Déclaration des rencontres interrégionales contre la réforme territoriale

Déclaration des représentants des langues et cultures régionales de la République Française, réunis dans le cadre des XXIVe Rencontres interrégionales des langues et cultures régionales
à Rennes le vendredi 28 novembre 2014.

Nous, solidairement,

– exprimons notre consternation face au repli identitaire français et à la politique régressive menée par le gouvernement dans le cadre de la réforme territoriale. Cette réforme est la négation même des spécificités des territoires, des diversités linguistiques et culturelles ainsi que des réalités économiques et sociales ;

– dénonçons un déni de démocratie. Le gouvernement, en refusant le droit aux citoyens de déterminer eux-mêmes leur région ou territoire, viole l’article 5 de la Charte Européenne de l’autonomie locale ;

– dénonçons une recentralisation. L’État impose un découpage arbitraire, incohérent et technocratique des régions. A cette occasion, il redonne aux préfets la prééminence sur les élus du peuple ;

– dénonçons par ailleurs une politique qui organise la régression des langues dites régionales en entravant les efforts de leurs locuteurs et des politiques locales pour les faire vivre et prospérer.

Nous constatons qu’il existe sur le territoire français, conformément à la Constitution, des collectivités territoriales à statut particulier (Métropoles, Grand Paris, Grand Lyon, Corse…).

Nous demandons la mise en place de nouvelles collectivités territoriales à statut particulier cohérentes et conformes aux intérêts linguistiques, culturels et économiques des populations et territoires. Ceci renforcera, ainsi, l’ouverture sur l’Europe et sur le monde.
Ces collectivités devront être dotées de la compétence linguistique afin de valoriser et de développer nos langues.

Nous appelons les acteurs culturels, les élus et l’ensemble des citoyens à relayer cette déclaration et à renforcer la mobilisation.
Le Président,

Raymond Yvon BISSOL
Représentants de :
ALSACE, BRETAGNE, CATALOGNE, GUADELOUPE, GUYANE, LA REUNION, MARTINIQUE, MAYOTTE, OCCITANIE, PAYS BASQUE.



Le soutien du Président au processus d’indépendance

Voici des extraits du discours du Président :Vote-1

Le choix de la souveraineté appartiendra aux habitants, appelés à voter d’ici à 2018″ a répété le Président.

“L’Etat n’a pas à se prononcer pour l’instant sur une solution. La solution personne ne la connaît encore, c’est vous qui allez la formuler, la trouver. L’Etat sera à vos côtés, toujours à vos côtés”.

Si aucun accord n’est trouvé, l’Etat organisera d’office un référendum sur l’indépendance dans les douze mois suivent mai 2018. “Cette consultation aura lieu à la date que vous aurez choisi et le choix sera respecté par l’Etat.”

«La position de l’Etat c’est une neutralité active, explique un conseiller du président. Si le Président prenait parti, on ne pourrait plus faire cet accompagnement. Ce serait suspect».

François Hollande, discours à la Nouvelle Calédonie, 17 novembre 2014



Ma réponse à Louis Aliot

 

FlagsIl y a quelques jours, Louis Aliot s’étonnait que l’Etat français laisse faire les catalans dans leur engagement militant et demandait à la préfète de me rappeler à l’ordre dans une correspondance qu’il a rendue publique (que vous trouverez dans mon précédent post).

Voici ma réponse tant sur la forme que sur le fond (pdf téléchargeable ici réponse à Aliot 13:10:14)

Monsieur Aliot,

Dans votre correspondance non datée à Mme la Préfète, rendue publique ce 10 novembre, vous interpellez l’Etat Français par la voie de sa représentante sur l’engagement qu’on devine aisément être mien pour la démocratie en Catalogne.

Je suis tout d’abord surpris que l’élu européen que vous êtes se permette d’adresser une demande d’exécution à Mme la Préfète. Vous méconnaissez là la hiérarchisation des fonctions qui est en vigueur dans la République Française. Mme la préfète n’a pas à exécuter une demande d’un eurodéputé, ni d’un conseiller régional, ni d’un conseiller municipal, ni d’un conseiller communautaire, que vous êtes -au regard de tous les mandats et fonctions que vous exercez, vous m’excuserez si j’en oublie quelques uns.

Concernant le fond, il est évident que vous méprisez totalement le désir de démocratie du peuple catalan et que c’est pour cette raison que vous interpellez Mme la Préfète Chevalier.
Mon engagement, comme celui de nombreux catalans mais aussi de très nombreux démocrates, va dans le sens de l’histoire et des normes reconnues internationalement dont le droit des peuples à s’autodéterminer. Je rappelle à l’ex professeur de Droit Constitutionnel que vous êtes que le bloc de constitutionnalité français est composé du préambule de la constitution de 1946 qui garantit la liberté des peuples et le plein exercice démocratique. De plus, que ce soit à l’ONU ou l’Union Européenne, ensemble la Cour Internationale de Justice et la Cour Européenne des Droits de l’Homme, la démocratie et l’expression de souveraineté des peuples sont des principes consacrés. Je vous rappelle (ou vous informe de) l’article 9 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales qui garantit la liberté de manifester son opinion de manière individuelle ou collective.

Cela n’étonnera personne que vous mettiez en évidence votre opposition à la liberté de manifester ou la liberté d’opinion. Chose toute relative quand on sait que vous défendez Dieudonné Mbala Mbala bien qu’il incite publiquement à l’antisémitisme (en arabe comme en français) mais que vous êtes contre l’utilisation de la langue catalane par des élus locaux.

Il ne fait aucun doute que vous montrez là votre rapprochement aux idéaux de Franco qui niait tant l’existence d’un peuple catalan que le droit à la démocratie. Cela n’étonnera pas les plus avertis mais éclairera certains quant à votre aversion à la reconnaissance de peuple catalan, que ce soit par-delà des Pyrénées ou ici même.

C’est bien pour cela que vous n’avez pas à vous inquiéter d’être “amalgamé” comme vous le craignez avec la manifestation récurrente de nos idéaux.
Oui, nous assumons tout à fait notre volonté de travailler à l’exercice de la démocratie, qu’elle soit pour le Tibet, l’Ecosse, la Nouvelle Calédonie ou encore la Catalogne. Oui nous assumons publiquement nos orientations politiques, nous les démocrates. Si j’en suis coupable ? oui, et je l’assume. Et non, vous n’êtes pas associé à cela, vous qui êtes clairement contre le droit des catalans de voter et même contre le droit de manifester notre opinion.

Enfin, si vous vous croyez investi d’une fonction supérieure à votre rang, ce n’est pas mon cas. Je suis maire-adjoint et en cette qualité, je ne représente pas plus les intérêts de la France à l’étranger que vous-même. N’oubliez pas que nous sommes élus dans un cadre précis et qu’à aucun moment il ne conviendrait que nous nous octroyons des prérogatives qui ne sont pas les nôtres comme les relations interétatiques, cela relevant exclusivement de la compétence du Chef de l’Etat.

Brice LAFONTAINE



Ikea Catalogne Nord en 2017 (Rivesaltes) !

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Vous avez pu le suivre en avant-première sur ce blog, vous avez donc la primauté de l’annonce officielle.
Il aura fallu plus de 7 ans de travail au maire-adjoint de Rivesaltes Jean-Pierre Cot, évidemment soutenu par le maire M. Bascou. Parfois contre les services de l’Etat qui ont pu freiner le développement économique, souvent dans le secret, et toujours avec détermination, c’est ainsi que nous aboutissons aujourd’hui à la décision du siège suédois d’implanter un de ses magasins tant attendus en Catalogne Nord. La date de 2017 est annoncée pour l’ouverture. Les prévisions de terrains, d’aménagements routiers, de concertations des décideurs locaux (SCOT et agglo) ont donc porté leur fruit et ce, malgré des réticences à cause de ce principe ridicule que l’on entend souvent : nous, on est nuls, on ne peut pas, on y arrivera pas.
Et bien certains se battent et y arrivent !
Cette grande surface spécialisée est, rappelons-le, sans aucune concurrence avec quelque centre-ville que ce soit et captera une clientèle à une heure aux environs, soit une zone de chalandise dépassant le million de clients. Ce qui induit une quantité d’emplois supérieure à ce que serait une zone de chalandise uniquement locale.
Barcelone étant saturée, il n’est pas exclu pour autant qu’un Ikea voit également le jour à Gérone mais ultérieurement.

Positivisme pour Perpignan

 

Soyons positifs pour un meilleur Perpignan. Ca dépend de nous !

 

Cet été nous avons encore vu un nombre impressionnant de touristes dans les rues de la Fidelíssima. Et pourtant, on n’entend que des commentaires désagréables. Vous avez envie vous d’aller dans une ville où tout le monde se plaint ? Bien sûr qu’il y a des raisons de se plaindre, mais plus on va le faire, plus on aura des raisons de le faire… Alors soyons positifs et donnons envie aux touristes venus de loin mais aussi à ceux qui viennent d’à côté, comme aux résidents de Canet, Prades, Céret, etc. (que nous avons tous en amis sur Facebook) de venir passer un moment agréable à Perpignan. Car avec tout ce remue-ménage, même l’aire urbaine de Perpignan ne vient plus en ville.

 

Insécurité ? parfois, oui. Mais le sentiment d’insécurité est bien plus important que l’insécurité réelle. Le nombre de policiers municipaux connait d’ailleurs une hausse exponentielle pour compenser les défaillances de la Police Nationale (non pas des agents qui sont très bien mais leur manque d’effectif). Mais être plus nombreux en ville diminue également le sentiment d’insécurité alors réinvestissons le centre ville, ne le laissons pas à ceux qui en donnent une mauvaise image.

 

La ville serait sale ? Oui, à pas mal d’endroits, à pas mal de moments. Mais les agents de propreté sont de plus en plus présents. On ne nettoiera pas tout d’un coup, il va falloir du temps pour voir l’amélioration, mais avant de parler nettoyage, parlons de ne pas salir, car ça, c’est l’affaire de tous.

 

Il manque des institutions en ville pour redensifier ? Oui, justement c’est la politique menée. Les universitaires du DU Photojournalisme seront dès cette année installés en ville. D’ici quelques années (oui, les travaux publics sont longs) c’est la fac la plus importante de l’université qui sera installée en ville (le Droit représente chaque année 350 nouveaux étudiants en Licence 1). La passerelle, pas si chère que les polémistes veulent le faire croire, va améliorer l’accès entre les berges et désenclaver une partie du bas-vernet. De nouveaux parkings vont être créés notamment à Cassanyes pour désenclaver St Jacques. Les animations sont étalées sur l’année pour avoir plus de monde, plus souvent en ville. Etc.

 

Les immeubles s’effondrent ? Un peu normal pour des bâtiments construits au moyen-âge et sans fondation ! Nous avons un des plus beaux patrimoines d’Europe (et donc du monde) car souvent épargné par les guerres du dernier siècle. Mais qui dit patrimoine très ancien dit normes inexistantes. Que peut-on reprocher réellement ? Les immeubles sont évacués quand ils sont identifiés comme dangereux et il y a un plan de rénovation urbaine volontariste.

 

Le commerce au centre-ville diminue ? Faisons une communication positive ! Que les commerçants fassent de la pub (comme le font ceux de Girona ou La Jonquera) vers l’extérieur pour attirer les chalands. Nous-même soyons les promoteurs d’une ville qu’on aime.

 

Alors oui, il y a des accidents, des incidents, des imperfections, mais que propose-t-on d’autre ? Rien. Juste du catastrophisme, histoire pour certains opposants systématiques (systémiques!) d’exister médiatiquement.

 

castillet-perpignan

 

Croyons en nos projets, réinvestissons la ville, faisons-en la promotion, soyons tous acteurs d’un meilleur Perpignan et nous aurons alors un meilleur Perpignan. Allons souvent boire un verre en ville et nous diminuerons ce sentiment d’insécurité. Ayons un comportement citoyen responsable et nous diminuerons la saleté et les actes d’incivilité. Soyons positifs et nous redonnerons envie à tous d’investir le centre ville et ses boutiques.

 

Oui Perpignan n’est pas une ville parfaite, c’est vrai.

 

Mais un autre Perpignan est possible, ça dépend de nous tous.

 

Positivisme.

 

 

 

Achetez local, produit à 1000km ! (frontière psychologique part.2)

Alors qu’on nous bassine (à juste titre) sur le consommer local, de plus en plus de citoyens français portent un intérêt à l’origine du produit. D’après un sondage M6, nous ne sommes “que” 43% prêts à payer plus cher pour du produit local, mais tout de même…

Alors encore une fois, on préfère acheter une pomme du calvados qu’une pomme de Catalogne Sud. On préfère manger du porc breton que du porc catalan. On préfère boire du champagne que du Cava. Etc.

Or, si l’intérêt écologique plaide déjà en faveur des catalans, l’intérêt économique également ! Car le ratio de sud catalans qui viennent en Catalogne Nord par rapport aux bretons, champenois et autres français est assurément positif. De plus, pour l’agroalimentaire cette frontière psychologique  nous désaventage car nous sommes largement exportateurs en fruits et légumes (et vins). Pourtant, aucune salade nord-catalane n’est vendue au sud car elles vont toutes à Rungis ! Aucun porc de Lleida (un des trois sites européens fixant le cours du porc !) n’est vendu à Perpignan !

Lorsqu’on propose de consommer catalan, on nous dénigre en disant que de toutes façons ce sont des remarques de… catalanistes. C’est pas faux. Mais… et si les catalanistes disaient vrai ? Et si parmi ces idiots de catalanistes (nos détracteurs aiment bien car ça rime avec extrémistes) il y avait des économistes, des professionnels du tourisme ou encore de l’agroalimentaire qui bossaient la question ? Ah bin ils se retrouveraient bien embêtés nos détracteurs pour prouver que 1€ gagné dans l’Aisne est plus profitable à Perpignan que 1€ gagné à Girona. Manque de pot pour ces dogmatiques des frontières, toutes les études économiques et touristiques prouvent qu’il vaut mieux acheter à 200km aux environs, indépendemment de la frontière, que des produits qui ont fait 1000km.

C’est logique, et oui, mais y aviez-vous pensé ? La prochaine fois que vous acheterez des produits d’origine “française” ou d’origine “espagnole”, réfléchissez-y à deux fois.

 

Exemple typique de frontière psychologique : l’Ebola

Un des reproches souvent fait aux français est qu’il y a d’un coté la France, et de l’autre le reste du monde. Cela se retrouve d’ailleurs en interne dans les expressions “Paris… et la province”. Le même dénigrement est alors engendré, la province étant souvent “contre” Paris. Un élément de réponse se trouve probablement -au-delà de l’histoire- dans le traitement de l’information.
De la même manière que le nuage de Tchernobyl se serait arrêté aux frontières françaises, les cas supposés d’Ebola ne seraient importants qu’une fois en France. Et donc à ce titre, la suspicion d’un cas à Barcelone ne fait l’objet d’aucun traitement de l’information alors que le même cas en Bretagne affolerait les Perpignanais outre mesure, quand le catalan est à 150km et le breton à plus de 1000km.

Vous avez dit frontière…?

PS: info sur l’Ebola (català). Le cas est unique, en quarantaine, et reste une simple suspicion, donc pas de raison de s’affoler. 

 

Agenda de rentrée

Voici un petit tour rapide de ce qui nous attend à la rentrée et les événements auxquels je participerai (non exhaustif évidemment) :

Jeudi 21 aout : Dernier Jeudi de Perpignan de la saison

Tous les lundi soirs jusqu’au 8 septembre : Sardanes au Castillet

Samedi 30 aout : Inauguration de Visa pour l’image, puis certaines soirées de projection entre le 1er et le 6 sept.

Mardi 2 septembre : Rentrée d’Unitat Catalana

Samedi 6 : élection de Mister Men Sud au resto-club La Piscine

Dimanche 7 : 5è aniversari de la consulta popular d’Arenys de Munt

Lundi 8 : réunion du comité consultatif pour la langue et la culture catalanes, mairie de Perpignan

Jeudi 11 : Diada de Catalunya, manifestation à Barcelone

Jeudi 18 : Référendum écossais sur l’indépendance de leur Nation (je serai probablement à Glasgow, siège de la Yes campaign)

Jeudi 25 : Conseil municipal de Perpignan

25>28 : Congrés des collaborateurs de cabinets français à Barcelone

Octobre à suivre…

Centre ville et grandes surfaces, agriculture, BTP, … Arrêtons de dire n’importe quoi

Pour chaque problème que nous avons, la solution n’est pas dans l’empêchement de l’autre mais dans la promotion de soi.

Depuis quelques temps on entend en permanence que le problème c’est l’autre. Le centre ville de Perpignan perd des clients ? c’est à cause des grandes surfaces. Les agriculteurs n’arrivent pas à vivre de leur exploitation ? C’est à cause des pêches espagnoles. Le BTP souffre de concurrence du Sud ? C’est à cause des sud catalans. Etc.

Quelqu’un a-t’il assez d’humilité pour comprendre que si les agriculteurs catalans n’arrivent pas à vivre de leur exploitation, c’est parce qu’ils paient beaucoup plus de charges que les agriculteurs espagnols ou italiens ?! Est-ce si compliqué de comprendre qu’au lieu de bloquer les constructeurs sud catalans on ferait mieux d’être compétitifs avec eux et essayer de décrocher leurs marchés également ? Tout cela est une question de taxation et nous savons tous que c’est un mal typiquement français.

©L'Indépendant

©L’Indépendant

Quant aux grandes surfaces, on lit presque tous les jours qu’elles sont le mal incarné et qu’elles détruisent le centre ville. Une preuve serait qu’on en a plus que la moyenne française. Quelqu’un peut-il m’expliquer en quoi c’est une preuve ? Au contraire, ce que ça prouve c’est que nous -qui n’avons pas un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne française- nous attirons dans nos grandes surfaces au-delà de notre territoire ! C’est une preuve que les sud catalans (mais aussi des audois) viennent acheter chez nous ! Alors partant de ce constat, comment dire que les grandes surfaces ne produisent pas de richesse et d’emploi ? En revanche si le centre-ville (et les grandes surfaces locales) faisaient de la promotion extérieure, là on attirerait encore plus de clients. Les commerçants du centre ville (pas tous, heureusement) veulent détruire les grandes surfaces pour faire revenir les clients chez eux. Personnellement ce que je vois c’est de plus en plus de perpignanais aller à Barcelone faire des achats. Est-ce que ces gens-là ont un problème pour payer 2€ de parking à Perpignan ? Je vois aussi des pubs pour le Perthus “espagnol” et pour Gran Jonquera mais nous, quelle pub faisons-nous alors que nous sommes en capacité d’augmenter considérablement notre clientèle ? Savez-vous que la majorité des catalans de Girona et Figueres préfèrent venir dans les zones commerciales chez nous (Auchan ou Carrefour Claira) car l’offre y est meilleure que chez eux ?!

Alors les thèses du FN vont bon train : fermons la frontière, remettons le franc (et ainsi on s’ajoute 10% de frais de change pour aller au sud ou pour ceux du sud qui viendraient ici), sortons de l’UE pour vendre plus de produits agricole chez nous (et comment ferons-nous en étant taxés à l’exportation, sachant que nous dépendons de l’exportation ?!), etc.

Réfléchissons un peu. Un meilleur accueil au centre-ville (horaires, accès, tarifs, sympathie, animations, …) sera beaucoup plus efficace que toute manifestation anti-grandes surfaces. Ces solutions dépendent à la fois des pouvoirs publics et des privés (exploitants et propriétaires). Mais ce qui est sûr c’est que se priver de la plus-value sud catalane c’est à coup sûr détruire de l’emploi.

Enfin, pour remémorer un peu le fonctionnement d’un commerce… Si une grande surface existe c’est parce qu’il y a des clients. Il vaut donc mieux inciter ces clients à venir chez soi plutôt que les empêcher d’aller ailleurs. On a l’exemple avec le village outlet qui devait se faire à Ribesaltes, il a été empêché, il s’est fait à la Jonquera. Résultat : au lieu d’avoir les emplois liés ici, ils sont à la Jonquera. Et les clients dans tout ça ? que ce soit à Ribesaltes ou à La Jonquera, ça ne leur change rien. Par contre à l’emploi et l’économie, si. La question n’est pas de savoir si la surface existe ou pas, mais de savoir où elle existera.

Pour chaque problème que nous avons, la solution n’est pas dans l’empêchement de l’autre mais dans la promotion de soi.

PS: Si le “carré d’or” est un problème, ce n’est pas parce qu’il crée simplement une surface commerciale de plus, mais c’est parce qu’il est d’une part dans une zone de chalandise inappropriée (loin des infrastructures de transport) et d’autre part parce que sa destination (habitat) est en concurrence directe avec la probable arrivée d’Ikea à Rivesaltes où, évidemment, tous les professionnels de l’ameublement voudront aller.