Vers un nouveau SCOT au nord…

Le Schéma de COhérence Territoriale définit, en concertation entre les communes concernées, les orientations générales pour des zones prédéterminées. Par exemple, une zone commerciale se voit attribuer un qualificatif qui en déterminera le rayon d’action et donc les possibilités d’emprise, d’agrandissement, etc…

Le plus important en Catalogne Nord est le SCOT plaine du Roussillon qui couvre 83 communes, soit env. 342 000 habitants ! Seulement voilà, avec l’Agglo (PMCA), Perpignan est une voix décisive, notamment en CDAC (commission départementale d’aménagement commercial). Alors bientôt le SCOT fera foi et les orientations décidées engendreront un «accord d’office» pour les projets correspondants. C’est dire si demain ce schéma sera important.

Mais là où ça se gâte, c’est quand la zone commerciale nord (Clairà-Ribesaltes) commence à ambitionner une extension… directement concurrente avec Perpignan Sud. Il en va de même avec la gare TGV (celle sur le tracé, pas la gare en ville). Nous sommes le seul département de la région à ne pas avoir de nouvelle gare prévue sur le tracé du TGV Perpinyà-Nimes. Le projet de halte nous permettrait d’espérer un développement du même type que Valence depuis la création de Valence-TGV (une simple halte mais qui a énormément développé la ville car quasiment tous les TGV s’y arrêtent).

Evidemment, que ce soit pour l’extension de la zone nord ou la nouvelle gare : opposition de Perpinyà et PMCA. Chacun appréciera s’ils ont raison ou tord… mais personnellement je me pose la question de savoir à quoi servent les éléments de coordination de projets que sont le SCOT et l’agglo si chaque programme est perçu comme concurrent de l’autre.

Alors il y en a un qui semble bien se lasser de cette rivalité permanente, c’est José Puig (maire de Cairà et conseiller général mais surtout président de la CC Salanque-Méditerranée). Il a la possibilité de faire son propre SCOT. Il serait alors libre de décider car il serait majoritaire -vu le peu de communes qui le suivraient dans un premier temps- mais il ferait sûrement des envieux chez leurs proches et quelque peu puissants voisins : Ribesaltes. En effet, ces deux communes se sont toujours opposées pour des raisons politiciennes au point qu’on a vu un développement assez ridicule de la zone commerciale qu’ils partagent pourtant étroitement (lampadaires et aménagements paysagers importants d’un côté, Carrefour en murraille et accès routier difficile de l’autre).

Il n’est donc pas impossible que dans cette ambiance de guerre de sécession Nord-Sud, le Nord finisse par s’unir et dise au revoir au SCOT Plaine du Roussillon…

Perpignan : Le Conseil Municipal parle latin

Article paru dans Le Petit Journal de cette semaine :

Jeudi 30 mars. Lors de la session du Conseil Municipal consacré aux finances de la ville. Le conseiller d’opposition, Jordi Vera a pris la parole et s’est livré à un éloge dithyrambique de la gestion municipale. M. le maire et ses conseillers étaient habitués exactement à l’inverse, Jordi Vera et surtout Clotilde Ripoull (CDC) se sont toujours distingués par des attaques violentes de la majorité municipale. Jordi Vera amorce un virage à 180 °, parce que François Calvet vient de passer un accord électoral avec Arthur Mas président de la Généralitat de Catalunya . CDC, le parti d’Arthur Mas, existe en Catalogne du Nord depuis quelques années. Cet accord électoral doit permettre au parti CDC de Perpignan d’être présent sur la liste UMP aux prochaines municipales. Clotilde Ripoull était absente. Difficile de ne pas y voir une absence stratégique, car il doit être très difficile pour elle de passer de la critique systématique et virulente à l’éloge positif et démesuré de la municipalité. Lorsque Jaume Roure pris la parole se fut d’abord pour féliciter Jordi Vera pour son objectivité qui, du banc de l’opposition, lui fait reconnaître une bonne gestion des fonds municipaux. Il s’inquiéta ironiquement de l’absence de Clotilde Ripoull, espérant que ce ne soit  pas pour raison de santé. Puis l’élu catalaniste d’ajouter « Timeo danaos et dona ferentes », ce n’est pas tout les jours que le latin s’invite au Conseil Municipal. Nous y avons plus entendu citer Coluche que Virgile. Aussitôt, Jaume Roure précisa « ce n’est pas du catalan mais je vais traduire de suite » rappelant qu’il lui fut, jadis, exigé de traduire immédiatement tout ce qu’il disait en catalan. Pour ceux qui ont pratiqué le latin buissonier : « Je crains les Grecs, même quand ils font des cadeaux ». Jaume Roure a été éduqué chez les Jésuites, il n’y a pas de doute, cela laisse des traces. Ce que voulait dire l’élu aux affaires catalanes, c’est qu’il se méfiait comme de la peste que l’un de leurs pires ennemis d’hier, un qui n’avait jamais de mots trop durs pour attaquer la majorité, passe aujourd’hui à l’apologie financière. Nous sommes curieux de voir ce changement chez Clotilde Ripoull. Dernière acrobatie, l’élu CDC n’a tout de même pas voté «l’effort» budgétaire municipal, préférant se livrer à « Une abstention positive ».