recentment nomenat membre del Comitè consultiu pels Afers Catalans a l’Ajuntament de Perpinyà:

“Contràriament al que es podia llegir en un article de l’Avui del dilluns 18 de juliol, segons l’ISC (Institut de Sociolingüística Catalana de la Generalitat de Catalunya) l’estudi que es va realitzar l’any 2004 ens ensenya que un 65,3% dels nord-catalans entenen el català i un 37,1% el sap parlar”, apunta Lafontaine.

Aquestes dades oficials desmenteixen l’arrelat pensament que a la Catalunya del Nord són quatre els que parlen o entenen el català: “La supervivència del català és responsabilitat de tothom i no es pot acceptar que a qualsevol lloc on se’l parla (sobretot al bressol mateix de Catalunya) pugui desaparèixer.” No puc estar més d’acord amb l’amic Brice.

La traducció simultània del francès al català em recorda quan, per a l’acte final de la Consulta sobre la Independència a Barcelona, vaig fer subtitular al català el discurs preparat en espanyol de l’Observador Internacional Juan Carlos Moreno Cabrera, Catedràtic de lingüística de la Universidad Autónoma de Madrid. Subtitular de l’espanyol al català em van valdre unes quantes aixecades de cella: ‘Molts catalans del Nord no saben l’espanyol’, els hi contestava. I és que és cert!

Els catalans parlem moltes llengües, però no tots les parlem totes, l’única afirmació correcta és que els catalans parlem la nostra llengua: el català! Per tant, subtitulem en català, perquè hi ha catalans que no saben espanyol com hi ha catalans que no saben francès.

Els catalans no ens concentrem tots en el territori, per ara, d’administració política espanyola. A veure si la teòrica, tan, aparentment, apresa en converses i temps electorals, comença a veure’s en les nostres decisions quotidianes, les de tots, privades o públiques, siguem botiguers o siguem directors de teatre, i encara més, essent polítics!

Ah! I evidentment, molt contenta de retrobar-me amb en Sergi López que, no cal dir-ho, és un gran actor i un ferm company per la independència 😉

Anna Arqué

Victòria i Independència

Enllaç del text :http://www.democraciacatalana.cat/actualitat/larxipelag-de-perpinya-per-a-tota-catalunya

Casament gai / Mariage gay à Cabestany

CAT :
El senyor Vila, alcalde de Cabestany (Rosselló) celebrarà un casament entre dues persones del mateix sexe al més de setembre.
Com a secretari general d’Unitat Catalana, únic partit polític Nord-Català, ni de dreta, ni d’esquerra, però defensor de valors catalanes, vull aportar tot el meu suport a aquesta iniciativa.
Catalunya sempre ha estat una terra tolerant, d’amor i de respecte de l’altre. Em demano com es pot encara avui dia prohibir el matrimoni entre dues persones de mateix sexe en el país autoproclamat dels «Drets Humans» mentre que està legalitzat a Estats molt catòlics com Espanya i Portugal. Vull recordar l’inici d’aquesta declaració : «Tots els éssers humans neixen lliures i iguals en dignitat i en drets».
No hem de fer distinció entre els gèneres com tampoc no ho hem de fer per la orientació sexual. Recordo que la orientació sexual no és una tria – al contrari del que s’ha dit al llarg dels recents debats al parlament francès- i que el matrimoni civil és un contracte dissociat de la religió. En aquest marc, és incomprensible pronunciar-se en contra de l’aplicació de drets per a tota la societat sense distinció.
Felicito el senyor Vila per aquesta iniciativa que, ho desitjo, farà encara un poc avançar el debat que no hauria d’existir. Espero que altres unions similars estaran realitzades en País Català.
Aprofito l’ocasió per a dir la meva voluntat de posar a l’ordre del dia de la més propera assemblea d’Unitat Catalana una moció de suport al matrimoni homosexual.

FR :
Monsieur Jean VILA, Maire de Cabestany va célébrer un mariage entre deux personnes du même sexe en septembre.
En tant que secrétaire général d’Unitat Catalana, unique parti politique Nord Catalan, ni de droite, ni de gauche, mais défenseur des valeurs Catalanes, je tiens à apporter tout mon soutien à cette initiative.
La Catalogne a toujours été une terre de tolérance, d’amour et de respect d’autrui. J’espère que d’autres unions similaires seront réalisées en pays catalan, et m’interroge sur l’interdiction du mariage homosexuel en France, « pays des Droits de l’Homme », alors qu’il est légalisé dans de nombreux Etats, parmi lesquels les très catholiques Espagne et Portugal. Je tiens à rappeler le début de cette déclaration : «Tous les hommes naissent libres et égaux».
Il ne faut pas plus faire de distinction de genre que de distinction d’orientation sexuelle. Je rappelle que l’orientation sexuelle n’est pas un choix -contrairement à ce que l’on a pu entendre lors des récents débats- et que le mariage civil est un contrat dissocié de la religion. Dans ce cadre il est alors incompréhensible de se prononcer contre l’application de droits pour toute la société sans distinction.
Je félicite monsieur Vila pour cette initiative qui, je l’espère, fera encore un peu avancer ce débat qui ne devrait pourtant pas exister.
Je profite de l’occasion pour faire part de ma volonté de mettre à l’ordre du jour de la plus prochaine assemblée d’Unitat Catalana une motion de soutien au mariage homosexuel.

Enquête Exclusive M6 du 24/04/11 (en francès)

Dimanche soir l’émission Enquête Exclusive diffusée sur M6 était consacrée à Barcelona. Selon l’équipe de Bernard de la Villardière, la capitale Catalane est à deux doigts de l’explosion. L’immigration, la crise économique, le tourisme, la “fête”, la consommation de stupéfiants et le nationalisme Catalan seraient apparemment les causes du “malaise” Barcelonais. Il est curieux de voir les raccourcis navrant et les généralités qu’ont pu faire les journalistes. A les écouter Barcelona serait la seule grande ville d’Europe à rencontrer des problèmes de drogue et de délinquance, problèmes identiques au nationalisme.

Concernant le Catalanisme, les discours entendus sont plus qu’affligeants. Le Catalan, pourtant reconnu par l’Union Européenne, l’ONU, les Etats Espagnol et Italien, etc… comme langue européenne y est qualifié de langue “régionale”. Les journalistes s’étonnent de voir inscrit “bienvenue à Barcelona” en Catalan à l’entrée de la ville, capitale de la Catalogne. Pire, ils s’horrifient du bilinguisme des panneaux et de la société catalane en général. Je cite “une langue imposée aux habitants”. Mais ces journalistes ont-ils compris qu’ils étaient en Catalogne, qui plus est dans la capitale catalane, et que par conséquent le Catalan n’était pas imposé, mais simplement la langue des habitants ? S’il faut reprocher à toutes les institutions du monde le bilinguisme, ces journalistes français ont l’embarras du choix (Royaume Uni, Finlande, Italie, Suisse, Irlande, Pays Basque, Algérie, Danemark, Corse, Canada, …) Mais il est vrai que dans un pays qui se réclame des droits de l’homme et qui n’applique pas la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, le respect des minorités peut paraître futile, voire dangereux pour la langue et la culture dominante. Rappelons par ailleurs ces principes qui se retrouvent dans un grand nombre de textes et de déclarations officielles :
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme: “L’ universalisme doit reposer sur une conception de la diversité linguistique et culturelle qui dépasse à la fois les tendances homogénéisantes et les tendances à l’isolement facteur d’exclusion” ;
La Convention des Droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales du Conseil de l’Europe: “Le droit de pratiquer une langue régionale ou minoritaire, dans la vie privée ou publique, constitue un droit imprescriptible” ;
Le Parlement Européen: “Les langues régionales et minoritaires constituent une source
essentielle de richesse culturelle. Il convient par conséquent de les soutenir sans relâche et à tous les niveaux, au titre du patrimoine culturel commun” ;
La Constitution du 4 octobre 1958, dans son article 75 : “Les langues régionales font partie du patrimoine de la France” ;
Le Conseil Général des Pyrénées-Orientales, dans sa Charte en Faveur du Catalan et son équivalent de la ville de Perpignan: “Aujourd’hui et pour les années à venir, la survie de la langue catalane est un enjeu culturel, économique, politique et humain d’importance” ; “le catalan est la langue historique sur le territoire catalan”
A les écouter le statut d’autonomie de la Catalogne serait exagéré et dangereux pour l’Espagne et les pays voisins. Comme à chaque fois en France, les termes autonomie, fédéralisme, respect des minorités sonnent des appels à la violence, au repli sur soi, à l’intolérance, alors que le nationalisme Catalan prouve depuis des années que c’est tout le contraire. La Catalogne est une Nation ouverte sur le monde depuis des siècles. Cette ouverture d’esprit a fait la richesse culturelle et économique de la Catalogne qui serait la quatrième puissance européenne si elle était indépendante.

Dans Enquête Exclusive, les militants nationalistes y sont présentés comme des fauteurs de troubles, des criminels, voire de potentiels terroristes, imposant leur diktat à la population. De plus, les soit-disant “enquêteurs” parlent de 20% de la population qui serait indépendantiste alors même que toutes les enquêtes d’opinion donnent au moins 50% de la population vivant en Catalogne (donc immigrés inclus) favorables à la pleine souveraineté de leur nation. Termes qu’ils “oublient” de définir. N’aurait-il pas été intéressant de définir “nation”, “pays”, “Etat” ? Mais apparemment, eux-même n’en connaissent pas les définitions. Ils oublient étrangement aussi de citer les consultations populaires organisées par le peuple lui-même afin de de déterminer grâce au vote selon listes électorales, la volonté du peuple à construire un Etat indépendant. Ces votes ont donné lieu à 90% de oui à l’indépendance ! Si le “oui” à l’indépendance était un parti politique, il serait le premier parti en Catalogne. Dans leur présentation, l’émission ne fait que parler de la région autonome catalane espagnole alors que la Catalogne s’étend bien au-delà : département français des Pyrénées-Orientales, Andorre, Pays Valencien , Illes Baléares, une partie en Aragon et une ville en Sardaigne. Dans toutes ces régions, sauf le département français (évidemment !) le catalan est au moins co-officiel, voire unique langue officielle dans l’Etat andorran. Les journalistes n’ont pas rappelé non plus que le 10 juillet 2010, plus d’un millions et demi de citoyens se sont réunis dans la capitale catalane pour réclamer l’indépendance de leur nation. Le fait indépendantiste n’est pas une lubie en Catalogne, mais une réalité tout comme en Flandres, en Ecosse ou encore au Québec, n’en déplaise aux journalistes parisiens. De plus, présenter les nationalistes Catalans comme des criminels est totalement honteux, tant le nationalisme catalan se démarque par son pacifisme. Même sous les pires heures du franquisme, les Catalans se sont toujours affirmés par le travail, la culture, les arts, le commerce et une formidable ouverture sur le monde. Sans Etat, les Catalans n’avaient plus que la force de leur travail, de leur langue, de leur culture pour faire vivre leur nation. Ils ont toujours privilégié la force de leur identité à celle des armes, et c’est tout à leur honneur. Alors les présenter comme des hooligans est tout simplement scandaleux. Il vaudrait mieux soutenir le combat acharné et digne d’une nation sans Etat, qui est en train de devenir une des régions les plus pauvres d’Espagne, pays oppresseur.

En tant que représentants du premier parti catalan en Catalogne Nord (Pyrénées-Orientales), mais également amis et délégués d’élus au Parlement Catalan de Barcelona dont Joan Laporta, nous invitons l’équipe d’Enquête Exclusive à faire un vrai sujet et à se renseigner sur le mouvement catalan qui, loin d’être source de tensions dans notre pays, remet sur le devant de la scène une problématique importante en Europe : la reconnaissance des nations sans Etat.