Le déficit budgétaire de La Bressola (en français – article següent en català)

L’article 75 de la Constitution affirme que les langues dites régionales appartiennent au patrimoine de la France. Cela devrait leur octroyer des droits, mais le Conseil constitutionnel a tranché en disant que cet article ne confère aucun droit aux langues. Nous pouvons toutefois penser que, au minimum, l’Etat et les collectivités locales se doivent de faire vivre les langues.

Pour vivre, La Bressola a juste besoin d’être considérée comme n’importe quelle école. Quand un enfant est inscrit dans une ville voisine, votre ville paie à la voisine ce qu’elle considère être le coût éducatif de l’enfant. Ceci fonctionne pour toute école… sauf pour La Bressola qui est une école privée du fait que la France refuse de considérer cette langue. Les parents des élèves paient des impôts à leur municipalité. C’est de là que vient le déficit budgétaire de la Bressola ! Conséquence étrange : cela signifie que l’Etat (centralisateur par définition) verse sa quote-part en salaires des enseignants, mais les municipalités -pourtant premières concernées- ne paient pas ou très peu.
Certaines municipalités paient une partie, mais la seule où la survie de La Bressola est apparemment assurée est Perpinyà, qui la considère comme toute les autres écoles, avec les mêmes ressources et droits.
Cela n’a rien à voir avec la politique chez l’école catalane. La Bressola ne fait pas de politique, et Joan-Pere Le Bihan (président), le répète assez.
Exemple d’absence de «normalité» de la Bressola avec Morrellàs (Maureillas) : J’ai passé quelques années à essayer d’implanter la Bressola dans le Vallespir. Un désir très cohérent au niveau de la “comarca” pour la direction de l’école et pour moi au niveau idéologique, mais aussi par logique territoriale. Première difficulté: Le Vallespir est entre les mains de la gauche. Considérant que La Bressola ne fait pas de politique, cela n’aurait du poser aucun problème… c’est ce que je croyais. Mais en réalité, j’ai rencontré Marcel Mateu (conseiller général en charge de la catalanité) qui me dit ne pas vouloir aider La Bressola car c’est une école de droite ! Je lui répondit que c’était une bonne occasion pour qu’il y en ait une dans une ville (au départ à Céret) et un canton de gauche. Mais au final il conclu disant que le Conseil Général n’aidera pas ce type d’école (immersion en catalan). Dont acte. Après des années de travail, La Bressola obtient un terrain de la commune de Morrellàs. Seuls restaient à couvrir les frais du personnel de nettoyage par la communauté de communes. Ce qui fut refusé… même pour une école de 8 enfants !

Il faut aussi noter le rôle que jouent les écoles publiques, notamment pour la fermeture de Càldegues. Il semblerait que certains maires soient contents que le Bressola ferme car cela augmenterait le nombre d’élèves scolarisés dans les écoles publiques et éviterait de fait la suppression de postes d’enseignants comme c’est actuellement prévu par l’Education “nationale”.
Il faut bien être conscients qu’avec les demandes de scolarisation actuelles La Bressola pourrait ouvrir 3 classes. Mais le manque de soutien financier des municipalités concernées pour l’éducation de leurs enfants et le manque de soutien du Conseil général qui ne donne même pas un euro à la Bressola (rappelez-vous que le seul budget communication est de plus de 3 millions !) rend cela impossible. En outre, nous pouvons dire que la Generalitat de Catalunya y a également joué un rôle en baissant leurs subventions. Néanmoins, il faut avoir conscience que ce ne devrait être qu’un complément car ils nous aident alors que nous ne dépendons pas de leur territoire (administratif).

Tous jouent un rôle qu’ils n’assument pas.

Enfin, d’une dynamique de développement, La Bressola est actuellement passée à une situation de fermeture de classes, et même d’école. C’est une honte, et comme vous pouvez le voir avec le raisonnement du financement, c’est stupide ! Maintenant, les municipalités qui ne payaient pas pour la scolarité des enfants devront le faire mais au lieu de faire vivre une école avec 8 employés, ils transfèreronts à d’autres communes… pour sauver 2 postes d’enseignants. Quand on pense que beaucoup de ces maires votent actuellement pour soutenir “municipis per la independència” et pour dénoncer le traité des Pyrénées … Il paraît alors évident qu’aucune de ces deux démarches n’est faite pour le catalan.



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