Article paru dans Le Petit Journal de cette semaine :
Jeudi 30 mars. Lors de la session du Conseil Municipal consacré aux finances de la ville. Le conseiller d’opposition, Jordi Vera a pris la parole et s’est livré à un éloge dithyrambique de la gestion municipale. M. le maire et ses conseillers étaient habitués exactement à l’inverse, Jordi Vera et surtout Clotilde Ripoull (CDC) se sont toujours distingués par des attaques violentes de la majorité municipale. Jordi Vera amorce un virage à 180 °, parce que François Calvet vient de passer un accord électoral avec Arthur Mas président de la Généralitat de Catalunya . CDC, le parti d’Arthur Mas, existe en Catalogne du Nord depuis quelques années. Cet accord électoral doit permettre au parti CDC de Perpignan d’être présent sur la liste UMP aux prochaines municipales. Clotilde Ripoull était absente. Difficile de ne pas y voir une absence stratégique, car il doit être très difficile pour elle de passer de la critique systématique et virulente à l’éloge positif et démesuré de la municipalité. Lorsque Jaume Roure pris la parole se fut d’abord pour féliciter Jordi Vera pour son objectivité qui, du banc de l’opposition, lui fait reconnaître une bonne gestion des fonds municipaux. Il s’inquiéta ironiquement de l’absence de Clotilde Ripoull, espérant que ce ne soit pas pour raison de santé. Puis l’élu catalaniste d’ajouter « Timeo danaos et dona ferentes », ce n’est pas tout les jours que le latin s’invite au Conseil Municipal. Nous y avons plus entendu citer Coluche que Virgile. Aussitôt, Jaume Roure précisa « ce n’est pas du catalan mais je vais traduire de suite » rappelant qu’il lui fut, jadis, exigé de traduire immédiatement tout ce qu’il disait en catalan. Pour ceux qui ont pratiqué le latin buissonier : « Je crains les Grecs, même quand ils font des cadeaux ». Jaume Roure a été éduqué chez les Jésuites, il n’y a pas de doute, cela laisse des traces. Ce que voulait dire l’élu aux affaires catalanes, c’est qu’il se méfiait comme de la peste que l’un de leurs pires ennemis d’hier, un qui n’avait jamais de mots trop durs pour attaquer la majorité, passe aujourd’hui à l’apologie financière. Nous sommes curieux de voir ce changement chez Clotilde Ripoull. Dernière acrobatie, l’élu CDC n’a tout de même pas voté «l’effort» budgétaire municipal, préférant se livrer à « Une abstention positive ».